Ciccino
© Delaney Inamine
© Delaney Inamine

Les meilleurs restaurants de Marseille

Notre sélection hautement subjective des endroits où l’on mange le mieux à Marseille : gastro, sandwich, resto les pieds dans l'eau… Bref, du kiff à table.

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Désirée pour sa lumière et son savant bordel, ses odeurs d’épices et de marées, de poisson grillé et de viande rissolée, Marseille exerce un pouvoir d’attraction qu’une vie entière ne suffirait pas à expliquer. De Vauban à la corniche, du Panier à Noailles, on la dévore à chaque coin de rue sans même attendre une quelconque faim, tant les ouvertures se succèdent depuis une dizaine d’années – avec plus ou moins de succès

Au-delà de la hype, certaines adresses se sont durablement inscrites dans le paysage, des lieux où les Marseillais ont leur table, où les touristes réservent parfois des semaines à l’avance pour espérer saisir ne serait-ce qu’une lichette de ce que la ville a de plus vorace à offrir. Gastronomique, italien, burger, écailler, bistrot, en terrasse, en salle ou les pieds dans l’eau, voici les meilleurs restaurants où engloutir Marseille par le menu

  • Vietnamien
  • Marseille
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
On l'avait connue cheffe résidente au Livingston ; revoici Anh Dao Nguyen derrière son propre comptoir à sandwichs. Pas n'importe lesquels : les banh mi, nés dans les rues de Saïgon d'une baguette héritée de la France et devenus l'un des casse-croûte les plus dévorés de la planète. Ici, ni jambon sous vide ni beurre industriel mais trois recettes (porc, poulet et tofu) où la cheffe fait tout elle-même, du pickle de carottes au porc mariné dans les règles en passant par le pa-tê. Notre préféré : le bánh mì phở gà, poulet (halal) poché dans un bouillon pho maison, qui réussit l'exploit d'une volaille juteuse et parfumée là où l'effiloché vire parfois au sec. Comptez 9,50 € pour cette merveille avec supplément charcut'. Aux côtés d'Émile Duchemin (ex-chef pâtissier de La Mercerie), Anh Dao Nguyen tient la baraque à mi-chemin du Vieux-Port et du MuCEM. Ce midi-là, ça se bouscule aux portillons de l'échoppe, entre les gosiers venus se rincer d'un cà phê đá – le café glacé vietnamien qui donne son nom au lieu – et les estomacs affamés de banh mi bien garnis. L'attente a du bon : elle laisse le temps de s'enticher du décor de cette cantine de poche, des conserves de sauce huître recyclées en pots de fleurs aux tabourets rouges iconiques des trottoirs vietnamiens, en passant par les filtres à café en inox alignés sur l'étagère. Quant à l'accueil, il est aussi chaleureux que la taulière. La carte, elle, refuse la routine et tourne au fil des saisons : un mois, c'est un phở gà à 6 €...
  • Poisson et fruits de mer
  • Marseille
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Six huîtres, un verre de blanc, et il vous reste de la monnaie sur un billet de 10 : voilà le nouveau rituel des Cinq-Avenues, à pratiquer sous le soleil dès l'heure de l'apéro. Il s'officie au Bistrot n°2, sobrement baptisé d'après son adresse : le 2 de l'avenue du Maréchal-Foch, ancienne demeure de la Maison Calambo, mythique poissonnerie marseillaise partie pour le 9e. Le repreneur, Brieuc Lelieur, passé par Papa Fredo et Tripletta, s'est bien gardé de brusquer les habitués : le cap marin ne bouge pas, il s'élargit. Avec le chef Antoine Bourgarel aux fourneaux, l’ancien banc d'écailler devient une vraie table. Les huîtres arrivent de Cancale, d'Isigny ou de Camargue (oui, le delta élève désormais des huîtres, et des belles), les bulots côtoient un os à moelle en intrus terrien assumé, et l'on enchaîne sur des pâtes aux palourdes, des crustacés pain-beurre ou des encornets à la tomate.  À midi, l'ardoise entrée-plat à 22 € balance entre entrées vivifiantes (dorade en gravlax, crevettes snackées au chimichurri, gaspacho) et classiques au cordeau (moules marinières, lieu noir poché). Une aubaine dans une ville qui vit un paradoxe considérable : le marché aux poissons s'installe chaque matin sur le Vieux-Port, mais les restos de poiscaille se comptent sur les doigts d'une main ! L'addition ne fait pas boire la tasse, et le quartier a déjà repris ses habitudes au comptoir. La bonne mer veille toujours sur Marseille ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés...
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  • Marseille
