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18 films pour le 18 juin

Diaporama • Autour du traditionnel « appel du 18 joints », notre top 18 des meilleurs films de stoners

Alice au pays des merveilles
1/18

'Alice au pays des merveilles' (1951) de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske

 

Bon, d'accord : sans doute, 'Alice au pays des merveilles' n'était pas franchement destiné à être visionné dans un état second. Pourtant, le psychédélisme narratif de Lewis Carroll (qui n'hésitait manifestement pas à se défoncer tranquille au laudanum) et le chatoiement des couleurs de ce Disney millésimé 1951 en font tout de même l'un des grands classiques des stoners (bien avant les Teletubbies). D'ailleurs, tout, absolument tout dans 'Alice au pays des merveilles' semble évoquer un gros trip : depuis le célèbre et mystérieux Chat du Cheshire jusqu'à cette fameuse chenille fumeuse, en passant par divers champignons ou potions magiques. Enfin, le doute reste quand même permis, peut-être est-ce finalement l'âge adulte qui n'est qu'un drôle d'état second ?

Chelsea Girls
2/18

'Chelsea Girls' (1966) d'Andy Warhol et Paul Morrissey

 

Long-métrage le plus célèbre, mais aussi le plus accessible du « Pape du pop » Andy Warhol (coréalisé avec son acolyte Paul Morrissey), 'Chelsea Girls' reste dans l'histoire de l'art un document précieux, fracassant et fracassé sur un lieu et une époque (le légendaire Chelsea Hotel, en 1966), servi par un dispositif ingénieux, utilisant avec malice la technique du split-screen. Projetant simultanément à l'écran deux séquences et faisant progresser le film en diffusant alternativement le son de l'une, puis de l'autre, 'Chelsea Girls' rassemble une farandole de superstars warholiennes de l'époque (Brigid Berlin, Nico, Gerard Malanga, Ondine...) occupées à parler sexe, dope ou cocktails. Sans oublier, évidemment, la sublime chanson de Nico inspirée de ces filles scandaleusement poétiques du Chelsea.

Dazed and Confused
3/18

'Dazed and Confused' (1993) de Richard Linklater

 

Alors que le titre original du film, 'Dazed and Confused', rappelle l'un des plus brumeux et opiacés de Led Zeppelin (largement repompé, d'ailleurs, sur le psychédélisme folk de Jack Holmes), les exploitants français ont cru bon de le renommer 'Génération rebelle' – titre faussement cool mais vraiment pourri, en fait. Et qui ne rend surtout pas justice au film, bonne vieille pochade indie typiquement '90s signée Richard Linklater – alors déjà auteur du remarqué 'Slacker' (1991) et futur réalisateur de la célèbre trilogie Before (qui culminera en 2013 avec 'Before Midnight') et du récent 'Boyhood'. Hommage aux fumeuses années 1970 (grandes sœurs utopiques des nineties), 'Dazed and Confused' suit les tribulations d'étudiants déconneurs, tout occupés à se couler des douilles à longueur de journées. Et ne serait-ce que pour son Matthew McConaughey en blond moustachu (si, si), le film vaut encore certainement le détour.

Dead Man
4/18

'Dead Man' (1995) de Jim Jarmusch

 

Poème d'errance et de dérive, le 'Dead Man' de Jim Jarmusch ressemble à une rêverie de stoner « dixneuviémiste », portée par la magnifique guitare solo de Neil Young (qui en signe la B.O. minimale et abrasive) et bourrée de références au génial et mystique William Blake – à travers moult citations et le nom même du héros du film, interprété par un Johnny Depp alors au sommet de sa carrière. Balade épique et funèbre devenue film-culte (même s'il fit un flop à sa sortie en salles), 'Dead Man' reste l'une des œuvres les plus contemplatives, éthérées et trippantes du réalisateur du récent 'Only Lovers Left Alive'. Un must de stonitude en bichromie onirique.

