Alex Majoli – Scène

Art, Photographie
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Time Out dit

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L’humanité sous les feux des projecteurs.

Pour qui ? Ceux qui ne savent pas choisir entre BFM et NRJ12
Voir quoi ? Un tour du monde en noir et blanc, entre ombre et lumière

« Le monde est une scène » disait Shakespeare. Nous entrons et sortons de scène, jouant plusieurs rôles à la fois, parfois sans même nous en rendre compte. On improvise, tant bien que mal. Un principe poussé à l’extrême par le photographe italien Alex Majoli, mis à l’honneur au BAL jusqu’au 28 avril. Imaginez : vous êtes au Monop’ en train de faire vos courses quand un inconnu braque deux énormes projecteurs sur vous. Alors oui, vous pouvez courir dans une autre allée, ou rentrer et vous faire livrer. Mais vous pouvez aussi tenter de faire abstraction, continuer à vivre votre vie, et montrer discrètement votre plus beau profil. C’est dans cette situation de Majoli opère.

Habitué aux scénographies travaillées, le BAL mise cette fois sur la sobriété pour présenter la série « SCENE », initiée en 2010. Des murs blancs couverts de grandes photographies sombres en noir et blanc, avec un éclairage digne des plus grands Caravage, et rien d’autre. Toi, moi et de l’art.

Entre le photojournalisme et la performance, la série témoigne des événements les plus marquants de ces neuf dernières années, comme des plus anodins. Conflits politiques, manifestations, ou simples scènes de vie, chaque situation bénéficie du même traitement. Alex Majoli et ses assistants prennent le temps d’installer leur matériel, brancher leurs lumières, régler leurs appareils, mettant en condition les futurs sujets qui bénéficient de leurs 15 minutes de gloire promises par Warhol. Les projecteurs, en plus de procurer un éclairage hors pair, brouillent la frontière entre fiction et réalité. Le photographe n’a plus besoin de diriger ses modèles : la seule présence d’une installation de plateau suffit à modifier leurs comportements.

Le monde n’est plus une scène mais devient une télé-réalité où les déboires de l’humanité sont mis sous les feux des projecteurs. Et c’est une expérience troublante.

Par Zoé Kennedy

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