Back Side/Dos à la mode

Art, Textile
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Time Out dit

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Le centre d’art le plus fashion de Paris nous emmène dans le verso de la mode.

Pour qui ? Ceux qui n’appréhendent pas la mode en deux dimensions
Voir quoi ? Des silhouettes sculpturales

Feuilletez les magazines ou baladez-vous sur Insta : des milliers de visages et de corps de face, mais point de dos. Grande oubliée de la mode, cette partie du corps est aujourd’hui la vedette de la nouvelle expo hors les murs du palais Galliera, Back Side/Dos à la mode, à découvrir au musée Bourdelle jusqu’au 17 novembre. Traînes, décolletés plongeants, silhouettes raffinées, sexy ou politiques, le centre d’art le plus fashion de Paris nous emmène dans le verso de la mode.

Si certains ont oublié le film, tout le monde se souvient de la robe iconique de Guy Laroche portée par Mireille Darc en 1972 dans Le Grand Blond avec une chaussure noire. Poitrine couverte, long vêtement sombre et dos nu vertigineux sublimé par la chute de reins de l’actrice : un vêtement était né.

Pourtant, le dos embête souvent les stylistes, qui dessinent parfois même leurs collections uniquement de face – coucou Alexander Wang –, sachant pertinemment que les photos prises durant la Fashion Week ne mettront quasi jamais le verso à l’honneur. Sur les quelque 3 500 silhouettes de prêt-à-porter apparaissant sur le Web, pas une omoplate, un rein ou même un début de fessier. Un manque auquel tentent de remédier les commissaires de l’expo, qui font intelligemment dialoguer mannequins de plastique et bronzes du XIXe, élevant subtilement le vêtement au rang d’art. On découvre ainsi dans l’aile Portzamparc des dos oubliés, surchargés, dénudés ou encore marqués de slogans et logos en tout genre, remettant en question la notion de sensualité féminine, souvent axée sur des attributs plus sexuels.

Malgré quelques soucis de circulation, l’expo est un bonheur qui prend place dans un écrin de verdure. Plus qu’un événement mode, elle interroge l’histoire du vêtement, son engagement politique et contextualise la place du corps féminin dans l’industrie. Une réussite !

Par Zoé Kennedy

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