Easy Rider
5/18

'Easy Rider' (1969) de Dennis Hopper

 

Immense classique de la contre-culture américaine et de la défonce hippie, 'Easy Rider' inaugura en outre l'ère du « Nouvel Hollywood » à l'orée des années 1970. Avec, à sa tête, le trio infernal formé par Dennis Hopper (également réalisateur du film), Peter Fonda et Jack Nicholson, ce plus célèbre des road-movies reste, à près d'un siècle de distance, un manifeste de cinéma libre, improvisé, où les bikers font cramer leurs moteurs dans une traversée de l'Amérique ravagée... et où les joints fumés à l'écran ne sont absolument pas chargés à blanc. « Nés pour être sauvages », comme dirait l'autre.

El Topo
6/18

'El Topo' (1970) d'Alejandro Jodorowsky

 

Alors là, on rentre évidemment dans le gros du sujet avec 'El Topo', western violent bourré de métaphores, de folie, de symboles, d'étrangeté, de magie et d'onirisme, signé Alejandro Jodorowsky. Génie touche-à-tout (cinéma, poésie, théâtre, littérature, bande dessinée, tarots, psychomagie...), le cinéaste chilien aura de toute façon intégré son surréalisme libérateur et psychédélique à l'ensemble de ses films ('Fando et Lis', 'La Montagne sacrée', 'Santa Sangre', jusqu'à 'La Danza de la realidad'...). Mais 'El Topo' reste probablement son film à la fois le plus fou et l'un des plus réussis. Après le western-spaghetti, voici en somme le western-LSD.

Jackie Brown
7/18

'Jackie Brown' (1997) de Quentin Tarantino

 

Pour les puristes, 'Jackie Brown' reste sans doute l'un des plus grands films de Quentin Tarantino. Evidemment, comme de coutume avec le réalisateur de 'Reservoir Dogs' et 'Pulp Fiction', on y croise pas mal de drogues – en particulier à travers l'une de ses scènes d'ouverture et un Robert De Niro assez hilarant, tout juste sorti de taule et impatient de tirer sur l'énorme bong de la lascive Bridget Fonda. Enfin, vous vous souvenez sans doute comment cela finit... Non ?

Las Vegas Parano
8/18

'Las Vegas Parano' (1998) de Terry Gilliam

 

« On avait 2 sacs bourrés d’herbe, 75 plaquettes de mescaline, 5 feuilles complètes d’acide en buvards, une salière à moitié pleine de cocaïne, une galaxie multicolore de remontants, sédatifs, hilarants, larmoyants, criants, en plus une bouteille de tequila, une bouteille de rhum, une caisse de bière, un demi-litre d’éther pur et deux douzaines de Poppers. Non qu'on ait eu besoin de tout ça pour le voyage mais quand on démarre un plan drogue, la tendance, c'est de repousser toute limite. » C'est dire combien cette adaptation d'Hunter S. Thompson par l'ex-Monty Python Terry Gilliam, starring Johnny Depp et Benicio del Toro, s'est d'emblée revendiquée comme l'un des plus grands films de stoners. Une chevauchée fantastique jusqu'au tréfond de la défonce... capable de vous faire sévèrement bad-tripper à grands coups de chauves-souris géantes !

Le Festin nu
9/18

'Le Festin nu' (1991) de David Cronenberg

 

Autre adaptation fameuse de la littérature sous psychotropes : ce film de David Cronenberg tiré du livre culte de William S. Burroughs - pourtant manifestement inadaptable. Aussi, pour retranscrire à l'écran les hallucinations de l'ange noir de la beat generation, le réalisateur canadien a-t-il opté pour une stratégie hybride, de biais, mêlant certains des éléments les plus figuratifs du roman à des bribes biographiques de la vie de Burroughs, pour un résultat à la fois accessible et proche de l'esprit avant-gardiste de l'auteur - sans toutefois tenter d'aller jusqu'au bout de son délire incandescent. Un pari impossible donc, mais plutôt réussi.

