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Les 10 pires fantômes de Paris

Les 10 pires fantômes de Paris
© DR

Evitez de les croiser dans une ruelle sombre le soir...

L'automne approche et avec lui surgit le spectre d'une nouvelle célébration d'un Halloween de camelote. Pourtant, au milieu des devantures moches des magasins et des gamins en train de vous réclamer « des bonbons ou des coups de bâton », Paris cache au sein de ses immeubles écaillés et de ses ruelles tortueuses quelques secrets réellement flippants. Une ville aussi ancienne a tout pour être hantée par son passé, mais Paris est carrément envahie par les fantômes de son histoire sanglante. La lâcheté nous empêchait d'enquêter les années passées, mais cette fois-ci nous avons pris notre courage à deux mains pour vérifier leur existence. Lisez notre compte à rebours des dix fantômes les plus sinistres de la cité de la peur.

1. L'Homme rouge

La célèbre Catherine de Médicis avait bien des ennemis – tellement qu’elle convoquait périodiquement son homme de main Jean l’écorcheur pour qu’il en châtie quelques-uns. Inquiète que ce même Jean finisse par en savoir trop sur ses intrigues, elle le fit ensuite égorger non loin du Palais des Tuileries (belle ironie). Très vite, les aristocrates du Palais signalèrent la présence d’un homme vêtu d’un costume rouge sang errant dans les jardins. Mauvais signe ! Cela augurait généralement de l’arrivée prochaine d’une mort violente – il paraît même que Marie-Antoinette aurait vu l’écorcheur juste avant de perdre la tête. En revanche, Napoléon semble s’être bien accommodé du fantôme, qui lui prédisait l’issue des batailles à venir.

 

 

Palais des Tuileries
© DR

 

 

 

 

 

 

2. Gérard de Nerval

Ce poète romantique français est bien connu pour ses récits de voyages en Orient, sa petite folie excentrique de s’être baladé un jour dans les rues de Paris avec un homard au bout d’une laisse, et enfin son suicide par pendaison dans un coin sombre du 4e arrondissement de Paris, sur l’emplacement de l’actuel Théâtre de la Ville. Hanté dans la vie par ses démons, le poète fait subir le même sort aux spectateurs du théâtre : nombre d’entre eux prétendent avoir vu sa silhouette surgir sur scène dans le but de déconcentrer les acteurs. Pas de trace du homard, qui semble avoir rejoint l’au-delà plus tranquillement.

 

 

Gérard de Nerval par Nadar.
© Nadar

 

 

 

 

 

 

3. La Femme du Résistant

De tous les contes tragiques de trahison et de sacrifice qui ont parcouru l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, l’un d’entre eux s'inscrit dans le domaine du surnaturel. La légende raconte que sous l’Occupation, une Parisienne jongla avec un amant nazi et un mari résistant, utilisant cette position pour livrer les informations du premier au second. Une nuit d’hiver, alors qu’elle attendait son mari sur le Pont Marie et qu’il ne venait pas, elle mourut de froid sur place. On prétend désormais que son fantôme se tient toujours sur le pont en sanglots.

© Yves Gairaud

 

4. Isauré de Montsouris

La sombre histoire de ce parc pourtant idéal pour pique-niquer est un savant mélange de fiction et de réalité. Le nom d’une rue proche, de la Tombe Issoire, fait écho à une légende durable : celle du terrible brigand Isauré de Montsouris, qui résida ici au IXe siècle, terrorisant les voyageurs de passage. Après avoir été décapité par Guillaume d’Aquitaine, le reste de son corps continua à vivre sous une forme spectrale, et on l’a souvent surpris à traîner du côté du palais du Bardo. Les sceptiques peuvent se moquer, mais un dernier rebondissement dans l’histoire les fera réfléchir : en 1991, ce palais fut vendu au gouvernement afin d’être restauré, mais il partit mystérieusement en fumée avant que les travaux ne commencent.

 

Photochrome, daté de 1899, montrant une vue partielle de Bit El-Bacha, la première salle du trône du palais du Bardo.
© DR

 

 

5. Albert le Grand

Théologien, alchimiste, parfois nécromancien et passionné de mystique, l’érudit médiéval Albert le Grand portait bien son nom si l’on en croit les nombreuses disciplines où il excellait. Son héritage est triple : son influence sur son élève Thomas d’Aquin (qui le trouvait un peu bizarre), son manuel du sorcier Petit Albert, et sa présence persistante dans sa propre rue Maître Albert, dans l’ombre de Notre-Dame. Il peut arriver aux visiteurs nocturnes de rencontrer le grand maître dans son costume de magicien. Les sceptiques choisiront quant à eux de trinquer à sa mémoire dans le restaurant gastronomique qui porte son nom.

