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© Bellena - Shutterstock
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Paris arty : où sont les femmes ?

Petit guide arty et féministe en cinq œuvres majeures à zieuter à Paris.

Par Lola Levent et Zoé Kennedy
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Si la star de Paname est la Dame de fer, notre chère capitale semble pourtant bien être une ville de mecs, du moins au premier coup d’œil : 95 % de noms de rues masculins, une place des Grands Hommes et surtout, aucun musée dédié à la création féminine. Pourtant, capitale de la culture oblige, les meufs contribuent bel et bien au rayonnement “matrimonial” qui fait tant rêver nos amis outre-Atlantique. Des visites “Street art et féminisme”, des performances chocs de Deborah de Robertis dans les galeries ou des nocturnes arty dédiées, impossible de continuer à nier la présence des femmes intra-muros. Et si l’on entrait dans les musées en mode “Who run the world ? GIRLS !” ? On vous propose un petit guide des œuvres les plus girl power de la capitale ! Ceux à mater d'urgence dans la rue ou pour la réouverture des musées.

© DR
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1. Victoire de Samothrace, vers 200-185 av. J.-C

Bon à savoir : le Louvre organise sa propre visite féministe. Au programme, une relecture de certaines œuvres majeures à la lumière de l’histoire de l’égalité des sexes. On embarque donc toute sa troupe et on espère passer le flambeau à la génération suivante — c’est que Niké, déesse de la victoire (ayant d’ailleurs inspiré le logo de Nike, mais c’est une autre histoire), pourrait bien devenir l’idole des jeunes. 

Musée du Louvre
Métro : Palais Royal - Musée du Louvre

2. Fontaine Stravinsky - Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely

“Rendez-vous devant la fontaine à côté de Beaubourg !” Entouré de bars, ce spot agréable est en réalité une œuvre réalisée à quatre mains par Niki de Saint Phalle et son compagnon Jean Tinguely et érigée en l’honneur du compositeur. Colorée et complexe, cette installation incontournable de Paname fait place, ne l’oublions pas, à l’une des figures les plus importantes du féminisme dans l’histoire de l’art : la Nana. Voluptueuse, chaleureuse et sûre d’elle, on en fait notre idole, en espérant qu’elle veille sur nous.

Rue Brisemiche, 4e
Métro : Hôtel de Ville

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Time Out
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3. Parcours de la Butte-aux-Cailles

La Butte-aux-Cailles est réputée pour ses ruelles pentues où les graffeurs, connus et inconnus, laissent courir leur inspiration. Ainsi, dans une artère subsidiaire de la rue du Moulin-des-Prés, des pochoirs de Jana & JS partagent un pan de mur avec les fresques de Nemo et Jef Aérosol. Et autant le dire : les femmes sont plus que représentées ! Un peu plus loin, sur les immeubles de la rue des Cinq-Diamants, c’est la silhouette de Miss.Tic et ses savoureux jeux de mots qui s’exposent langoureusement. Également sur les murs : Lily Luciole, et son travail sur l’identité, l’image de soi, la féminité et le corps ; Alys Cheshire, sa Blanche-Neige armée et son texte qui tape dans le mille (« Fuck being a Princess, give me the key to wonderland ») ; ou encore les femmes-vulves de Wild wonder woman ou les clitoris artistiques de MarsL. Autant d’œuvres engagées qui transportent le badaud dans un univers en 2D, décousu mais enchanté, parfaitement intégrées dans le paysage de cette « Butokaï » au caractère historiquement insurgé. Véritable galerie d’art en plein air.

4. Rapture – Shirin Neshat

Exilée aux Etats-Unis au moment de la révolution, la photographe iranienne ne réalise que dans les années 1990 l’état dans lequel se trouve son pays et la place que les femmes y occupent. Un électrochoc qui poussera l’artiste à disséquer les rouages complexes des sociétés musulmanes, notamment dans la série Rapture, dont trois clichés en noir et blanc sont visibles à Beaubourg. Féministe subtile, elle confronte le quotidien architecturé et puissant des hommes et l’environnement naturel, symbole de faiblesse, des femmes. Sociales et poétiques, ses photos questionnent sans jamais émettre de jugement. Et c’est probablement ce qui fait la force de Shirin Neshat.

Centre Pompidou
Métro : Rambuteau

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5. Maison d’Agnès Varda

88, rue Daguerre. Des rayures violettes, à l’instar de sa chevelure iconique. C’est ici qu’Agnès Varda habitait et donnait du rose aux joues de la grisaille parisienne. Sans surprise, la maison de cette grande cinéaste, femme dans un milieu d’hommes et militante pour l’égalité des sexes, est devenue depuis sa disparition un lieu de recueillement pour tous. Espérons que son héritage donne lieu à une nouvelle vague de féminisme…

88 rue Daguerre, 14e
Métro : Gaîté

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