Les Frères Pétard
10/18

'Les Frères Pétard' (1986) de Hervé Palud

 

Bonne vieille comédie à la française du milieu des années 1980, 'Les Frères Pétard' reste étonnant en ce qu'il montre le Paris de l'époque sous un jour (ou une nuit) assez inédit(e), où se croisent quelques figures mythiques de l'époque, parmi lesquelles le roi noctambule Alain Pacadis ou l'actrice Tina Aumont (auparavant croisée dans des films de Garrel ou Fellini). Surtout, 'Les Frères Pétard' reste l'occasion de retrouver l'inénarrable potentiel comique de Jacques Villeret – excellent lorsqu'il imite la grenouille cannabique – et le bagou popu-vintage d'un sympathique Gérard Lanvin en apprenti dealer.

Lucifer Rising
11/18

'Lucifer Rising' (1972) de Kenneth Anger

 

Alors, pour celui-ci, il va falloir s'accrocher ! Ou quand le LSD, l'occultisme et la sexualité se confondent. Inspiré du célèbre sataniste Aleister Crowley, 'Lucifer Rising' s'affirme comme une ode psychédélique à la gloire du diable. Eh ouais, rien que ça. Avec Anger en mage, Marianne Faithfull en Lilith, Bobby Beausoleil (pote notoire de Charles Manson, plus tard emprisonné pour meurtre) et des apparitions de Mick Jagger et Jimmy Page, 'Lucifer Rising' mêle égyptologie mythique, délires visuels et fascination sonore – au gré de deux bandes originales, respectivement composées par Jimmy Page et Bobby Beausoleil. Le tout en à peine une demi-heure. Comme quoi les plus gros trips ne sont pas forcément les plus longs...

Magical Mystery Tour
12/18

'Magical Mystery Tour' (1967) de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Ringo Starr et Bernard Knowles

 

Eh oui, voici donc les Beatles de 1967 et leurs yeux rougis par la weed (ainsi que par une forte myopie pour Lennon) ! Troisième film à mettre en scène les quatre garçons dans le vent après 'A Hard Day's Night' (1964) et 'Help' (1965), 'Magical Mystery Tour' est le premier scénarisé et en partie réalisé par le groupe de Liverpool, qui s'en donne à cœur joie entre récits de rêves, humour enfantin, dialogues sans queue ni tête et chansons sous psychotropes. D'ailleurs, le film a beau avoir pris un sérieux coup de vieux, il reste l'unique occasion de retrouver une version filmée du formidable 'I am the Walrus' de Lennon. Rien que pour ça, il vaut le détour. « Goo goo g'joob », quoi.

 

Reefer Madness
13/18

'Reefer Madness' (1936) de Louis J. Gasnier

 

Commandité par une église américaine au milieu des années 1930, afin de dénoncer les ravages dus au cannabis, 'Refeer Madness' (qu'on pourrait traduire par « la folie du joint ») se trouve également sous le titre "Tell your Children". Et en effet, le film se complaît à lister les méfaits du cannabis, montrant que celui-ci peut conduire au meurtre, au viol ou à l'aliénation mentale. Caricatural jusqu'à en être hilarant, le film devint célèbre au cours des années 1970 comme l'exemple-type de la méconnaissance des drogues douces par les pouvoirs publics et l'ordre dominant.

Smiley Face
14/18

'Smiley Face' (2007) de Gregg Araki

 

Juste avant 'Kaboom' (qui fut son plus grand succès en 2010), l'Américain Gregg Araki réalisait cette comédie fumeuse, où une actrice ratée, après avoir ingéré les space cakes de son colocataire, se retrouve complètement défoncée au beau milieu d'intrigues plus ou moins tirées par les cheveux. Evidemment, le film n'est pas un chef-d'œuvre et ne soutient pas longtemps la comparaison face à 'El Topo' ou 'Easy Rider'. Pourtant, il ne manquera pas de bien faire marrer l'amicale de la marijuana, qui risque de largement se retrouver dans l'attitude décalée, paresseuse et fumiste de son héroïne, interprétée par la grimaçante Anna Faris.

