Dessins sans limite Expositions  Chefs-d’œuvre de la collection du Centre Pompidou
Adagp, Paris, 2025 / Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/ Dist. GrandPalaisRmn | Robert Longo, Men in the Cities (Triptych Drawings for the Pompidou), 1981 - 1999 / Don de l’artiste, 2000 Centre Pompidou, Paris

Critique

Dessins sans limite, au Grand Palais

4 sur 5 étoiles
Puisant dans l’une des plus riches collections au monde, la nouvelle expo du Grand Palais retrace l’émancipation du dessin depuis le début du XXe siècle.
  • Art, Dessin
  • Grand Palais, Champs-Elysées
  • Recommandé
Julien Lambea
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Time Out dit

Véritable caverne d’Ali Baba consacrée aux œuvres sur papier, le Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou aligne plus de 35 000 dessins, collages, estampes, carnets et objets divers. Une collection vertigineuse, parmi les plus importantes au monde, qui raconte à même la feuille les XXe et XXIe siècles. Même en dehors des périodes de travaux, ce trésor reste peu visible du grand public, en raison de la fragilité des œuvres sur papier et, sans doute, d’une tendance à réduire le dessin à un simple travail préparatoire. Une idée préconçue que s’attache à défaire Dessins sans limite, la nouvelle exposition du Grand Palais, qui donne par la même occasion la chance de contempler quelque 300 chefs-d’œuvre de la collection du Centre Pompidou, avant leur retour forcé à l’obscurité. Selon les règles de conservation, un dessin peut être montré au maximum trois mois, avec un certain degré d’éclairage, avant d’être « mis au noir » pendant trois ans. Cette exploration des possibilités du dessin montre comment, depuis le début du XXe siècle, il s’est affranchi de son statut secondaire pour s’imposer comme une œuvre à part entière. Un terrain d’expérimentation libre pour les 120 artistes réunis ici, prêts à dépasser la simple feuille de papier.

Face à un tel sujet, titanesque par l’ubiquité du dessin mais aussi par la taille du corpus, les commissaires d’exposition ont choisi un parcours plutôt thématique que chronologique, en quatre grandes sections. Celles-ci font dialoguer des œuvres contemporaines ou non, sur papier, mais aussi des tableaux, des sculptures, des installations ou des vidéos, montrant toute la portée d’un geste qui peut être aussi bien analytique que politique, ainsi que la façon dont certains l’interrogent, voire le réinventent. Une démonstration à la fois claire et convaincante, malgré la pénombre qui règne dans les deux étages de galeries.


Au-delà de sa dimension éducative – qui demande de rester concentré tant l’exposition est vaste –, si l’on apprécie de voir ou revoir des chefs-d’œuvre comme le triptyque Men in the Cities de Robert Longo, choisi pour l’affiche, on en profite aussi pour découvrir des travaux et des artistes moins connus, ainsi que des raretés, comme les dessins de Roland Barthes ou encore l’un des carnets de Modigliani. Une bonne leçon d’histoire de l’art, qui agit comme un booster de créativité pour le visiteur, petit ou grand, et pourrait bien lui donner envie de se remettre à dessiner en sortant. Car, comme l’exposition le rappelle entre les lignes, le dessin reste un très bon moyen de s’approprier et de déchiffrer le monde qui nous entoure.

Infos

Adresse
Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower
Paris
75008
Transport
Métro : Champs-Elysées Clemenceau
Prix
Tarifs : 15-12 €
Heures d'ouverture
Ouvert de 9h30 à 17h du mardi au vendredi et de 9h30 à 19h les week-ends ainsi que pendant les vacances de la Toussaint et de Noël de la zone C (hors lundi)

Dates et heures

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