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8 noms de rues insolites

Diaporama • Quelle est la particularité de la rue Simon Crubellier ? Y a-t-il vraiment un chat qui pêche dans le Quartier latin ? On vous emmène découvrir quelques menus secrets sur Paris. De quoi briller à votre prochain dîner mondain

 Rue du Chat-qui-Pêche
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Perpendiculaire à la rue de la Huchette – connue pour son théâtre, ses nombreux bars-restaurants, et très prisée des touristes –, la rue du Chat-qui-Pêche passerait presque inaperçue. Et pour cause, avec son petit 1,80 mètre de largeur et ses 29 mètres de long, elle est souvent présentée comme la rue la plus étroite de Paris. Ouverte en 1540, elle débouchait directement sur le lit de la Seine. Elle fut d’abord appelée rue des Etuves, rue du Renard, rue des Bouticles et enfin rue Neuve des Lavandières, avant de se voir attribuer le drôle de nom que nous lui connaissons aujourd’hui.

Certains diront qu’une enseigne d’antan et son proverbe « aller voir pêcher les chats » (qui signifie : se laisser persuader facilement) lui ont valu ce petit nom fantaisiste, mais une autre légende, plus sulfureuse, existe : un chanoine et son chat noir, fort habile pour extraire les poissons de la Seine en un coup de pattes, rôdaient autrefois dans cette petite ruelle. Certains virent le diable dans ce duo humain et animal, si bien qu'un beau jour, trois étudiants jetèrent la bête à l’eau après l’avoir occis. Peu de temps plus tard, l’alchimiste ecclésiastique disparut, pour renaître quelque temps plus tard… avec son même chat noir.

Si vous vous baladez et ouvrez l'œil, peut-être y apercevrez-vous le petit matou.

Rue des Deux-Boules
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C’est un bien drôle de nom que celui de la rue des Deux-Boules, située dans le 1er arrondissement, parallèle à la rue de Rivoli. Au XIIe siècle, la rue portait le nom de Guillaume Porée, un bourgeois qui y demeurait. Un peu plus tard, elle est devenue rue Mauconseil ou rue Mâle-Parole, à cause des mauvaises paroles qu’on y entendait. Parties de boules en l’air ou gros terrain de pétanque, l’histoire reste bien allusive, mais l’on dit que ce nom lui vient d’une enseigne d’autrefois : un théâtre érotique disparu. Alors ne pensons pas tout de suite à une blague douteuse, si quelqu’un nous dit qu’il habite rue des Deux-Boules.

Rue du Petit-Musc
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A deux pas de la station Sully-Morland, la rue du Petit-Musc n’avait, autrefois, pas très bonne réputation. Déjà répertoriée en 1358, son nom fut d’abord rue de la Pute-y-muse, « muser » signifiant « flâner » en ancien français, faisant référence aux nombreuses prostituées qui fréquentaient ce coin du Marais. Par corruption et dans un probable souci de pudeur langagière, la Pute-y-Muse est devenue Pute-y-Musse (« la putain s’y cache »), puis Petit-Musse, et enfin, Petit-Musc. Toutefois, cette version des faits en est une parmi quelques autres ; la plus historique, quant à elle, dit que la rue du Petit-Musc viendrait du verbe latin « petimus » (nous prions), selon le 'Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours’ (J.B. de Saint-Victor, 1809). Entre hypothèse historique et spéculation coquine, le doute subsiste encore. Une seule solution : aller voir si la pute y muse toujours, ou si la muse y put être substituée. 

Rue Simon Crubellier
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La rue Simon Crubellier a une particularité bien à elle : elle n’existe sur aucun plan de Paris – ni les plus anciens, ni les plus récents – et, plus étrange encore, elle n’est connue ni de Google Maps, ni de votre fidèle GPS. Enfin une petite rue restée magiquement secrète, vous dites-vous. Eh bien non ! Pour arpenter la rue Simon Crubellier, il vous faut emprunter celle de Georges Perec, c’est-à-dire plonger sans réticence dans les fabuleuses fantaisies littéraires de ‘La Vie mode d’emploi’ (publié en 1978). La rue court sur 600 pages et fourmille d’histoires rocambolesques, parfois anachroniques, et bien souvent étonnantes. Maintenant, vous savez où la trouver, cette rue Simon Crubellier…

Rue d'Orchampt
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Riche de son petit nom romanesque, la rue d’Orchampt se situe dans le 18e arrondissement de Paris et forme un coude. Ses jolis immeubles et ateliers mènent au Moulin de la Galette, qui nous évoque aussitôt le célèbre tableau de Renoir.