The Big Lebowski
15/18

'The Big Lebowski' (1998) de Joel et Ethan Coen

 

Bien sûr, impossible d'échapper au Dude des frères Coen dans un top des films de stoners ! Interprété par Jeff Bridges, Lebowski est un peu le cousin vieillissant de tous les fumeurs de spliffs du monde... Amateur de fumette dans la baignoire et de bowling, passant son temps à traîner avec deux comparses vaguement cinglés (John Goodman et Steve Buscemi), le Dude n'aspire qu'à la tranquillité, mais se retrouve malencontreusement pris dans un mystérieux imbroglio mafieux. Un personnage qui mériterait bien le titre de Grande arche de la défonce...

The Party
16/18

'The Party' (1968) de Blake Edwards

 

Voici sans doute l'un des meilleurs films de Blake Edwards (célèbre pour sa série des 'Panthères roses') et l'un des rôles les plus hilarants de Peter Sellers (avec, bien sûr, celui du 'Docteur Folamour' de Stanley Kubrick). Monument d'humour absurde et de slapstick, 'The Party' suit le déroulement d'une soirée hollywoodienne qui part totalement en sucette du fait d'un acteur – Sellers, donc – invité par mégarde et cumulant les gaffes. Rempli de burlesque et de dérision, le film s'ancre aussi discrètement dans une atmosphère hippie,  jusqu'à son final délirant et qui évoque immanquablement une certaine forme d'hilarité cannabique.

Up in Smoke
17/18

'Up in Smoke' (1978) de Lou Adler

 

Pères spirituels des contemporains Harold et Kumar, les deux héros de 'Up in Smoke', Cheech Marin et Tommy Chong (également scénaristes du film), furent l'un des premiers grands duos de fumeurs de pétards à l'écran. Renommé 'Faut trouver le joint' (encore un titre bien nul) en français, ce long-métrage de 1978 se trouve constitué d'une série d'aventures délirantes, où il est même question d'un van... entièrement constitué de marijuana ! Comme quoi, il y en avait de la bonne à l'époque.

Zabriskie Point
18/18

'Zabriskie Point' (1970) de Michelangelo Antonioni

 

Fuyant vers le désert pour échapper aux forces de l’ordre, craignant d’être accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, Mark (Mark Frechette), un étudiant contestataire, croise sur sa route une jeune femme, Daria (Daria Halprin), elle aussi en fuite après avoir quitté son travail. Ils traceront la route ensemble et, dans l’une des scènes les plus fameuses du film, feront l’amour au beau milieu du désert. A la fois politique et introspectif, naïf et distancié, psychédélique et contemplatif, ‘Zabriskie Point’ a une place à part dans l’œuvre d’Antonioni - dont il constitue probablement le long-métrage le plus accessible, servi par la musique de Pink Floyd et du guitariste du Grateful Dead, Jerry Garcia.

Avertissement : Est-il besoin de rappeler ici que fumer est fortement déconseillé, surtout lorsqu’il s’agit de stupéfiants ? D’autant qu’en France, la loi interdit, comme chacun sait, toute présentation favorable de ce type de substance. Il va donc sans dire que cette humble sélection de films n’est en aucun cas une invitation à la consommation – bien au contraire. Seulement, s’il vous est arrivé, par mégarde, de renifler d’un peu trop près l’étrange cigarette d’un bassiste de reggae croisé dans le 18e arrondissement (au hasard, hein), vous pourrez au moins vous rabattre sur ces 18 films. Qui, sans doute, vous serviront surtout à vous donner une lointaine idée, grâce au cinéma, des dangereux effets de ces substances illicites. Alors, toujours prêt pour quelques bad trips cinématographiques ?

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Commentaires

1 comments
Aiwass S
Aiwass S

L'image que vous avez choisi pour illustrer Lucifer Rising provient en réalité de Inauguration Of The Pleasure Dome (qui me parait d'ailleurs bien plus approprié pour votre sélection). Tant que j'y suis, je me sens obligé de faire remarquer que non Mick Jagger ne joue pas dans Lucifer Rising (il apparait brièvement dans Invocation Of My Demon Brother) par contre son frère Chris oui. Jimmy Page non plus n'apparait pas, il a seulement composé la 1ère version de la BO qui n'a pas été utilisé par Anger (donc la BO utilisé dans le film est uniquement signé Bobby beausoleil).