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Miroirs fumés, murs rouge théâtre, suspensions tchèques chinées et applique tube par Lou Hubert-Astruc… le décor du Grand Rouge, façon osteria 70’s, ne cherche pas à passer inaperçu ! Derrière ce nouveau repaire de quartier, deux profils qui savent recevoir : Guillaume Le Donche (l'hôtel Présent, à Arles) et Mohamed El Mouaffak (Ventrus à Paris), qui ont voulu un lieu à la fois intimiste et accueillant, où étirer les soirées qu'importe le jour de la semaine. Le nom, lui, est un clin d'œil malicieux au Gant Rouge (1888), la toute première pièce d'Edmond Rostand – l'enfant de Marseille qui donne son nom à la rue du resto –, un four à l'époque, soigneusement enterré par la critique et par l'auteur lui-même. En cuisine, Alexandre Gilles, passé par le Chardon (Arles) et le Livingston (Marseille), mène la danse avec un vrai sens du produit en bandoulière : viande de la Boucherie LM, poisson de ligne, légumes sourcés, pain artisanal… Ce midi-là, le tartare de maigre à l'huile de figue remet d'aplomb une tablée assommée par la chaleur, avant l'échine de cochon passée par la braise, escorté de son « jus à manger » piqué d'anchois, citron et câpres et d’une coupelle de frites au vinaigre et parmesan. C’est fort. Avant de conclure avec une coupe de glace façon sundae, combava et nectarine. Côté verres, le bar ne fait pas de figuration : margarita pimentée à l'habanero, dirty mezcalini saumuré aux guindillas, espresso martini revu vodka-amaretto-cacao-fleur de sel… Sous les parasols,...
  • Bistrot
  • Marseille
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Rideau sur Les Trois Coups ! À la place, le duo Paul Vincent et Adrien Tran de Chaleur Tournant a mis à feu ce flamboyant Suffren. L’intérieur a été entièrement retapé dans les codes de l’époque (murs à vif, chaises Bruno Rey, néon qui serpente) par Véronique Vincent. On retrouve à la carte une cuisine bistrotière tradi mais lustrée de modernité : onglet de bœuf grillé chapeauté d’un pesto de persil, asperges blanches sous une sauce mousseline à l’ail des ours, boudin maison, cordon bleu de céleri-rave, ganache choco-cacahuètes à l’huile d’olive… À faire couler avec des cocktails bien secoués ou des vins plutôt nature (mais pas que). À noter que le Suffren emporte tous les suffrages avec sa maousse terrasse sur le square Rostand. 
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  • Japonais
  • Marseille
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Au milieu des maisons basses, haut perché dans le quartier résidentiel du Roucas Blanc, se trouve ce discret restaurant nippon pour 10 convives dans la confidence. Car, longtemps, les restaurateurs marseillais se sont passé le mot : Hako+ était une petite pépite qu’il était tentant de garder pour soi !  Du bois, une table commune et une vitrine réfrigérée derrière laquelle Fumio et Aïko Ishikawa proposent tempura, aubergines et poulet karaage afin de composer son bento, mais aussi un plat du jour (18€) selon un semainier bien établi : savoureux ramen (porc, miso ou légumes) le vendredi ; ramen aux palourdes de Camargue le samedi et le reste du temps une spécialité des izakayas (poulet teriyaki, curry…). À faire couler des vins nat' ou des sakés à l’ardoise. Avant de redescendre au niveau de la mer, on fait grimper sa glycémie avec un dodu daifuku au sésame noir. Attention pour les sushis, le plateau (26 p./55 €) doit être commandé 48 h à l’avance.  
  • Marseille
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
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  • Marseille
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le Tout-Marseille en bruissait depuis des mois : Ely Tran mijotait enfin l'ouverture de son restaurant. Avec ses plats aux influences vietnamiennes, laotiennes et parfois thaïlandaises, la cheffe avait ébloui la scène marseillaise par ses pop-ups et résidences, ces derniers temps. On va donc enfin pouvoir la retrouver à domicile, entre le Camas et la place Sébasto. Celle qui a longtemps officié en cheffe indépendante a choisi de poser ses bagages dans un vieux local marseillais, à l'angle de deux rues passantes. Après avoir tout détruit et remodelé sur trois étages, la cuistote d'origine vietnamienne et laotienne est prête à accueillir dans un lieu à son image : chaleureux, haut en couleurs, généreux. Les mêmes adjectifs peuvent être attribués à sa cuisine. Moo krob (porc croustillant, sauce cacahuètes), feuilles la lot, laap de shiitakés et pleurotes ultra condimentés, nem thadeua (riz croustillant, coco râpé et curry rouge)… Tout se partage et s'engloutit facilement, accompagné d'une habile sélection de vins nature. On appréciera la volonté de la taulière de proposer un pif de la maison à prix doux (4 € le verre, 16 € le pichet). Mention spéciale au toit-terrasse où dîner haut perché et à l'ambiance en salle et en cuisine, preuve que toute l'équipe (Alexine, Chloé, Alizée et Flora) est d'abord une bande de potes.
