The Scarlet Letter

Théâtre, Théâtres publics et scènes nationales
Recommandé
5 sur 5 étoiles
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© Simon Gosselin
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Time Out dit

5 sur 5 étoiles

Angélica Liddell et le théâtre espagnol au sommet.

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Messe étrange à La Colline, inspirée très librement du roman éponyme de Nathaniel Hawthorne (1804-1864). Sur scène, Angélica Liddell (reine du théâtre espagnol) se fait prêtresse, entourée d’hommes nus. Au fur et à mesure de tableaux christiques, ou salement pop, elle dessine ses souffrances et celles d’un monde en déclin.

Sur la poitrine de son nouveau costume est brodé la lettre A. "A" pour Adultère (dans le livre, cette marque renvoie au désir consumé). "A" pour Angélica (l'artiste est le sujet de la pièce, à la fois le bûcher, le feu et le corps en flamme). Et "A" pour Artiste (les nouveaux démons).

Oui, chez Liddell l’artiste est en lutte, hors de contrôle et donc dangereux. Il est un criminel marginal, avec pour meilleure arme son immoralité (monologues essoufflés, corps meurtris, dégradations d’images et décalage religieux). Une dramaturgie bien aiguisée, contre une société qui renie la violence et le désir, et ce malgré les beautés qui s’en dégagent.

Comme Rodrigo Garcia et Romeo Castellucci, Angelica Liddel fait de la scène un espace sacré, un sanctuaire à la marge. Du satanisme tempéré dans lequel chaque mouvement, chaque effort est une véritable offrande (le spectacle est extrêmement physique et sexué). Elle croit dans les forces obscures du théâtre, et se bat sur une scène qui ressemble maintenant à un autel sublime. Et elle se battra jusqu’au bout.

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