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10 films à voir pour la fête des pères

Notre top 10 des pères les plus mémorables du cinéma

Spécial Fête des pères : des 'Yeux sans visage' de Franju au Dark Vador de 'Star Wars', notre top 10 des darons les plus mémorables du cinéma.

1
Dark Vador dans 'Star Wars : épisodes IV, V, VI' (1977-1983)

Dark Vador dans 'Star Wars : épisodes IV, V, VI' (1977-1983)

Pas moins de trois acteurs auront été nécessaires pour incarner Dark Vador (Darth Vader en VO) dans la première trilogie produite par George Lucas : David Prowse (le géant sous le costume), James Earl Jones (la voix de basse) et Sebastian Shaw (dont on voit le visage, casque retiré, dans l'épisode VI). Mais cela valait manifestement le coup, puisque le personnage demeure clairement l'un des méchants les plus iconiques du cinéma. Mais aussi l'une de ses figures de daron les plus célèbres, avec sa fameuse réplique (« Je suis ton père »), autour de laquelle tourne l'essentiel de l'intrigue. Mais on n'en dira pas plus  histoire d'éviter de spoiler les rares qui ne l'auraient pas vu...

2
Sean Connery dans 'Indiana Jones et la dernière croisade' (1989) de Steven Spielberg

Sean Connery dans 'Indiana Jones et la dernière croisade' (1989) de Steven Spielberg

Alors comme ça, James Bond serait le père caché de Han Solo !? Incroyable... Bon certes, on n'est plus vraiment ici dans 'Star Wars', mais la grande idée de cette troisième mouture des aventures d'Indiana Jones tient tout de même au délicieux tandem liant Sean Connery (Henry Jones Senior) et Harrison Ford ("Junior", donc ; "Indiana" étant, l'apprend-t-on, le nom... du chien). Beaucoup d'humour et de citations dans cette dernière croisade, donc, où Sean Connery semble parfois jubiler dans son rôle de paternel truculent, pas commode et  évidemment  incapable d'exprimer ses sentiments. Et ce n'est que le début.

3
Maurice Pialat dans 'A nos amours' (1983) de Maurice Pialat

Maurice Pialat dans 'A nos amours' (1983) de Maurice Pialat

Pour le coup, le père de famille qu'interpète Maurice Pialat dans son propre film de 1983, lui, n'hésite pas à exprimer ses sentiments personnels. Le seul hic, c'est la violence et la radicalité de ceux-ci, dont témoigne la célèbre scène de dîner d''A nos amours', en grande partie improvisée et restée mythique, où le bourru Pialat en met plein la gueule à à peu près tout le monde. Toutefois, à travers sa relation avec sa fille, adolescente d'une quinzaine d'années (Sandrine Bonnaire, éblouissante dans son premier vrai rôle au cinéma), Pialat réussit à décrire une relation paternelle complexe, sincère et mélancolique. Sans aucun doute l'un des pères les plus mémorables du cinéma français, et un thème qui reviendra souvent dans l'œuvre du cinéaste, notamment dans son ultime film, 'Le Garçu' (1995) avec Gérard Depardieu.

4
Jack Nicholson dans 'Shining' (1980) de Stanley Kubrick

Jack Nicholson dans 'Shining' (1980) de Stanley Kubrick

Et voilà certainement, haut la main, le père le plus flippant de cette liste... D'ailleurs, dans une certaine mesure, le thème profond du roman de Stephen King, adapté par Kubrick en 1980, reste la destruction d'une famille par son patriarche (comme chez Pialat, en somme, mais de façon nettement plus physique). Certes, l'idée n'est pas nouvelle (il suffit de penser au mythe de Cronos, ou au célèbre tableau de Goya, 'Saturne dévorant l'un de ses fils'), mais l'incarnation qu'en donne Nicholson, entre cabotinage et délire sanglant, en reste sans conteste l'une des plus traumatisantes. « Redrum, redrum, redrum... »

5
Kevin Spacey dans 'American Beauty' (1999) de Sam Mendes

Kevin Spacey dans 'American Beauty' (1999) de Sam Mendes

Avant d'incarner l'ignoble Frank Underwood de la série 'House of Cards', Kevin Spacey fut l'un des acteurs américains les plus courus de la seconde moitié des années 1990. Après ses performances tarées en 1995, dans 'Seven' de David Fincher et  surtout  dans le pervers 'Usual Suspects' de Bryan Singer, Spacey trouva l'un de ses plus gros rôles dans 'American Beauty' : celui d'un père de famille lambda qui, s'amourachant de la copine de sa fille, pète tranquillement les plombs pour retomber dans une crise d'adolescence je-m'en-foutiste. Une fois encore, un massacre en règle des stéréotypes par un papa borderline : presque un cas d'école de la paternité.

