Grand Canal
© Antoine Besse

Le meilleur de Venise durant la Biennale (et même après)

En temps normal, Venise est déjà magique. Mais durant la Biennale d’art contemporain, on flirte avec le divin !

Antoine Besse
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En temps normal, Venise est déjà magique. Il suffit de s’écarter un peu de l’axe Rialto - Saint-Marc pour se retrouver à déambuler dans des ruelles désertes et se faire un torticolis à force d’admirer façades, canaux et tranches de vie vénitienne (il y a donc des gens qui habitent cette ville !). Mais durant la Biennale d’art contemporain, on flirte avec le divin. Les palais se muent en galeries éphémères toutes plus incroyables les unes que les autres, on peut visiter les fascinants bâtiments rénovés de l’Arsenal, la cité ressemble à un vernissage permanent… Bref, on en prend encore plus plein les yeux. Et pour mieux en profiter, on vous a sélectionné 7 plans à faire en ville durant la Biennale avec en prime trois spots arty immanquables !

Savourer la cuisine créative de l’osteria Anice Stellato

Cette modeste adresse postée dans le Cannaregio, loin des artères confites de touristes, cache une des tables les plus inventives de la ville – carrément. La carte change tout le temps selon les prises et le marché. On s’y est régalé de sardines frites crousti à plonger dans une sauce au brocoli ou de raviolis à la rosoline (une herbe de la lagune) s’ébrouant dans un beurre citronné. C’est beau, la simplicité. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, les assiettes convolent avec une belle carte de vins nature.

Où ? Fondamenta de la Sensa, 3272

Passer une nuit à Murano

Soyons francs : Murano se montre moins instagrammable que sa cousine Burano et manque un peu d’intérêt si vous ne collectionnez pas les animaux en verre. Pourtant, dormir sur cette petite île apparaît comme une super idée tant les prix dégonflent par rapport à Venise. La traversée en vaporetto dure un petit quart d’heure, permet de faire un arrêt à l’impressionnant cimetière et la ligne fonctionne jusqu’à tard. Une vaste chambre du NH Collection Venezia Murano Villa, dans une ancienne verrerie tout en brique, coûte 250 €. On profite d’une déco industrielle originale, d’une literie au top et d’un calme absolu. De plus, le bar offre une vue incroyable sur la lagune. Le bon plan en amoureux !

Où ? Fondamenta Andrea Navagero, 29 

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Apérotez chez Vino Vero

Le rio de la Misericordia dans l’ancien ghetto s’impose comme le rendez-vous des apéros pour les Vénitiens. Chez Vino Vero, modeste oratoire du vin nat’, pas de chaises, pas de verre en plastique et pas de spritz (trop connoté touriste désormais) mais des crus sans sulfites bien choisis : comme ce chenin Terre di Giotto de Michele Lorenzetti ou le vespaiola de Marco Turco. On éponge avec des cicchetti au top et servis tièdes : bar cru et mangue, aubergine et câpres, poulpe…

Où ?  Fondamenta de la Misericordia, 2497

Faire une razzia sur les cicchetti de Cantine del Vino già Schiavi

Postée le long du canal San Trovaso, à deux coups de rame du dernier chantier vénitien de construction de gondoles, se cache cette auguste bacari (taverne) boisée plus authentique qu’un rayé de gondolier, dans la famille Gastaldi depuis 1945 ! Sous les poutres s’alignent les cicchetti : melon et mascarpone, fromage et pistache, brandade de morue, courgettes grillées… Que des bombes à partir de 1,50 € à faire couler avec des vins italiens (souvent en méthode tradi, vieille école oblige). Le bémol ? Quand la place manque à l’intérieur, on est obligé de sortir avec un verre en plastique.  

Où ? Fondamenta Nani, 992

 

 

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S'installer sur le Grand Canal

Le ballet incessant des vaporettos bondés, des bateaux-taxis vernis et des péniches chargées, le spectacle des gondoliers négociant le virage serré du rio della Pergola… Toute la vie nautique et trépidante du Grand Canal défile sous les fenêtres du Sina Palazzo Sant'Angelo. Outre cette situation sensationnelle (qu’on peut admirer depuis la terrasse du bar sur le quai ou depuis sa chambre pour les plus chanceux), ce bijou qui fait partie de la collection Small Luxury Hotels of the World, déploie une décoration vintage du meilleur effet : murs tendus de tissus grenat, meuble style Renaissance, lourdes tentures… Une atmosphère unique et puissamment romantique du Venise d’avant le tourisme de masse !

