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Plus que quelques jours pour découvrir gratuitement « Paname », l’impressionnante expo ultra-réaliste de Bilal Hamdad

Le peintre franco-algérien Bilal Hamdad dialogue avec quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre du Petit Palais dans une expo gratuite, certes, mais qui n’en demeure pas moins impressionnante pour autant.

Zoé Terouinard
Écrit par
Zoé Terouinard
Journaliste, Time Out Paris
Bilal Hamdad, Paname, au Petit Palais
© Bilal Hamdad
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Qui aurait pu imaginer que les vendeurs de clopes du métro Barbès se retrouveraient un jour à côté des natures mortes de Manet et des scènes mythologiques de Rubens ? Déployée au Petit Palais jusqu'au 8 février 2026, l’exposition Paname dresse le portrait fidèle d’un Paris cosmopolite, loin des cartes postales et des pavés impeccables de Saint-Germain-des-Prés. Des rues bondées de la porte de Clignancourt aux vendeurs de roses devant les bars du 11e, l’artiste hyperréaliste formé aux Beaux-Arts de Sidi Bel Abbès et de Paris flirte avec la précision photographique dans ces 21 toiles à l’huile, directement héritées du baroque de Vélasquez et du réalisme de Courbet. Sans jamais négliger l’essence même de sa ville de cœur, quitte à froisser les touristes.

Car si Courbet, justement, peignait des casseurs de pierre éreintés ou des baigneuses de la campagne aux pieds sales pour choquer dans les salons, Hamdad, lui, représente des livreurs Deliveroo, des jeunes filles en méduse et des mecs en jogging. Et près de deux siècles plus tard, personne ne vient discuter la place de ces protagonistes sur les cimaises d’une institution prestigieuse. Comme son aîné, Bilal Hamdad n’a que faire des formats imposés. Il couche sur toile un quotidien saisissant de réalisme, capturé au préalable par son fidèle appareil photo, pour en faire des peintures d’histoire. Et redonner un peu de prestige à ceux qui font vivre la rive droite, les portes, et les rames de métro.

En miroir de l’exceptionnelle collection du Petit Palais

Faisant face aux toiles de maîtres qui constituent l’exceptionnelle collection du Petit Palais, les œuvres de Bilal Hamdad agissent comme les nouveaux témoins du visage changeant de la capitale. Nourri à l’histoire de l’art, le peintre multiplie les références, dans ses titres – L’Angélus, qui renvoie directement au tableau de Jean-François Millet – comme dans ses sujets, à l’image de L’Enfant à l’épée de Manet qui devient ici un Garçon sur trottinette. Côté technique, là encore, il puise chez les grands noms du passé pour digérer leur savoir-faire sur des pièces qui embrassent pleinement leur caractère contemporain. 

Le clair-obscur caravagesque est ainsi appliqué à un dormeur du bois de Vincennes dans la Nuit égarée quand les tonalités solaires de Manet sont déclinées sur une scène de café dans son œuvre Reflets. Avec cette expo, Bilal Hamdad le prouve : il connaît son karaté, et a bel et bien mérité sa place dans les pages des Taschen et autres bouquins d’histoire de l’art. Qui sait, peut-être qu’un jour, c'est un autre petit nouveau que l’on exposera à ses côtés ?

Quand ? jusqu'au 8 février 2026.
Où ? 
avenue Winston-Churchill, Paris 8e.
Combien ? accès libre.

Bilal Hamdad, Paname, au Petit Palais
© Bilal Hamdad
Bilal Hamdad
Bilal Hamdad, Reflets, 2024 Huile sur toile, 245 × 200 cm, Collection particulière. Courtesy de l’artiste et TEMPLON, Paris – Bruxelles – New York. Photo Isabelle Arthuis Adagp, Paris, 2025
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