Prince.sse.s des villes

Art, Installation
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En 2050, près des deux tiers de la population mondiale sera urbaine : c’est le constat qui a inspiré les commissaires Hugo Vitrani et Fabien Danesi pour l’élaboration de l’expo Prince.sse.s des villes, présentée dans tous les espaces du Palais de Tokyo jusqu’au 9 septembre 2019. Avec l’aide du scénographe Olivier Goethals, ils ont conçu une sorte de ville synthèse mixant grosses métropoles déjà existantes et ambiance futuriste.

A travers un parcours imprévisible, le spectateur se retrouve plongé dans une cité imaginaire à la scéno rythmée et saturée. Réalisée autour de cinq agglomérations oubliées du monde de l’art – Dacca, Lagos, Manille, Mexico et Téhéran –, l’utopie ne suit pas le traditionnel schéma géographique mais démantèle ces mégalopoles, les réunissant dans un puzzle architectural complexe, entre ruelles sombres et places publiques ultraviolettes.

La frontière entre réalité quotidienne et pure imagination tend à disparaître dans ce concept à la Blade Runner très instagrammable. Mais c’est surtout l’occasion de mettre en lumière des thématiques communes à tous les environnements urbains, comme l’écologie – soulignée par l’orque du collectif mexicain Biquini Wax faisant une overdose de plastique – ou l’omniprésence de la pub chez Kadara Enyeasi, qui détourne les logos des grandes corporations pour rappeler que l’homosexualité est encore interdite dans bien des pays, dont son Nigeria natal.

Croisant de nombreuses disciplines, des arts plastiques à la mode en passant par le tatouage, l’expo est un sombre bordel assez plaisant à visiter, regorgeant de détails que l’on se plaît à chercher et découvrir. On est loin du white cube traditionnel, ce qui en fait sans doute l’une des manifestations les plus rafraîchissantes de la saison.

Par Zoé Kennedy

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