  • Marseille
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Derrière une façade sans chichis, le Bistrot Chave aligne les tables et les banquettes dans une familière ambiance de bistrot parisien. À la manœuvre, un trio bien senti : Guillaume Maugain (auparavant croisé chez À Moro), Robert Shipley (ex-Lighthaus à Londres) et Sarah Lhardit. Résultat ? Une cuisine française qui connaît ses classiques mais n’a pas peur de les secouer légèrement. À l’ardoise, ça envoie du lourd sans trop d’esbroufe : friture de lapin sauce gribiche, saucisse de l’Aveyron, purée, jus de viande ou encore un céleri rémoulade qui nous a immédiatement réconciliés avec son homologue des cantines scolaires. Lisible et généreuse, la carte fait la part belle aux cochonailles et autres belles pièces de viande, toujours escortées de produits de saison. En levant la tête, on croise aux murs, dans de jolis cadres qui les mettent en valeur, des affiches des restaurants-copains. Autre signe de franche camaraderie : la grande table en bois à l’entrée du resto, toujours prête à accueillir sans réservation, y compris juste pour trinquer. Car ici, le vin n’est pas un accompagnement, c’est une religion. À la cave, des centaines de bouteilles sélectionnées avec soin, avec un tropisme pour le naturel tout à fait assumé, qui rappelle que Guillaume Maugain est passé par Le Verre Volé (Paris). Au Bistrot Chave, on vient autant pour la quille que pour l’assiette.
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  • Marseille
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
À l’heure où leurs esthétiques s’homogénéisent vers des horizons toujours plus scandinaves et Brooklynesques, il était temps de donner un coup de pied dans la fourmillière du kawa de spécialité. Mi-café mi-cantine, Zitoune est l’une de ces adresses combinant carte de barista et plats regardant vers l’Afrique du Nord et le Proche-Orient. Façon mouchoir de poche dans une rue Mazagran qu’on ne fait habituellement que traverser, le lieu nous embarque dans une ambiance chaleureuse au souffle méditerranéen. Au gouvernail de cet ancien atelier d’artiste enroulé autour d’un escalier en colimaçon rouge, on trouve Ahcène Amrouz, Gaëlle Cornibert ainsi que la cheffe d’origine iranienne Minou Sabahi. Ce midi-là, la Marzocco ronronne doucement quand on nous sert notre assiette de spaghetti boulettes (plats entre 9€50 et 13€50). En dessert, le cookie zitoune, signature sucrée de la maison (3,50 €), termine de nous câliner le palais avec son chocolat blanc relevé de morceaux d’olives noires. Quand l’air est doux, le petit trottoir d’en face se pare de chaises dépareillées pour accueillir les mangeurs débordant sur la rue. Chez Zitoune, le bonheur, simple, peut se trouver dans une tartine de Ifelfel, salade de poivrons totémique des cuisines amazigh et algérienne.
  • Marseille
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La rumeur dit que le pain de cette ancienne boulange a un jour rendu marteau quelques clients… Il n’en fallait pas plus pour que Louis Rohrer (ex-Ripaille) nomme sa table gastronomique Le Saint Esprit, comme un clin d’œil à la vieille légende locale. Derrière le comptoir, à une enjambée d’un grand frigo de poissons frais, est juché le jeune chef d’origine chilienne Javier Meneses. C’est à cet ancien de (feu) Fogón, au Pays-Basque, que l’on doit des assiettes aussi iodées que racées. Aussi viviants que les plats, les vins naturels du resto vont de tannins soyeux à troubles argilo-calcaires. Ce midi-là, un crudo de mulet, cédrat et piment nous ouvre l’appétit avec son acidité tout en maîtrise. En plat de résistance, une échine de porc merveilleusement cuite nous dorlotte les papilles, escortée de sa purée de chou-fleur et pistache (entrée-plat ou plat-dessert à 28 €, formule complète 32 €). Et pour nous envoyer tout droit vers la sieste sur le banc de l’église, une divinité de mousse au chocolat et sa glace tagète. On repart dans les escaliers du Panier bercé d’une douce illusion, celle d’avoir un esprit sain dans un corps sain.
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