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5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle

Pour célébrer sa saison historique, le Paris Saint-Germain a confié ses souvenirs à l’artiste parisien Louis Verret qui, en collaboration avec Nike, a retracé certains des moments les plus forts de l’année en peinture.

Zoé Terouinard
Écrit par
Zoé Terouinard
Journaliste, Time Out Paris
5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
© Louis Verret | 5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
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Qui a dit que le football ne pouvait pas être un sujet artistique ? Certainement pas Louis Verret, peintre parisien qui, depuis plusieurs années déjà, s’attèle à immortaliser la beauté du sport à travers des séries d’aquarelle. Un travail remarqué par Nike qui a fait appel à l’artiste pour célébrer le Ballon d’Or du Club de l’année du PSG fraichement acquis. Résultat ? Dix aquarelles, de l’eau salée, des émotions qui débordent et des souvenirs précieux couchés sur papier.

5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
© Louis Verret5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle

TIME OUT : On a souvent tendance à penser à l’aquarelle comme une pratique sur le motif, plutôt utilisée pour peindre des petites scènes de nature sur le vif, de petites choses instantanées. Toi, tu peins des matchs de foot. Comment est-ce que cette idée t’est venue ?

Louis Verret : L’aquarelle a ce bagage culturel de la peinture sur le motif. C’est-à-dire que lorsqu’on voit une aquarelle, on se dit que la peinture a été faite devant le sujet, en live, que ça croque un instant. Moi, j’exploite cet aspect-là de ce médium, puisque je peins des matchs de foot, des instants fugaces qui ont réellement existés. Mais je travaille à partir de photos ou de captures d’écran de matchs. Tout le monde a pu avoir accès à ces images-là,  je n’invente pas de situation. Mais il  y a cette illusion de rapidité quand on regarde mes peintures à l’aquarelle, alors que pas du tout. Tout est travaillé à partir d'une espèce de va-et-vient dans le temps. Une action s’est déroulée en un quart de seconde au milieu d’un stade, et moi, je donne l’illusion d’avoir peint presque au stade, alors que ce n’est pas le cas.

Après, l’aquarelle a d’autres qualités qui étaient très importantes pour moi. Pour commencer, c'est une peinture à l’eau. Et tout ce que j’essaie de convoquer dans mes peintures, c’est ce rapport à l’eau, à la sueur, à la pluie, aux larmes, à la salive... Rester dans un registre aqueux, c’était hyper important pour moi. Pour cette série-là, qui m’a été commandée par Nike et le PSG, j’ai peint à l’eau de mer. C’est toujours de l’eau, mais avec des composants en plus, qui font que quand ça sèche, ça cristallise, ça donne un aspect un peu iridescent, ça brille. Je prends beaucoup de plaisir à exploiter tout le potentiel qu’a l’aquarelle, c'est-à -dire toutes les possibilités de profondeurs, de transparences, mais aussi toutes ses difficultés techniques, le fait de ne pas pouvoir retoucher lorsqu’on fait une erreur, qui en font un médium très excitant. Il ne faut pas sous-estimer l’aquarelle ! 

TIME OUT : D’où est-ce que ça te vient cette passion pour le foot ? Et pour le PSG ?

Louis Verret : Je suis un grand fan de foot et un supporter du PSG depuis que je suis tout petit. J’ai assisté à mon premier match de foot en 1995, j’avais 6 ans. C’était un match au Parc des Princes, PSG-Milan AC. J’ai très peu de souvenirs de ce match, du jeu en lui-même. Ce dont je me souviens surtout, c’est du spectacle incroyable qui se déroulait dans les tribunes. Des fumigènes, des chants, des drapeaux, des maillots des joueurs... J’ai essayé de me poser la question de ce qui avait pu faire que ça m’avait tant marqué, aussi jeune. Quel aurait été le truc qui fait que ça m’ait touché à ce point alors que je n’avais pas les codes du foot à 6 ans ? C’est cette question que je me suis posée, et qui guide aujourd’hui mon travail. 

