Le Corbusier : Mesures de l'homme

Art, Peinture
  • 3 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
 (Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp, 1950-1955 / © Bertrand Prévost - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © F.L.C. / Adagp, Paris)
1/4
Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp, 1950-1955 / © Bertrand Prévost - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © F.L.C. / Adagp, Paris
 (© Centre Pompidou, Mnam-Cci, Dist. RMN-Grand Palais / Gisèle Freund, reproduction de Guy Carrard - © RMN gestion droit d’auteur/Fonds MCC/IMEC)
2/4
© Centre Pompidou, Mnam-Cci, Dist. RMN-Grand Palais / Gisèle Freund, reproduction de Guy Carrard - © RMN gestion droit d’auteur/Fonds MCC/IMEC
 (Fauteuil Grand Confort, 1928 / © Bertrand Prévost - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © Adagp, Paris)
3/4
Fauteuil Grand Confort, 1928 / © Bertrand Prévost - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © Adagp, Paris
 (Le Modulor, 1950 / © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © F.L.C. / Adagp, Paris)
4/4
Le Modulor, 1950 / © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP / © F.L.C. / Adagp, Paris

Le Modulor. Derrière ce nom qui évoque un robot de cuisine des années 1950 se cache en fait un concept primordial chez Le Corbusier. Fusion de « module » et de « nombre d'or », il remet l'homme au cœur de l'architecture. Comme dans un écho lointain à 'L'Homme de Vitruve' de Léonard de Vinci, le corps humain devient l'unité de base des constructions du Corbusier. Soucieux de créer une mesure commune pour l'humanité entière, l'architecte suisse voyait dans ce Modulor une redéfinition de la composition spatiale, un moyen d'atteindre une harmonie entre la morphologie de l'homme et son environnement.

Intitulée 'Mesures de l'homme', l'exposition du Centre Pompidou se concentre donc sur ces rapports entre espace, forme et proportions, et sur la manière dont le corps humain rayonne au centre de l'œuvre de Charles-Edouard Jeanneret. Le parcours insiste pour replacer l'architecture, domaine qui fit du bâtisseur de la Cité radieuse à Marseille l'un des symboles du modernisme du XXe siècle, au cœur d'une pensée artistique plus large. A côté des plans d'une beauté épurée, des maquettes et des discours théoriques, apparaissent notamment ses étonnantes peintures, qui évoluent d'abord dans une nudité géométrique et lumineuse avant de glisser vers un art plus figuratif qui rappelle Fernand Léger. De la même manière que ses meubles, ses prototypes, qui relèveraient aujourd'hui du design, montrent à quel point son influence sur nos espaces de vie actuels demeure immense.

Toutefois, le problème de ce genre d'exposition, c'est que sous prétexte d'opter pour un angle précis, elles éludent – comme par hasard – les aspects les plus polémiques du sujet. Sans s'étendre sur le fait que la contribution de celui qui bâtit la ville de Chandigarh en Inde reste très critiquée (puisqu'à l'origine de la vague d'immeubles « cages à lapins » qui essaimeront dans les années 1960), le parcours de Beaubourg ne lâche pas non plus un seul mot sur les accointances bien connues de Le Corbusier avec le fascisme. Pourtant, loin de n'être qu’un détail biographique déconnecté de sa création, sa pensée politique aura clairement marqué ses conceptions urbanistiques, imprégnant ses murs blancs, son obsession de l'ordre, de l'hygiène et de la modernité d'une éminente portée morale. En cela, l'exposition fait non seulement preuve d'hypocrisie, mais nie une dimension primordiale des visions du « Corbu ».

Par Mikaël Demets

Publié :

LiveReviews|0
1 person listening