Peter Campus

Art, Photographie
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peter campus
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Interface 1972 Peter Campus Installation vidéo. Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle. Installation à la Bykert Gallery, New York, 1972.
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Kiva 1971 Peter Campus Installation vidéo en circuit fermé, dimensions variables, 1 caméra vidéo de surveillance, 1 moniteur video CRT, 2 miroirs, fils de nylon. Courtesy de l’artiste et de la Cristin Tierney Gallery. Installation à l’Everson Museum of Art, Syracuse, 1974.
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Optical Sockets 1972-1973 Peter Campus Installation vidéo en circuit fermé, dimensions variables, 4 caméras vidéo de surveillance, 4 moniteurs vidéo CRT, 1 mixer vidéo. Courtesy de l’artiste et de la Cristin Tierney Gallery. Installation à l’Everson Museum of Art, Syracuse, NY, 1974 –
Peter Campus
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Une magnifique rétrospective consacrée à l'un des premiers vidéastes ayant exploré de fond en comble le domaine de l'image et de la perception.

C'est sur un monde abyssal qu'ouvrent les vidéos de Peter Campus. Un monde où les reflets se perdent, où les miroirs ne renvoient pas l'image reçue, où la caméra scrute ce qu'il se passe derrière elle. Un monde énigmatique qui cherche à percer sa propre énigme mais qui, en creusant les méandres obscurs qu'il engendre, amplifie encore plus son propre mystère.

Faire l'expérience de la perception de notre propre corps

Dans leur plus simple appareil, les dispositifs vidéographiques sont des champs d'expérience qui nous font éprouver la perception de notre propre corps au cœur d’un espace instable. Jeu permanent de dédoublement, convergence, contradiction des points de vue : les vidéos de la première salle de l'exposition mettent le visiteur-observateur au centre de leur système qui, en constatant l'étrangeté de son reflet anormalement retransmis à l'écran, nous plonge dans un trouble fascinant. Une mise en scène vidéographiée pleine de ces troubles perceptifs qui font basculer nos repères et entrer ainsi dans une dimension jusqu'alors inconnue.

Une performance pour l'écran 

Après cette première immersion dans un au-delà de l'image normative, on découvre une deuxième salle où c'est, cette fois, Peter Campus lui-même qui se met en scène dans des performances vidéo. Jouant encore de cette impossibilité de pouvoir concevoir sa propre image, il fait disparaître son visage avec les premiers calques qu'offrait la vidéo des années 70, traverse son corps dans un effet de miroir dérangeant ou fait brûler son visage reflété sur un fond transparent. 

Loin du narcissisme que l'on pourrait prêter à cette démarche, Peter Campus teste les limites et les recoins de la représentation et de la perception. Véritable dispositif de travail, il choisit un principe, une technique qu'il exploite jusqu'à l'épuisement en fouillant ses possibilités sans vouloir faire croire à un quelconque réalisme, loin de là. Impressionnantes parce que dérangeantes, ses vidéos interrogent et captivent telles des brèches ouvertes vers un trou noir où l'on ne pourrait plus ni se voir ni se filmer.

Poésie vertigineuse

Et puisque Peter Campus poursuit encore aujourd'hui ses explorations du monde imagé, la dernière salle de l'exposition présente son travail le plus récent, des vidéographies exécutées avec un appareil vidéo. Proche du tableau pictural, elles sont des plans fixes où le mouvement est soit imperceptible, soit perceptif selon un autre mode que l'habitude. On découvre là un autre aspect de son travail, tout aussi étonnant et où l'immédiateté de notre expérience est réinterrogée en décalant toujours le monde perçu d'ordinaire.

D'une rare émotion, l’œuvre de Peter Campus, en plus d'être l'un des pionniers dans ce domaine désormais écumé par tant d'artistes, s’avère donc d'une grande finesse et d'une poésie vertigineuse.

La rétrospective de Peter Campus n'est pas la seule expo du moment que nous avons adorée. Pour connaître tous nos coups de cœur artistiques, jetez un œil à notre sélection des meilleures expositions à Paris ainsi qu'à celle des expos photo à voir d'urgence

Par Elise Boutié

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The Very Big Sheep
tastemaker

Les expositions qui explorent la vision, les jeux d'illusions et de perception sont mes préférées car la plupart sont interactives et c'est le cas de la rétrospective de Peter Campus. On découvre comment la vidéo peut entrer dans la construction de l'oeuvre tout en incluant le visiteur qui n'est plus spectateur. J'ai été assez impressionnée de voir que certaines datent des années 70s tant j'ai trouvé cela moderne et presque futuriste!