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Critique
« Une autre lumière », l’exposition que le Musée du Luxembourg consacre à l’œuvre sur papier de Pierre Soulages – la première jamais organisée dans un musée parisien – entend révéler une facette moins connue de l’inventeur de « l’outrenoir ». Car si Soulages, né à Rodez en 1919, est surtout associé à la toile, c’est pourtant sur le papier que son œuvre s’enracine, un support qu’il n’a cessé d’explorer tout au long de sa carrière, en parallèle de la peinture, tout en s’aventurant parfois vers d’autres médiums.
Jusqu’au 11 janvier 2026, un parcours chronologique permet de découvrir 130 œuvres, dont plus d’une trentaine d’inédits issus de l’atelier de l’artiste. De salle en salle, de décennie en décennie, se matérialise l’évolution de sa recherche artistique. Dans un extrait vidéo projeté dans l’exposition, Soulages raconte avoir choisi la peinture après la visite, dans sa jeunesse, de l’abbaye de Conques – monument historique pour lequel il réalisera des vitraux en 1994. Une autre interview, des documents, des citations et même une expérience en réalité virtuelle permettent aux visiteurs de mieux comprendre la vie et l’œuvre du peintre, même si l’essentiel de sa production – les peintures sur toile – reste absente de cette rétrospective.
Néanmoins, la diversité des formats, des motifs et des techniques témoigne d’une vraie amplitude, toujours mise au service de sa quête de lumière. Soulages délaisse parfois les reflets des monochromes de l’outrenoir pour explorer le contraste entre le sombre et le blanc du papier, ou encore les jeux de transparence et d’opacité rendus possibles par le brou de noix, ce matériau emprunté à l’ébénisterie.
Ceci étant dit, le visiteur se plaira sans doute à scruter chaque œuvre pour essayer de percer ce qu’on serait tenté d’appeler le « mystère Soulages » : la puissance avec laquelle son abstraction parvient à toucher notre sensibilité sans que l’on réussisse vraiment à mettre des mots dessus. Un moment de contemplation toujours bienvenu, qui donne envie de revenir, même après avoir déjà passé 1 h 30 dans les galeries du musée lors d’une première visite…
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