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La Villa Savoye
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Les 10 plus beaux bijoux de l’architecture moderne de Paris et sa banlieue

Du Corbusier à Auguste Perret, bienvenue dans le Grand Paris moderne !

Zoé Terouinard
Écrit par
Zoé Terouinard
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Quand on vous dit “architecture moderne”, vous pensez villas immaculées perchées en haut des collines d’Hollywood ? Eh bien détrompez-vous, parce que le modernisme est bel et bien de chez nous, et certains de ses plus beaux symboles se trouvent même à quelques stations de métro de chez vous. Née à la fin du XIXe siècle en réponse à la forte industrialisation de l’Europe, l’architecture moderne s’appuie sur des principes très stricts, énoncés par Le Corbusier dans ses “cinq points d’une architecture nouvelle” dans les années 20. Pilotis, toit-terrasse, plan libre, fenêtre en bandeau et façade libre ont ainsi contribué à façonner le paysage urbain jusqu’au début des années 1970. Et pour découvrir les plus beaux spots modernistes du Grand Paris, on vous a préparé un top… en béton.

Les 10 plus beaux bijoux de l’architecture moderne du Grand Paris

L’immeuble du 25 bis rue Franklin - Paris, 16e

A cette adresse se dresse un immeuble des frères Auguste et Gustave Perret, construit en 1904 et l’un des premiers à être édifiés avec un cadre en béton. Un peu de contexte : au début du XXe siècle, l’utilisation du béton armé est exclusivement réservée aux fondations, aux planchers et aux escaliers. Alors, quand, en 1903, le père Perret confie à ses fils un projet d’immeuble d’habitations, le premier réflexe des frangins est de penser à une structure métallique (la parcelle désignée étant trop étroite pour une construction traditionnelle en maçonnerie). Trop coûteuse, cette idée est vite balayée par celle, lumineuse, d’utiliser du béton armé, bien plus économique et résistant au feu – qu’Auguste et Gustave ont déjà expérimenté au casino de Saint-Malo. La structure, révolutionnaire, libère le plan d’architecte des murs porteurs, créant les fameux espaces aérés souvent associés au modernisme. 

25 bis rue Benjamin-Franklin, Paris 16e.

La Fondation Le Corbusier - Maison La Roche - Paris, 16e

Au cœur du square du Docteur-Blanche se cache la Fondation Le Corbusier, agencée en deux villas dessinées par l’architecte et son cousin Pierre Jeanneret entre 1923 et 1925. Aujourd’hui considérée comme l’un des exemples les plus fameux de l’architecture moderne française, la Maison La Roche est surtout le premier édifice à respecter les cinq points de l’architecture nouvelle du Corbusier. Si les deux cousins ont d’abord envisagé de construire un grand ensemble architectural, ils se sont finalement décidés pour deux demeures distinctes : la Maison Jeanneret (qu'occupera Albert Jeanneret, le frère du Corbusier, son épouse Lotti et leurs deux filles) et la Maison La Roche destinée à un célibataire propriétaire d’une collection de peintures (c’est précis). L’intérieur dit tout de la maîtrise du Corbusier des points de vue multiples, de la fluidité qu’il crée entre les espaces, et de sa surprenante utilisation des couleurs. Du grand Corbu.

8-10 square du Docteur-Blanche, Paris 16e.

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Six œuvres-maisons cubistes de Robert Mallet-Stevens - Paris, 16e

Dans le très chic quartier d’Auteuil, à deux enjambées de la Maison La Roche, se trouve l’impasse Robert-Mallet-Stevens où cohabitent sur 77 mètres de long cinq hôtels particuliers et une maison de gardien signés… Robert Mallet-Stevens ! Le lotissement, commandité par l’homme d’affaires Daniel Dreyfus dans les années 1920, s’inspire des villas parisiennes et alterne façades lisses, volumes cubiques et cylindriques en béton armé percé de larges baies vitrées et toits-terrasses disposés en gradin. Robert Mallet-Stevens est certainement l’architecte ayant le mieux combiné l’élégance de l’Art déco et la rigueur du modernisme, saupoudrant le tout d’un peu de Bauhaus. Un architecte ultra-référencé qui a tout de même su s’entourer de p’tits génies prometteurs pour ces œuvres-maisons : le maître verrier Louis Barillet, le ferronnier Jean Prouvé et la designer Charlotte Perriand. Rien que ça. 

Impasse Robert-Mallet-Stevens, Paris 16e.

  • Sites et monuments

Égérie absolue de l’architecture d’avant-garde, ce chef-d’œuvre imaginé par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret (toujours eux) en 1931 fut construit sur pilotis pour faciliter le stationnement des véhicules du couple Savoye, dont le patriarche a fait fortune dans le courtage d’assurances. Pour ce projet, les deux compères imaginent une “boîte en l’air” installée dans un cadre bucolique, entre prairies verdoyantes et vergers dominant la vallée de la Seine. L’ouvrage, illustrant une nouvelle fois la théorie des cinq points de l'architecture moderne, est la dernière des “villas puristes” (soit les maisons blanches) du duo Le Corbusier-Jeanneret. Si les plans sont parfaits, la construction, elle, n’est pas de tout repos : fuites d’eau, menace de destruction en vue d’agrandir l’ancienne firme automobile Simca, début de la Seconde Guerre mondiale (chaud)… A deux doigts de disparaître, la demeure a finalement traversé le temps sans jamais perdre de sa splendeur, au point de figurer au patrimoine mondial de l’Unesco.

82 rue de Villiers, 78300 Poissy.