Où ? San Marco, 3878b

Siroter un bellini de saison au bar Longhi

Pour étancher votre soif de cocktails luxueux, plutôt que le Harry's Bar voisin aux tarifs tout aussi stratosphériques mais à l'ambiance nettement moins soyeuse, préférez le bar Longhi du Gritti Palace. Déjà car il propose une splendide terrasse sur le Grand Canal que vous aviez repérée depuis le vaporetto ; et ensuite car ça ne rigole pas du shaker. Ainsi, le Bellini, recette iconique de la ville, n'est réalisé qu'avec des pêches fraîches et donc uniquement en été. Au printemps, il faut se rabattre sur une recette à la fraise. Et ça, c'est la classe !

Où ? Campiello Traghetto 2467

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Dormez dans un palais du XVIe siècle

Posté à la limite méridionale du Canneregio (le quartier le plus cool de la ville), cet immeuble de pierres de taille et vastes fenêtres ouvragées ne cache pas ce qu’il est : un splendide palazzo vénitien du XVIe siècle ! On le doit à la puissante famille Nani, de riches drapiers qui faisaient venir les étoffes d’Orient par bateau. Il devint une école primaire avant cette transformation en luxueux cinq-étoiles. Les immenses halls en marbre, fresques et moulures méritent à eux seuls le coup d’œil ! Si vous avez une âme de Casanova (et un compte en banque solide), le Radisson Collection Hotel Palazzo Nani propose de somptueuses suites sur le canal avec trois mètres sous plafond peint, salle de bains en marbre et un lit grand comme la lagune. Mais on y trouve aussi des chambres – un peu – plus modestes donnant sur le calme jardin, luxe insensé à Venise.

Où ? Fondamenta Cannaregio, 1105

A voir à la Biennale d’art contemporain 2024

Les Jardins de la Biennale

Le thème de 2024 choisi par le commissaire brésilien Adriano Pedrosa, “Foreigners Everywhere” (“Etrangers partout”), donnerait des sueurs froides à un éditorialiste de CNews. Ce slogan inspiré d’un collectif d’anarchistes turinois permet surtout de découvrir des artistes des marges et des minorités, et ça fait du bien.

Le pavillon des Etats-Unis a été investi par le plasticien queer Jeffrey Gibson d’origine cherokee. L’artiste hybride la culture des autochtones américains (totems, danses) avec les rythmes et le fluo des raves pour une explosion de couleurs et d’énergie.

Nettement plus sobre, l’installation dans le pavillon de l’Australie de l’artiste aborigène Archie Moore présente un titanesque arbre généalogique cartographiant les peuples des Premières Nations sur 65 000 ans. Cette œuvre a remporté le Lion d’Or.

Où ? Calle Giazzo, 30122

Liminal de Pierre Huyghe à la Punta della Dogana

François Pinault collectionne les milliards, l’art contemporain et les palais vénitiens. Si on n’a pas été convaincu par la replète rétrospective de la plasticienne américaine Julie Mehretu au Palazzo Grassi, il faut absolument aller voir l’exposition Liminal de Pierre Huyghe à la Punta della Dogana. Les immenses entrepôts des anciennes douanes, rénovés à l’os par l'architecte Tadao Ando, servent de calice crépusculaire aux fascinantes installations post-humaines de l’artiste : hypnotique vidéo d’un singe désœuvré dans un izakaya en ruine de Fukushima, aquarium où un bernard-l’hermite habite la Muse endormie de Brancusi, nuages générés par une IA… Inquiétant et beau.

Où ? Dorsoduro, 2

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Monte di Pietà à la Fondation Prada

Ne vous laissez pas avoir par les panneaux kitschouilles d’achat d’or et de bijoux, vous êtes bien à la très chic Fondation Prada, investie du sol au plafond par Christoph Büchel ! Rappelant que le palais fut, pendant des décennies, le mont-de-piété de la ville, l’artiste suisse a réalisé une installation capharnaüm à partir de milliers d’objets récupérés (vêtements, médailles, meubles, armes…) parmi lesquels se cachent quelques-unes de ses propres œuvres (les diamants faits à partir de précédents travaux concassés). Un vertigineux condensé de l’enfer de nos sociétés de consommation. Quand Dante rencontre Louis la Brocante !

Où ? Calle de Ca’ Corner, Santa Croce 2215

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