6
Nanni Moretti dans 'Aprile' (1997) de Nanni Moretti

Nanni Moretti dans 'Aprile' (1997) de Nanni Moretti

Après tous ces darons asociaux, maléfiques ou dingos, passons enfin à quelques figures paternelles plus réconfortantes, douces et émouvantes, en commençant par Nanni Moretti dans son film 'Aprile'. Prolongement de son 'Journal intime' réalisé quatre ans plus tôt, son long métrage de 1998 montre le cinéaste abasourdi par les succès éléctoraux de Berlusconi, mais heureux comme tout de la naissance de son fils  qui apparaît bientôt comme la mascotte de son œuvre autobiographie. Enfin, un père doux, joyeux et aimant dans ce monde de brutes...

7
Pierre Brasseur dans 'Les Yeux sans visage' (1960) de Georges Franju

Pierre Brasseur dans 'Les Yeux sans visage' (1960) de Georges Franju

Ici, c'est à une bien étrange relation de paternité passionnelle que nous avons affaire... Responsable d'un accident de voiture ayant laissé sa fille défigurée, un brillant chirurgien (Pierre Brasseur) va piéger de jeunes et jolies jeunes femmes, afin de leur voler leurs visages et tenter de les greffer sur la jeune infortunée  les yeux d'Edith Scob, cachée derrière son masque, parvenant ici à atteindre un dégré d'expressivité incroyable. Chef-d'œuvre singulier ayant inspiré Almodovar ('La Piel que habito') autant que Leos Carax ('Holy Motors', avec Edith Scob, toujours aussi fascinante cinquante ans plus tard), 'Les Yeux sans visage' décrit l'histoire d'une véritable folie de la paternité. Où Brasseur, inquiétant à souhait, incarne un savant fou délicieusement complexe.

8
Mads Mikkelsen dans 'Pusher 2' (2004) de Nicolas Winding Refn

Mads Mikkelsen dans 'Pusher 2' (2004) de Nicolas Winding Refn

Huit ans après 'Pusher' (1996), Nicolas Winding Refn est revenu avec deux longs métrages pour lui faire suite. Or, chacun de ces films traite, à sa manière, de paternité. Dans ce deuxième volume de la trilogie, le plus mélancolique et touchant (sous-titré 'Du sang sur les mains'), c'est ainsi Mads Mikkelsen que nous suivons, en ancien dealer tout juste sorti de prison, découvrant l'enfant qu'il a eu, avant sa condamnation, avec une prostituée. Toxicomanie, exploitation des corps, chantage... Le monde de la pègre décrit par Refn est dur. Très dur. Mais la rédemption du personnage de Mikkelsen, grâce à son nouveau-né, n'en paraît que plus miraculeuse.

9
Jean Rochefort dans 'Un étrange voyage' (1981) d'Alain Cavalier

Jean Rochefort dans 'Un étrange voyage' (1981) d'Alain Cavalier

'Un étrange voyage' : voilà un film qui porte bien son nom, pourvu d'un charme presque kafkaïen. Alors qu'il recherche sa mère, manifestement disparue le long d'une voie de chemin de fer reliant Troyes et Paris, Pierre (Jean Rochefort) emmène avec lui sa fille (interprétée par Camille de Casabianca, la propre fille d'Alain Cavalier). Road-movie ferroviaire à pied, 'Un étrange voyage' prend bientôt des airs de parcours initiatique, de chemin spirituel, où le personnage de Rochefort  aussi génial qu'émouvant – semble comprendre son rôle de père en essayant de retrouver sa mère. Un film poétique, touchant, parfois presque mystique, après lequel Alain Cavalier attendra cinq ans avant de réaliser à nouveau un film, le prodigieux 'Thérèse' en 1986.

10
Robin Williams dans 'Madame Doubtfire' (1993) de Chris Colombus

Robin Williams dans 'Madame Doubtfire' (1993) de Chris Colombus

Evidemment, si l'on traite de paternité au cinéma, impossible de faire l'impasse sur le Robin Williams de 'Madame Doubtfire'  qui se situe, logiquement, à l'exact opposé d'un Dark Vador. Ici, c'est en effet presque face à une figure de père sacrifiel qu'on se retrouve : ayant perdu la garde de ses enfants après son divorce, un père de famille se déguise en nounou afin de pouvoir s'occuper, incognito, de sa progéniture. L'idée est simplette, mais les talents comiques de Robin Williams  qui savait tout aussi bien convoquer l'émotion ou le tragique, d'ailleurs  ont su faire de cette figure paternelle travestie l'une des plus inoubliables du cinéma américain.

Et pour quelques longs métrages de plus.
Afin de poursuivre sur la thématique paternelle, voici donc quelques conseils de films supplémentaires : 'Toni Erdmann' de Maden Are (en salles ce 17 août 2016), 'Broken Flowers' de Jim Jarmusch, 'Tout sur ma mère' de Pedro Almodovar, 'Charlotte for Ever' de Serge Gainsbourg, 'Le Parrain' de Francis Ford Coppola, 'La Vie est belle' de Roberto Benigni, 'La Vie est belle' (encore) de Frank Capra, 'Jauja' de Lisandro Alonso, 'La Jalousie' de Philippe Garrel, 'Trois hommes et un couffin' de Coline Serreau, 'Saraband' d'Ingmar Bergman, 'Rois et reine' d'Arnaud Desplechin, ou encore 'La Vie de famille' de Jacques Doillon... De quoi passer une bonne fête des pères, en somme.

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