Elles font l'abstraction

Art, Art abstrait
3 sur 5 étoiles
Saloua Raouda Choucair
Saloua Raouda Choucair, Fractional Module, détail, 1947-1951 Courtesy Galerie Saleh Barakat © Saloua Raouda ChoucairFoundation Photo © DR

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Au programme ? 106 artistes et un corpus monumental recouvrant une multitude de pratiques. Pas le temps de s’ennuyer avec les meufs de l’art moderne !

Pour qui ? Les gens patients
Voir quoi ? Une multitude d’oeuvres et de pratiques 100% féminines

Expo blockbuster de la plus grosse machine de Paname, “Elles font l’abstraction” rassemble plus de 500 œuvres réalisées par une centaine d’artistes féminines avec pour but de mettre en lumière la présence, souvent zappée des corpus, des femmes dans l’Histoire de l’Art moderne. Et pour une inclusivité dépassant les frontières du genre, les commissaires ne se limitent pas !  Peinture mais aussi photo, cinéma ou encore arts textiles se font alors les témoins d’une abstraction 100% féminine, regroupant des artistes venues des quatre coins du monde. Un programme plus que riche inscrit dans un cadre chronologique ultra large, allant du 19ème siècle aux années 80. 

Une chose est sûre, ce n’est pas une expo qu’on fait en quelques minutes avant de rejoindre ses potes au comptoir, mais bien celle qui nous prend l'après-midi, que l’on apprécie à travers la lecture et l’observation minutieuse des chefs d'œuvres présentés. Une densité d’informations qui nous permet de découvrir de nombreuses artistes (on retiendra par exemple Mary Ellen Bute, pionnière du film d’animation expérimental) ou d’en apprendre plus sur les quelques stars de l’abstraction, comme la chorégraphe Loïe Fuller ou la merveilleuse Hilma af Klint — mais dans laquelle on se perd un peu, malheureusement. A force de tout vouloir montrer, on tombe dans le catalogage, à la limite du name dropping. Un risque quasi impossible à éviter quand on présente autant d’artistes issues d’horizons si diverses. 

Le problème majeur de cette expo réside dans son manque de profondeur, là encore probablement due à un manque de sélection. Car si le questionnement principal de l’exposition concerne l'invisibilisation des femmes dans les corpus, on en évoque à peine les raisons. Alors que le musée du Luxembourg présente aussi une expo exclusivement féminine, difficile de ne pas faire la comparaison. Et, pour nous, c’est une victoire par KO du musée du 6e.

Cependant, malgré ces problèmes curatoriaux et un bilan mitigé, “Elles font l’abstraction” reste une expo incontournable qui se présente comme l’occasion parfaite de refaire sa culture artistique.

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