Les produits de beauté coréens sont devenus incontournables. Un phénomène K-pop, K-drama et compagnie que le musée Guimet s'attache à replacer dans son contexte avec « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène », visible du 18 mars au 6 juillet 2026, pour les 140 ans des relations diplomatiques franco-coréennes.
Pour retracer l'évolution de ce concept, l'exposition remonte près de 300 ans en arrière, à la fin de l'époque Joseon, pour explorer les canons de beauté de l'époque — féminins surtout, masculins à la marge — immortalisés par des artistes comme Shin Yun-bok. Une introduction qui pose les bases historiques et montre comment cet idéal irrigue encore aujourd'hui des disciplines aussi diverses que la mode, le manhwa ou le webtoon.
On enchaîne avec la cosmétique : rituels de soin, ingrédients, instruments, peintures et écrits anciens — et en point d'orgue, un nécessaire de beauté sorti tout droit de la tombe d'une princesse. L'exposition ne lésine pas sur les pièces rares, entre les fonds du musée, l'un des plus importants d'Europe, et des trésors nationaux prêtés par des institutions coréennes. Une troisième section remonte le fil des mutations esthétiques du XXe siècle au contact de l'Occident, avant un dernier chapitre sur le Hallyu (la fameuse vague coréenne) qui a emporté la K-Beauty avec elle à travers le monde, non sans quelques remous sur la pression sociale que tout ça génère.
La démarche rappelle celle de l'exposition « Manga, tout un art ! », du même Guimet — et on lui prédit un succès similaire. On regrettera simplement qu'elle soit un peu moins généreuse que cette dernière, car le sujet est fascinant et aurait mérité qu'on s'y attarde davantage, malgré la belle variété de sources et de médias réunis. Cela dit, une riche programmation parallèle (conférences, séances de cinéma, représentations) devrait donner aux curieux restés sur leur faim de bonnes raisons de revenir.

