Ulla von Brandenburg

Art, Art contemporain
Recommandé
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Time Out dit

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Attention les amis ! Nous nous efforçons d'être précis, mais la situation particulière nous oblige à quelques ajustements. Alors vérifiez que les événements sont bien confirmés avant de vous y rendre.

L’artiste allemande installée à Paris déploie un labyrinthe poétique au Palais de Tokyo.

Pour qui ? Ceux qui n’ont pas peur du tomber de rideau
Voir quoi ? Un abri doux et coloré 

On entre dans l’exposition d’Ulla von Brandenburg comme dans la focale d’un immense appareil coloré ; c’est le début d’une caressante traversée. Scénographe de formation et passionnée de théâtre, l’artiste allemande fait le pari d’assouplir l’architecture bétonnée du Palais de Tokyo pour y installer son monde de tentures et sa petite communauté de poupées. Pari réussi. 

Chaque samedi à partir de 14h, l’installation et les poupées qui l’habitent prend vie, animée par cinq performeurs. Pendant tout un après-midi, ils s’emparent des objets et instruments qui jonchent le parquet pour initier des moments de danse, de chant et de déambulation sous le regard fasciné du public. Leur présence instaure un climat particulier, presque cérémonieux ; un silence respectueux s’installe, les instagrammeurs rangent peu à peu leurs portables, des enfants arrêtent de courir pour venir s’asseoir autour d’une petite chorale improvisée. Au gré des pérégrinations des danseurs, on traverse les différents espaces, on s’arrête, on revient sur nos pas, interpellés par un chant mystérieux et intrigant. 

L’expo prend tout son sens dès lors qu’on refuse de se soumettre au sens de la visite : il faut se laisser prendre au jeu, comme dans un théâtre immersif, pour voir se déployer toutes les possibilités de cet espace labyrinthique, à l’image d’une matière textile qui se plierait et se déplierait à volonté. Au bout du chemin, on tombe sur le véritable joyau de l’exposition, un film de 28 minutes tourné à l’argentique au théâtre du Peuple à Bussang, dans les Vosges. On y retrouve les performeurs rencontrés plus haut, ainsi que d’autres membres de leur microcommunauté poétique, quasi mystique, installée dans ce théâtre en pleine nature. C’est assez rare pour être souligné : le public reste scotché par cette vidéo d’art qu’on aurait presque envie de regarder en boucle. On en ressort émerveillés.

Par Alix Leridon

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