 

Albert le Grand.
© BNF

 

 

 

 

6. Le Gitan

Au numéro 1bis de la petite rue de Bièvre – par ailleurs toute proche de la rue Maître Albert –, se tenait autrefois un minable bouge pour poivrots. Le patron du bar reçut un jour la visite d’un gitan louche qui insista pour lui lire l’avenir. Réticent, le patron refusait à chaque fois, jusqu’à ce que ses animaux domestiques et ses proches meurent tous dans d’étranges circonstances. Peu après, sa femme rencontra le gitan et ne fut plus jamais aperçue. Sidéré, et même terrifié, l’homme ferma boutique. L’année suivante, les nazis rasèrent l’immeuble. Les promoteurs évitèrent ensuite de construire sur le site maudit, et le terrain vague, envahi par les mauvaises herbes, peut toujours être épié à travers les barreaux d’une porte qui ne s’ouvre jamais.

 

Simon Vouet, 'La Bonne Aventure' (musée des Beaux Arts du Canada)
© Simon Vouet

 

 

 

 

7. Les Mains du Diable

Pendant la construction de Notre-Dame, on missionna un jeune artisan ambitieux du nom de Biscornet pour réaliser les ornements en fer de deux portes de la cathédrale. Biscornet se mit à la tâche avec zèle, mais réalisa vite qu’elle était trop difficile pour être accomplie par lui seul. Il passa alors un pacte faustien en demandant au diable de l’aider à achever son chef-d’œuvre. Une fois les travaux terminés, des pèlerins à travers tout le pays affluèrent à Paris pour admirer le remarquable artisanat du diable au cœur même de la nouvelle maison de Dieu. N’oubliez pas que dans « enfer », il y a « fer ».

© Dmitry Brizhatyuk

 

8. Le Barbier démoniaque

Il est étonnant que Sweeney Todd ait échappé aux soupçons si longtemps, étant donné qu’un barbier parisien avait commis le même crime cinq cents ans plus tôt. Au XIVe siècle, le barbier démoniaque de la rue Chanoinesse put se soustraire à la justice pendant des années avant que la police ne reniflât l’odeur du crime – ou plutôt de la chair en décomposition. Comme son imitateur anglais, le barbier a fait l’erreur fatale de se débarrasser des chairs en les donnant à un boucher du coin, dont la viande au goût étrange sema le doute chez ses clients. Promenez-vous du côté du 20 de la rue aujourd’hui, et avec un peu de chance vous entendrez les faibles cris des fantômes du passé. 

© Richard Li

 

9. Le Fantôme de l'Opéra

Bien avant son adaptation un peu spéciale au cinéma de Brian de Palma, le Fantôme de l’Opéra fut immortalisé dans un roman du même nom par Gaston Leroux, qui puisa son inspiration dans les histoires qu’il entendit à propos de curieuses allées et venues derrière les fondations de l’Opéra Garnier. Mais alors que le livre présente un vaste lac souterrain entouré d’un labyrinthe de tunnels, la réalité est plus prosaïque : l’opéra a été construit sur un réservoir artificiel créé après plusieurs tentatives pour assécher le site. Le fantôme de l’eau périt.

© Bruno Passigatti

 

10. L'Homme vêtu d'un manteau noir

Lors d’une chaude soirée de 1925, alors que Jean Romier lisait tranquillement au Jardin du Luxembourg, un homme distingué vêtu d’un grand manteau noir s’approcha de lui et l’invita à un concert de musique de chambre chez lui. Intrigué, Romier suivit l’homme jusqu’à son appartement de la rue de Vaugirard, où il assista à une vive soirée de musique et de poésie. Sur le chemin du retour, Romier réalisa qu’il avait oublié son briquet chez son hôte. Il fit demi-tour et frappa à la porte, en vain. Un passant lui apprit que l’appartement était inoccupé depuis le décès de son ancien occupant, un musicien, vingt ans plus tôt. Depuis cette date, nombreux sont ceux – y compris à Time Out Paris – qui ont reçu la même invitation par le même homme distingué dans l’enceinte du parc. Peu ont osé s’y aventurer.

© Elena Dijour

Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à consulter notre dossier spécial Halloween. 

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