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ARTHUR ELGORT
LES MANNEQUINS APRÈS LE DÉFILÉ, PARIS, 1986. COLLECTION PRINTEMPS-ÉTÉ, 1987 PH. ARTHUR ELGORT

Les meilleures expositions photo à Paris

Paris, capitale mondiale de la photographie ? Oui. La preuve avec une sélection d'expos pour en prendre plein les yeux.

Écrit par
La Rédaction
et
Zoé Kennedy
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Paris, qui a vu naître le 8e art au XIXe siècle, demeure à bien des égards le centre névralgique de la création photographique : les musées déroulent les tapis rouges pour les maîtres de l'argentique, les galeries s'arrachent les talents émergents, le public se précipite aux portes des expos et Paris Photo, salon incontournable du mois de novembre, connaît un succès international. C'est d'ailleurs souvent ici que finissent par échouer les photographes contemporains des quatre coins du monde en mal de reconnaissance. Pas de doute, les temps sont cléments pour les photophiles à Paris : voici quelques expos pour en prendre plein les yeux.

Les meilleures expos photo du moment

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Roquette

Né en 1946, Chris Killip se destinait à devenir le gérant du seul hôtel de l'île de Man. Puis, en 1964, il tombe sur des photos d’Henri Cartier-Bresson en feuilletant Paris Match… Révélation et changement de plans : direction Londres où il devient assistant photo, avant de bourlinguer jusqu’à New York à la fin des années 1960 et de tomber amoureux des grands photographes américains. La suite ? Il retourne au village pour documenter sa communauté, avec un traitement sans artifices qu’il appliquera à différents endroits du Nord de l’Angleterre. Toujours en noir et blanc, les quatre séries présentées racontent, sans jamais en rajouter, un quotidien marqué par la misère sociale. À travers une cinquantaine de tirages soigneusement sélectionnés et un accrochage impeccable digne des grands musées, on découvre les paysages hostiles de la côte britannique, les visages crevés de ses habitants et l’ennui des jeunes punks de la région.

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Le Marais

Artiste noir.e, non-binaire et queer originaire de Durban, Zanele Muholi évolue dans une Afrique du Sud contrastée. Premier pays à inscrire les droits des personnes LGBTQIA+ dans sa Constitution, d’innombrables violences continuent d’y être perpétrées à leur égard. Muholi, né.e en 1972, s’est fait le témoin de ces persécutions, montrant au monde que l’amour survit même aux pires châtiments. A travers pas moins de 200 clichés, Zanele Muholi met les pleins phares sur ces communautés invisibilisées, leur rend la fierté qu’on a tenté de leur arracher. Les séries s'enchaînent, en noir et blanc ou en couleurs, et continuent d’attraper le public par le colbac. Les sourires des personnes transgenres érigées en reines de beauté nous mettent du baume au cœur quand les contrastes des autoportraits de Muholi nous fracturent la rétine. Tout est aussi beau que puissant. Une immense réussite.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Place de Clichy

Lieu de référence pour les fadas de photo, le BAL nous plonge pleinement dans l’univers performatif de Joanna Piotrowska, grâce à une scéno confidentielle et un accrochage sobrissime. Les grands formats se découvrent au fil d’une balade silencieuse, le bruit de nos pas étant complètement étouffé par une moquette colorée, évoquant les salons confortables de nos parents. Entre albums de famille aussi tendres que dérangeants, corps féminins contorsionnés en position de défense ou natures mortes, le travail en noir et blanc de la photographe brouille les frontières entre fiction et réalité. Difficile de savoir ce qui relève de la mise en scène ou de la prise de vue instantanée. C’est là toute la force de Piotrowska, qui switche sans peine entre les codes de la photo documentaire et les prises de vues complètement artificielles, le tout sans jamais donner d’explication.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Le Marais

L’expo retranscrit parfaitement l’esthétique de cette collaboration entre le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa et le photographe de mode américain Arthur Elgort. Et il faut bien dire que quand on arrive sous la nef du 18 rue de la Verrerie, ça claque. L’architecture de l’ancienne demeure et atelier du couturier, déjà incroyable, est sublimée par le travail des commissaires d'exposition Carla Sozzani et Olivier Saillard. Dans un élégant jeu de cache-cache, les joyeuses photographies d’Elgort sont mises en face des vêtements imaginés par Alaïa. Au fil des clichés et des fringues, c’est la liberté de la femme qui saute aux yeux ! Moins contraintes, moins statiques, les supermodels des années 1980 et 1990 font vivre cette rencontre avec légèreté, le sourire aux lèvres, bien loin de la moue boudeuse de rigueur habituellement. Une petite expo qui fait du bien.

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