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Immeuble “Le Paquebot” - Paris, 15e

Habitué des gros bateaux, l’architecte et décorateur Pierre Patout (1879-1965) s’attaque à l’immobilier en 1934 avec son premier ensemble de logements de luxe installé sur le boulevard Brune, surnommé “le Paquebot”. Placé sur une parcelle étroite, ce navire effilé emprunte tous les codes de l’architecture navale, des balcons-coursives aux duplex des derniers étages rappelant les cheminées transatlantiques en passant par la couleur claire de la pierre et la présence de fenêtres-hublots. L’ensemble comprend 70 appartements, mêlant duplex, studios et un seul triplex, situé à la proue de l’immeuble, que l’architecte s’est modestement attribué, à la manière d’un capitaine de navire. Entre architecture moderne radicale et touches Art déco (notamment à l’entrée, où les ferronneries réalisées par Raymond Subes cohabitent avec un bas-relief sculpté par Alfred Janniot), le style de Patout est un des meilleurs exemples parisiens de la modernité classique. C’est sans doute pour ça que l’immeuble fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1986.

148 Rue de Picpus 146, Paris 15e.

Maison Louis Carré - Bazoches-sur-Guyonne (78)

En 1956, le galeriste et collectionneur français Louis Carré achète une “petite” (quatre hectares tout de même) parcelle proche de la maison de son ami Jean Monnet, considéré aujourd’hui comme l’un des fondateurs de l’Union européenne. Si l’esthète est particulièrement fan (et ami) du Corbusier, comme nombre de ses contemporains, il se tourne cependant vers un architecte moins connu en France : le Finlandais Alvar Aalto. Son style, moins radical que celui du fada, correspond parfaitement à la vision de Carré, qui souhaite une maison aux volumes suffisamment grands pour accueillir sa collection d’art XXL et une toiture d’ardoise, comme celles de sa Bretagne natale. Un cahier des charges plutôt léger. A l’extérieur, pas de doute : il s’agit bien d’une villa moderne, réalisée en parpaings habillés de brique, pierre calcaire et (surprise) béton. Mais à l’intérieur, l’esprit scandinave s’exprime à travers le bois, matériau préféré d’Aalto, en bon Nordiste. Classée depuis 1996, elle est ouverte au public depuis 2007 et conserve dans son intégralité le mobilier d’origine. A mi-chemin entre modernisme et architecture nordique, c’est la maison qui fait rêver tous les fous d’archi – encore aujourd’hui.

2 chemin du Saint-Sacrement, 78490 Bazoches-sur-Guyonne.

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La Cité Garnier - Paris, 15e

En 1936, les éditeurs et imprimeurs Garnier demandent à Léon-Joseph Madeline de créer une nouvelle cité rue de Vaugirard. L’architecte accepte le projet, mais décide d’y mettre sa touche en créant un ensemble quasi dénué de béton, alors que son usage est souvent synonyme de modernisme. Les façades en brique pleine et le revêtement constitué d'un mélange de carreaux cassés et de grès cérame détonnent clairement dans le paysage gris constitué par ses potes modernistes. Le programme comporte une tranche de trois bâtiments accolés, une arche centrale et ses deux ailes. Pas bien grand pour une cité, direz-vous… Ben oui, seule la première tranche fut réalisée pour cause de… Seconde Guerre mondiale. OK, excuse acceptée.

131, rue de Vaugirard, Paris 15e.

La Villa Seurat - Paris, 14e

Toute petite impasse du 14e, la Villa Seurat était le squat des “Montparnos”, ces artistes de la bohème du sud de la capitale. Henry Miller, Chaïm Soutine, Antonin Artaud… Imaginez un peu la fête des voisins ! Si les maisons-ateliers ont quasi toutes été conçues par l’architecte André Lurçat (1894-1970), au 7 bis se trouve l’atelier de la sculptrice Chana Orloff, un écrin de lumière signé Auguste Perret. Saccagé lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’, il a aujourd’hui retrouvé sa splendeur d'antan. L’ensemble est composé d’un atelier sur rue, d’une zone de travail, d’une mezzanine et d’un appart. L’atmosphère créative et chaleureuse a été parfaitement conservée, entre portraits sculptés inachevés et esquisses et photographies éparpillées, et la villa est aujourd’hui inscrite aux monuments historiques. 

101, rue de la Tombe-Issoire, Paris 14e.

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L’hôtel Novotel Paris Tour Eiffel - Paris, 15e

Un bout de New York se cache sur le Front de Seine, dans le 15e arrondissement. Non, on ne parle pas de la statue de la Liberté de l’île aux Cygnes, située à deux pas, mais bien de l’immense gratte-ciel rouge du quai de Grenelle (ici à droite de la photo). Abritant l’hôtel Novotel, cet édifice dessiné en 1976 par les architectes Julien Penven et Jean-Claude le Bail culmine à 100 mètres et dispose de 31 étages sur lesquels se déploient 764 chambres. Sa façade aluminium rouge répète à l’infini (enfin, 1 068 fois) un motif de fenêtres en forme d’écran de télévision vintage, formes arrondies que l’on retrouve dans le mobilier d’origine signé Pierre Paulin. Un peu notre Trump Tower à nous.

61 quai de Grenelle, Paris 15e.

Institut de biologie physico-chimique - Paris, 5e

Un peu de couleurs dans ce dossier ?! Non, ce n’est pas une erreur, promis. Dans un paysage moderne fait de béton et de pierres blanches, l’architecte Germain Debré (1890-1948) a préféré la brique rouge aux matériaux froids. Pour son Institut de biologie physico-chimique construit en 1930, il compense l’usage d’un matériau de façade étonnant avec une multitude de références modernes. C’est simple : tout y est. Les grandes verrières, les fenêtres d’angles, les arêtes vives horizontales et verticales, le toit-terrasse… Oui, Debré est tout aussi moderne que ses copains. 

13 rue Pierre-et-Marie-Curie, Paris 5e.

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