D’abord appelée rue Barthélemy – nom de l’un des propriétaires du terrain – le romancier-dramaturge Georges Courteline (1858-1929) y a vécu quelques années, et la chanteuse Dalida, jusqu’à sa mort. Aujourd’hui, on peut encore apercevoir la jolie petite maison de Courteline, au n°5, mais celle de Dalida, au 11 bis, a été remaniée et divisée en appartements. Cependant, une plaque de marbre subsiste : « Ses amis montmartrois ne l’oublieront pas. »

Aussi Marcel Aymé fait-il résider son personnage du ‘Passe-muraille’ au 75 bis de la rue d’Orchampt, où l’on peut apercevoir sa sculpture réalisée par Jean Marais. Mais surtout, la rue d’Orchampt possède le plus petit trottoir de Paris, dans sa partie la plus étroite qui donne sur la rue Lepic. Ce dernier est d'ailleurs évoqué dans le célèbre film de Klapisch, ‘L’Auberge espagnole’ : « J’ai repensé à notre premier baiser. Je m’en souviens, c’était dans la rue d’Orchampt. Je ne sais pas pourquoi, on avait choisi la rue de Paris qui avait le plus petit trottoir. » 

Rue du Pélican
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Reliant la rue Croix-des-Petits-Champs à la rue Jean-Jacques Rousseau dans le 1er arrondissement, la rue du Pélican tire son nom de sa mauvaise réputation ; autrefois surnommée rue du Poil-au-Con (ou Poil-au-Cul, au choix) en raison des prostituées qui l’habitaient alors, mais aussi des boutiques à péchés qui la bordaient, la rue fut ensuite rebaptisée la rue Purgée de 1792 à 1800, pour adoucir les rumeurs. Puis, rue de la Barrière des Sergents (un nom qui nous laisse songeurs). Mais aujourd’hui, l’étroite rue du Pélican doit pourtant bien son nom à la déformation de ce petit surnom obscène, sans offense au noble animal. Dans cette rue du Poil-au-Cul ou du Pélican, le François Ier de la pièce de Victor Hugo, ‘Le Roi s’amuse’, venait courtiser les femmes. 

Rue des Degrés
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Située dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas de Bonne-Nouvelle, la rue des Degrés porte bien son nom : celle-ci est entièrement constituée d’un escalier étroit, qui part de la rue de Cléry pour remonter jusqu’à la rue Beauregard. Cette petite butte est, paraît-il, le résultat de débris et ordures accumulés par les habitants des alentours, lesquels ont fini par constituer un véritable monticule. Avec ses 5,75 mètres de long, elle est la plus courte de Paris, et ne comporte ni habitation, ni enseigne. Alors méfiance, si un jour quelqu’un vous dit habiter rue des Degrés… 

Rue de Paradis
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Au Monopoly, la rue de Paradis (et non du Paradis) se situe au milieu du plateau, peu après la case prison. Les joueurs les plus riches espèrent y faire escale, tandis que les plus pauvres prient pour ne pas payer les frais variables de leur séjour. Située dans le 10arrondissement de Paris, la rue de Paradis a d’abord porté le nom de Paradis-Poissonnière, pour la différencier de son homonyme dans le Marais – maintenant connue sous le nom de rue des Jardins – et, en 1643, c’était sous le nom de rue Saint-Lazare qu’il fallait la chercher sur le plan de Paris signé Boisseau. Son nom actuel n’est pas tombé du ciel, mais bien le fruit de fameuses récoltes, puisque de nombreux potagers ayant appartenu à des religieuses s'y étalaient vers 1730. Le lieu-dit des Paradis a donc été précédé du Pré-des-Filles-Dieu, dont il ne reste aujourd’hui pas la moindre trace. 

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