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Avant la finale de la Ligue des Champions, nous avons demandé à des personnalités parisiennes de raconter leur amour pour le PSG. Episode 1 avec Johanna Tordjman.

“Je suis une psychopathe du PSG”, prévient Johanna Tordjman au moment de prendre rendez-vous, ponctuant l’avertissement d’un de ses sonores et communicatifs éclats de rire. Depuis sa rencontre avec Zlatan un soir de mars 2015, cette peintre née dans le Val-de-Marne, dont les toiles ultra-réalistes racontent la filiation, les migrations et l’intime, a noué une relation “irrationnelle” avec le club de la capitale. Premier émoi en famille, match vécu avec l’intensité d’un pressing ou toile vendue à Mbappé… Episode 1 de notre série “Âmes de Paname” avec Johanna Tordjman.
“J’ai un souvenir précis de ma révélation Rouge et Bleu. On est le 15 mars 2015 : mon beau-frère, fou du club et un temps radiologue des joueurs, nous invite au Parc avec ma sœur pour un match contre Lorient. A la 4e minute, Zlatan marque un but, je suis émerveillée et immédiatement emportée par la ferveur et la communion. C’est ce moment familial qui a été le déclencheur de tout mon amour pour le club. C’est la première fois que j’y fais attention mais cette découverte en famille recoupe les thèmes de filiation que je traite dans mes peintures. A ce moment-là, je ne savais pas l’impact qu’aurait cette découverte sur mon quotidien.
“Je me suis retrouvée en chaussettes devant Messi au portique de la sécurité”
Ma passion a été crescendo avant qu’elle ne devienne irrationnelle. J’avais un groupe WhatsApp “Les filles de Paris” pour me réunir avec mes amies. Maintenant, je note tous les matchs en début de saison, je suis tous les comptes de supporters et je suis identifiée “fan du PSG”. A la soirée des Time Out Food & Drink Awards au Parc des Princes, plusieurs personnes m’ont dit : “T’es à la maison.” J’ai conscience que ma passion est arrivée assez tardivement par rapport aux gens qui ont grandi avec le club, et que mon expérience avec le club est totalement extraordinaire. Il faut se rendre compte qu’un jour, j’ai eu la chance de faire un déplacement avec le club et je me suis retrouvée en chaussettes devant Messi au portique de la sécurité.
“Je deviens une autre personne”
Au Parc, je deviens une autre personne, je suis vraiment vocale, tactile, et si tu es assis à côté de moi, un conseil, prépare ta cuisse. Ce que j’aime, c’est que tu ne sais pas à côté de qui tu peux être assise et que tu peux sauter dans les bras d'un mec que tu ne connaissais pas vingt minutes avant. Et aujourd’hui, quand tu vois les efforts et l’entraide des joueurs sur le terrain, leur entente en dehors, forcément, ça ne fait que décupler mon amour pour eux et le club. Ce que Luis Enrique est en train de créer est splendide, tout le monde est investi de la même manière pour ce jeu et tout ce qui se passe autour est sublime et enviable. C’est fou, on voit même des interviews de Marseillais qui disent qu'ils soutiennent Paris pour la finale tant ils sont forts.
“Kylian Mbappé a acheté ma toile 220 000 €”
En dehors du sportif, ce qui est encore plus fantastique, c’est d’avoir pu connecter mon art avec le club. La première fois, et la plus dingue, c’est lorsque mon œuvre Victory a été achetée par Kylian Mbappé. Cette histoire commence le soir de l’élimination contre Madrid en 2022, que j’avais matée lors d’une diffusion au Parc. J’étais tellement dépitée après le match que je me suis retrouvée à chanter Daniel Balavoine avec une pote en voiture dans le bois de Boulogne. Parfois, je préférerais aimer le badminton tant cette passion me coûte de l’énergie.
Ce soir-là, la Fondation du PSG m’avait proposé de faire une toile, qui a été mise aux enchères lors de son gala au mois de mai suivant. Je débarque au gala sans aucune attente avec une robe éclatée. Etrangement, la vente de mon lot est avancée : j’ai appris plus tard que Kylian Mbappé voulait l’acheter mais il devait partir plus tôt. Et alors que le prix de réserve était de 2 000 €, Kylian a acheté ma toile 220 000 €. Bref, un truc de zinzin. Ce qui m’a rendu extrêmement heureuse, c’est que j’ai pu faire un don de 220 000 euros à une asso, qui a servi à réaliser des actions pour des enfants malades.
A la suite du gala, j’ai fait une affiche pour un match contre l’AC Milan, qui a été utilisée comme fanion officiel du club ! J’aime que ce fanion reste dans les archives du club, c’est un matériau que j’utilise beaucoup dans mes créations. Je les vois comme une manière de ressentir à nouveau quelque chose que tu as vécu – ou pas. Quand ma grand-mère est tombée malade, je me suis plongée dans les archives. Tout était tellement médical. Je lui ai dit : “Viens, on ressort des souvenirs qui sont joyeux. Et raconte-moi ce qui te fait du bien.” Bien sûr, je ne regarde pas autant les archives du PSG mais j’aime retomber sur les écharpes ou les photos avec les coupes de cheveux à l’ancienne ! La finale de l’an dernier, je l'ai revue huit fois. Je connais la finalité, ça n'a aucun sens. Mais ça me permet de retrouver un endroit qui m’a fait du bien.”
Son objet fétiche en rapport avec le PSG : “J’ai gardé le bracelet de la soirée de la vente aux enchères. Je l’ai encadré avec une petite plaque en or disant : “Tel jour, ce tableau a été vendu 220 000 euros.” Et à chaque fois que je doute, je le regarde pour me donner de la force.”
Une chanson à écouter avant le coup d’envoi de la finale :
“Paris” de Nono La Grinta.
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