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Carte blanche à Chiharu Shiota
Courtesy of Saastamoinen Foundation Image: Paula Virta / EMMA – Espoo Museum of Modern Art Copyright the artist and VG Bild-Kunst, Bonn *

Les expositions qui mettent les femmes à l'honneur à Paris

Pionnières longtemps ignorées, mouvements oubliés et perles contemporaines… Retrouvez la sélection des meilleures expositions de femmes artistes dans la capitale.

Écrit par
Clotilde Gaillard
,
Zoé Kennedy
et
Antonin Gratien
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Qu'elle soit le sujet de l'œuvre ou l'artiste qui l'exécute, qu'elle inspire ou qu'elle éprouve son talent, qu'elle soit muse, génie ou mécène, la femme est au détour de chaque tableau, chaque sculpture, chaque production artistique. Malheureusement, ce n'est pas elle qui occupe la majorité des cimaises de nos musées, quand elle ne peine pas carrément à y entrer. Pour réparer cette grossière injustice, voici donc une sélection d'expos 100 % féminines, qui rendent hommage aux virtuoses créatives et aux battantes de l'art avec un « e ». D'hier comme d'aujourd'hui.

Les expositions qui mettent les femmes à l'honneur à Paris

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • 7e arrondissement

Fil à fil, l’artiste Chiharu Shiota, détentrice cette année de la très convoitée Carte blanche de Guimet, tisse une immense toile autour d’un socle blanc sur lequel est disposé du tout petit mobilier. Mini-chaises, mini-canap’ et même mini-vaisselle se voient pris au piège dans une nasse presque inquiétante. L'œuvre n’a que faire des échelles, faisant des grands écarts entre création monumentale et art de la miniature. La multitude de fils contribue aussi à symboliser la barrière tactile qui nous a été imposée (coucou les masques), nous empêchant de saisir les petits objets qui y sont emprisonnés. L'œuvre est aussi saisissante visuellement qu’intellectuellement, et l’on se plaît à scruter le moindre des artefacts un à un, les entrelacs de fils écarlates et le chemin qu’ils parcourent. On se laisse hypnotiser par les motifs et la multitude de détails de l'œuvre jusqu’à perdre la notion du temps, quitte à se soumettre à une lobotomie pas si inconfortable que ça.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Installation
  • Arts et Métiers

Shiny Gold ? C'est cette installation XXL imaginée par Nelly Ben Hayoun. Entre sol miroir, tentacules sortant de nulle part et gros organes dorés squattant l’espace, on ne voit d’abord pas bien où veut en venir l'artiste. Mais on réalise très vite que l’artiste n’est pas folle, loin de là : à travers un ensemble qui se joue des échelles, elle tente de nous faire relativiser notre place dans le monde, toute petite face au Soleil, et propose de nous concentrer sur les énergies qui se connectent entre elles en réfléchissant à la fragilité de notre écosystème. Une installation aux inspirations New Age imaginée en collaboration avec des scientifiques, qui se visite pieds nus. L’ambiance, plus proche de celle d’une boîte de nuit branchée que d’une expo traditionnelle, nous encourage à nous immerger à 100 %, à avancer dans un intestin grêle, à plonger dans une piscine à boules ou à partir à la rencontre de champignons géants.

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  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Photographie
  • Place de Clichy

Assez méconnue chez nous, l'icône de la photographie Judith Joy Ross fait enfin l'objet d'une magnifique expo au BAL. Âgée de 76 piges, la photographe capture in situ les mille visages de l’Amérique à travers des portraits poignants dans lesquels ses sujets semblent se livrer en toute transparence. Si tous les portraits sont réalisés dehors, on est bien loin de la street photography et des portraits à l’iPhone. Il y a de l’amour et du respect dans le boulot de Ross, que l’on retrouve par ailleurs dans la douceur de ses noirs et blancs, dont les nuances tirent parfois même vers le sépia ou le bleu. Elle sublime l’ordinaire, en tire la plus pure des beautés dans une épure subtile, sans chichis. Parfois politiques, toujours sociales, ses photos se découvrent dans une scéno aussi sobre que le taf de l’artiste, pensée comme un parcours allant de série en série, de perso en perso. À une époque où la notion de portrait renvoie à des selfies filtrés, ça fait un bien fou de voir de vrais visages.