Je ne peins pas de ballon, je ne peins pas le jeu du foot. Je peins le spectacle. Je peins les joueurs lorsqu’ils sont au milieu du terrain mais qu’ils ne jouent pas. Lorsqu’ils s’abandonnent à leur tristesse, à leur mélancolie, à leur sursaut. Je m’intéresse aux supporters, à la mélancolie générale du football, à l’espace introspectif du stade. Les joueurs, lorsqu’ils ne jouent pas avec le ballon, lorsqu’ils sont en attente, reprennent très souvent des positions que l’on peut retrouver dans la peinture de la Renaissance. Et ça a été une espèce de trouble pour moi : comment des joueurs de foot pouvaient citer, sans le savoir, des peintures du Titien, de Botticelli ou de Vasari ? 

5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
© Louis Verret5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle

TIME OUT : Est-ce que pour toi le foot peut être considéré comme un art à part entière ?

Louis Verret : Je pense que le football en tant que spectacle et non en tant que jeu est une forme d’art totale. Cela fait d’ailleurs partie de mes recherches actuelles. Selon moi, le foot, comme on le voit aujourd’hui, a été tout à fait réfléchi pour être une œuvre d’art totale, avec des choses qui se passent sur un terrain, des choses qui se passent dans les gradins et des choses qui se passent ailleurs, qui sont de l’ordre de la politique. C’est un environnement qui est très complet. En ce sens, le film “Zidane, un portrait du XXI e siècle” de Douglas Gordon et Philippe Parreno, a été une grande source d’inspiration pour moi, car il m’a montré qu’il pouvait y avoir beaucoup de choses à dire de ce spectacle, de ce truc qu’est le football. Quand les réalisateurs décident de mettre 17 caméras juste sur Zidane, le geste est fou. Et tout ce qui en ressort est trop beau. De le voir traîner son pied, de voir ces petits tics qu’il a depuis qu’il est enfant… Il y a une poésie qui est dingue dans le fait d’arriver à isoler le joueur dans l’immense amphithéâtre qu’est le stade. 

TIME OUT : Comment s'est passée la collaboration avec Nike pour le Ballon d’or ? Est-ce que c’est quelque chose que tu avais déjà réalisé, de travailler comme ça avec une commande de marque ? 

Louis Verret : C’est une collaboration qui s’est très bien passée, où j’ai eu à la fois beaucoup de liberté et en même temps, qui s’est basée sur un dialogue construit. J’ai souvent des commandes et j’ai appris à savoir sélectionner celles qui m’intéressent, et à savoir comment ne pas trop pervertir mon propos. Là, en l’occurrence, Nike m’avait demandé des images de célébration, d’unité. Ça collait très bien avec mon travail actuel. Le supporter de foot et du PSG que je suis était ravi de collaborer avec cette marque et cette équipe, mais je ne l’aurais pas fait si ça n’avait pas été cohérent avec ce que je veux véhiculer.

TIME OUT : Si tu ne devais retenir qu’un seul moment de la saison dernière du PSG pour en faire une toile, lequel ce serait ?

Louis Verret : Il y a une image qui m’a beaucoup marqué cette saison, à la toute fin de la finale de la Ligue des champions. Au moment de la séance de tirs au but, Safonov, le gardien du PSG, fait face au joueur d’Arsenal, Eze, qui prend son temps pour tirer. Il attend que ce soit le gardien qui décide où est-ce qu’il va sauter, pour que lui puisse choisir dans quelle direction il va tirer. Et Safonov ne bouge pas. Et ça dure des heures. Enfin, des heures… dans ma tête ! (rires). C’était un moment qui se suspendait. À mesure qu’il s’arrêtait, il s’arrêtait encore plus. Safonov réussit à piéger comme ça le joueur d’Arsenal qui a tiré à côté parce qu’il ne bougeait pas. Ce côté statuaire du goal, dans ce moment tellement pressurisant qu’est la séance de tirs au but de la finale de la Ligue des champions… J’ai trouvé ça incroyable.

5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
© Louis Verret5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle
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