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Minuit à Paris : rencontre avec le groupe de Simone Ringer et Raoul Chichin

Minuit à Paris : rencontre avec le groupe de Simone Ringer et Raoul Chichin
Arnaud Giacomini

Simone Ringer, Raoul Chichin, Tanguy Truhé, Klem Aubert et Joseph Delmas sont enfoncés dans les épais fauteuils du label Because Music dans le 9e. Emmitouflés dans leurs manteaux, ils ont à peine dormi. Après la Release Party au Badaboum la veille, ils se reposent aussi d'un été passé sur les routes. Ils ont sillonné l'Hexagone, été accueillis dans les meilleurs festivals dont le Printemps de Bourges ou le Fnac Live à Paris. Avec leur titre "Flash", ils offrent une couleur disco funk à la nouvelle scène française. Ceux qui avaient tout à prouver semblent avoir déjà gagné une belle crédibilité. Rencontre vitaminée avec cinq jeunes plus vraiment ados, mais résolument dans le vent. Leur EP sort cette semaine et c'est un joli coup de grâce dans le jour un peu grisonnant : c'est Minuit à Paris.

 

Enfin revenus à Paris ! Alors cette tournée à travers la France ?

Simone : Les gens nous ont enfin découverts, et ça c’était top. On a senti que ça prenait, le public était réceptif et même attentif, c’est tout ce qu’on demandait !

Joseph : Un peu de trac au début, mais on a été constamment bien accueillis, rencontres musicales et un nouveau public à chaque fois. Top.

Vous nous faites danser avec "Flash" ou "Sur les berges", souhaitez-vous faire revivre une belle époque de fête, celle des années 1980, ou créer votre propre sauce ?

Joseph : Tout le monde a ses propres références, tous les cinq, on n'a pas les mêmes. Évidemment, on nous relie aux années 1980, alors qu’elles partent surtout des années 1960.

Simone : Il n’y a pas de réflexion ultra-consciente derrière notre style, on est surtout dans un ressenti. On se trouve petit à petit, on se fait surtout confiance. Nous avons notre patte à nous, chacun une personnalité. Il n’y a pas une volonté de style, mais avant tout, on veut créer une musique qui sonne.

Tanguy : Dès le début, on avait beaucoup de morceaux. Tous ne sont pas sur l'EP. Il a fallu en sélectionner quelques-uns. Donc même notre EP n’est peut-être pas à l’image de ce que l’on fait… Tout se transforme !

Comment travaillez-vous à cinq ?

Tanguy (avec un petit sourire) : On s’engueule tout le temps, c’est la merde.

Joseph : On a fait deux séances de travail ensemble, maintenant on s’envoie tout par Internet, on peut plus se voir…

Raoul : On se divise le boulot en ateliers... Ateliers couture... Chant...

Simone : Pour être plus sérieux, chacun amène sa petite base, son idée. On communique beaucoup, on s’envoie les morceaux, on bosse à trois, à deux ou tout seul.

Tanguy : Nous n’avons pas de local à nous. La structure est complexe pour que l’on travaille vraiment tous ensemble. Le travail se fait sur ordinateur, de chez nous.

 

 

Tous potes à la base ?

Tanguy : Raoul guitariste et Joseph aussi guitariste se « partageaient » le Bus Palladium avec leur groupe respectif, ils se sont fréquentés jusqu’à vouloir faire leur propre musique ensemble. Dans le Sud, ils ont rencontré Klem, et ce dernier était tellement sur le coup qu’il s’est trouvé un appart sur Paris. Et il fallait un chanteur… Ou une chanteuse. Raoul a proposé sa sœur Simone.

Raoul : Simone avait demandé des riffs de guitare, pour qu’elle puisse chanter, un peu comme ça. On lui avait envoyé un morceau…

Joseph : On avait évoqué plein de noms avant elle. Tu avais proposé ta sœur mais c’était pas évident, elle étudiait le graphisme à Bruxelles. On n’y croyait pas vraiment. On avait dû lui en parler sur Skype !

Tanguy : Après quelques répétitions chez Raoul et un bien beau concert au Point Ephémère. C'était plein à craquer, des gens essayaient de voir le concert des toilettes !

Simone : Heureusement, c'était un vrai succès, on avait joué aux côtés d’autres groupes, c’était un peu le test. Si on était bien sur la scène du Point, on serait bien aussi par la suite !

Minuit, ça s’écoute, ça se danse, ça se voit…

Simone : Je suis graphiste, donc le travail visuel influe évidemment sur notre création musicale. Notre groupe me permet de dessiner, de penser des clips. Quand on a composé "Flash", je voyais quelque chose d’abstrait, mystérieux. Pour "Sur les berges", l’approche était beaucoup plus joyeuse. "Recule" est le résultat d’un travail pour mon école. Je faisais des autoportraits, j’avais les cheveux rouges et des yeux jaunes. C'était plutôt intense comme expérience ! Parfois je peux relire des phrases dans mon cahier, tirer le fil de ce que j'ai noté jusqu’à une chanson. Pour Minuit, on construit tout : on trouve des mélodies, des vidéos, des fringues, ça brasse énormément de choses !

Klem : Ce qui est intéressant dans chaque groupe de rock, ou de musique en général, c’est que tout fonctionne comme une micro-société. Chacun travaille avec l’autre, son talent, chaque tempérament… On a trouvé un équilibre à cinq et on n’a pas l’intention de rajouter des membres.

 

Même si une certaine mélancolie émane de votre musique, vous n'êtes pas nostalgiques pour un sou. Vous tirez votre épingle du jeu, alors qu'il semble de plus en plus difficile pour les artistes de se faire une vraie place.

Simone: L'accès à la culture aujourd'hui est vraiment intéressant. Il y a du choix, cela permet la création. Dès qu'on aime une chanson, un film, un blog, tout peut atterrir entre tes mains, facilement. C'est foisonnant !

Raoul : Peut-être que l'on ne joue plus de bout en bout comme auparavant, il est clair que notre manière de bosser a changé. Lorsque l'on écoute les titres de Michael Jackson, il y avait un autre savoir-faire, on enregistrait de bout en bout, c'est beaucoup plus rare.

Joseph : Chaque époque a son charme, mais il n'y a pas d'âge d'or. Tout se vaut, il y a évidemment des choses que l'on perd... Mais tout se récupère !

Klem : On est dans une époque où tout fusionne entre tout. Cette espèce de pensée un peu nostalgique d'une certaine époque, où c'était peut-être plus facile, est certainement inutile. On se sent plutôt heureux de travailler comme on le fait, nous sommes heureux.

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