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Chaillot

Pour présenter l’icône de la peinture tchèque Toyen au public français, le MAM mise sur une giga-expo et saute sur l’occasion de redonner une place de choix à la grande pote de Breton et Eluard, dont la pratique artificialiste annoncera même, avec trente ans d’avance, la création de l’abstraction lyrique. Croquis, dessins, peintures, ce sont plus de 150 œuvres qui se succèdent dans une scénographie épurée qui laisse élégamment la place à l’artiste. Le corpus, très coloré, extrêmement dense, alterne entre représentations d’animaux, conceptions de symboles mystiques, nombreuses allusions au sexe et tentatives (magnifiques) d’abstraction. Les influences surréalistes nous font tripper et confèrent au travail de Toyen un caractère étrange, onirique, presque un peu flippant, qui capte immédiatement l’attention du spectateur.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Odéon

Décidément, le musée du Luxembourg semble devenir le spot des expos 100 % féminines ! Après Peintres femmes, 1780 - 1830 et la rétrospective consacrée à Vivian Maier, le musée du 6e arrondissement présente Pionnières, un événement consacré aux artistes femmes des années 20, décennie foisonnante où teuf et création allaient de pair. Pour la première génération de femmes à enseigner dans les écoles d’art, à posséder un atelier, à peindre des corps nus et même à porter des pantalons, les Années folles sont celles de la modernité et de l’émancipation. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, plus le temps pour les femmes de se laisser marcher dessus. Un seul mot d’ordre : la liberté ! Photos, peintures, sculptures, cinéma et même ouvrages textiles ou littéraires : aucun domaine n’échappe aux meufs et on découvre avec plaisir une quarantaine d’artistes aussi badass que talentueuses qui s’illustrent dans tous les domaines.

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Arts numériques
  • Arts et Métiers

Sous le regard (et les mains) de l’artiste canadienne Sabrina Ratté, des figures humaines muent en cyborgs, l’organique s’amalgame avec la robotique, les motifs floraux se disloquent selon des logiques improbables et nos structures urbaines sont drapées de contours énigmatiques, que ce soit à travers des vidéos moites, des installations sculpturales monumentales ou des créations sonores ésotériques. Plongé dans la pénombre, on découvre tour à tour de grands formats d’impression où trônent plusieurs déités hybrides, une grappe de paysages idylliques et des architectures aux notes futuristes. Le tout baigné de couleurs chatoyantes que diffusent, çà et là, plusieurs vidéos. Un design sonore d’orfèvre accompagne d’une musique « d’ambiance » chaque pièce – ou presque. On a même droit à une cacophonie digitale avec Distributed Memories, dantesque agrégat de supports technologiques disposés dans une pièce distincte du parcours. Une clôture d’expo qui laissera à coup sûr sonné.

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  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Sculpture
  • Chaillot

À bientôt 70 ans, Anita Molinero cultive toujours un geste radical : arracher des biens industriels aux déchèteries auxquels ils appartiennent pour leur offrir une « seconde vie ». Pour un résultat aux notes monstrueuses qui flirte avec une esthétique SF 100 % assumée, et dont Extrudia offre d’éclatants exemples à travers la réunion d’une quarantaine d’œuvres d’Anita, retraçant l’ensemble de son parcours depuis les années 80 à nos jours. Il y a tout d’abord L’Irremplaçable expérience de l’explosion de Smoby. Ailleurs, c’est une poubelle éventrée, des visages de mannequins en fusion quasi magmatique ou de simples morceaux de polystyrène extrudé fondus qui disent et racontent la fin d’un monde en surchauffe. Coup de maître pour Anita, qui déploie ici avec une jubilation évidente les ressorts de son imaginaire apocalyptique, peuplé de textures fascinantes, de couleurs chatoyantes, de créatures impossibles. Bref, d’une beauté sauvage dont on n’est pas près de se remettre.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Chaillot

Fil à fil, l’artiste Chiharu Shiota, détentrice cette année de la très convoitée Carte blanche de Guimet, tisse une immense toile autour d’un socle blanc sur lequel est disposé du tout petit mobilier. Mini-chaises, mini-canap’ et même mini-vaisselle se voient pris au piège dans une nasse presque inquiétante. L'œuvre n’a que faire des échelles, faisant des grands écarts entre création monumentale et art de la miniature. La multitude de fils contribue aussi à symboliser la barrière tactile qui nous a été imposée (coucou les masques), nous empêchant de saisir les petits objets qui y sont emprisonnés. L'œuvre est aussi saisissante visuellement qu’intellectuellement, et l’on se plaît à scruter le moindre des artefacts un à un, les entrelacs de fils écarlates et le chemin qu’ils parcourent. On se laisse hypnotiser par les motifs et la multitude de détails de l'œuvre jusqu’à perdre la notion du temps, quitte à se soumettre à une lobotomie pas si inconfortable que ça.

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