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Z'ombres

'Z'ombres' d'Isabelle Pirot par Aurore Frémont du 4 au 26 juillet au théâtre du Balcon

© Julie Rozenn

Le temps qui passe, vaste sujet. Pièce de théâtre guillerette, 'Z'ombres' aborde avec humour et poésie la grande question de la jeunesse. Sur un plateau à la scénographie épurée, deux comédiennes que plusieurs décennies séparent jouent le même personnage : une femme de 60 ans. 60 ans ? Pas vraiment, car selon l'héroïne : « J'ai 18 ans, ben oui. J'en ai pris 40 par-dessus, 40 qui ne les ont pas recouverts. » En vrai, les années ont passé et les sillons de la vie ont tracé leur chemin. Pour le personnage en prise avec sa soixantaine d'années, c'est à la fois dans le regard des autres et dans l'extrême paradoxe de la maturité que tout se joue. Entre récit de vie et réflexions métaphysiques, la pièce d'Isabelle Pirot (qui joue sur scène son propre texte) aborde avec délicatesse l'incohérence du temps qui passe : le fait de se sentir à la fois dans la force de l'âge et de souffrir de ses rotules.

Un questionnement que la metteur en scène Aurore Frémont a imaginé avec sobriété dans un décor composé de deux rideaux à lanières blanches et d'une banquette. Le personnage dédoublé (la jeune et la moins jeune) navigue ainsi au gré des histoires entre l'avant-scène et les lamelles de plastique du décor. Un monologue à deux voix pendant lequel il est question de la mémoire qui fait défaut, du corps qui vieillit trop vite et d'une chercheuse surnommée la Petite Mamie par une aide-soignante peu psychologue. La vieillesse sous toutes ces coutures. Mais si on apprécie la fraîcheur du spectacle (malgré le sujet, plombant !), c'est surtout l'interprétation joyeuse, clownesque et pleine de créativité de Marie Frémont qui interpelle. Véritable Jiminy Cricket, la jeune comédienne illumine littéralement la pièce. 'Z'ombres' sort ainsi de l'obscurité et on l'espère pour encore quelques belles années.

> Du 4 au 26 juillet - 17h25 au théâtre du Balcon
> Durée : 1h05

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