La Réunification des deux Corées

Théâtre
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La Réunification des deux Corées
© Elisabeth Carecchio

Non, ne vous méprenez pas, il n'est question ici ni de guerre ni de politique. Car comme son nom ne l'indique pas, 'La Réunification des deux Corées' parle d'amour.

Après ‘Cendrillon’, le très populaire Joël Pommerat réinvestit la scène modulable des Ateliers Berthier avec un thème immémorial décliné en vingt petites saynètes. Des fragments de vie anodins et singuliers de couples ordinaires mis bout à bout et en scène dans un couloir très légèrement éclairé. Un espace bi-frontal – non, vous n’êtes pas devant un  miroir – dans lequel le metteur en scène organise une sorte de va-et-vient de personnages.

Des séquences souvent très courtes à la fois drôles et ironiques, tristes et cruelles. Ruptures, trahisons, retrouvailles, divorces et déclaration d’amour, 'La Réunification des deux Corées' est à la scène ce que les ‘Fragments du discours amoureux’ de Barthes sont à la pensée. Une encyclopédie de situations amoureuses chorégraphiées presque comme un ballet : une femme de ménage veut retrouver son ex-mari, puis c’est au tour d’une autre d’avouer son envie de divorcer, enfin il y a celle qui aime le futur mari de sa sœur... Un tourbillon d’histoires racontées dans un clair-obscur cher à Pommerat par une batterie de comédiens tous excellents. Alors bien sûr, le spectacle est beau, intime et racé, et même si la poésie visuelle du metteur en scène fonctionne toujours, elle ne surprend plus. 'La Réunification des deux Corées' n’a pas la grâce de ‘Cendrillon’, ni la force tranquille de ‘Ma chambre froide’, mais reste tout de même un très beau moment de théâtre. Peut-être même un spectacle unique, en tout cas pour ceux qui ne connaissent pas déjà les « trucs » de Joël Pommerat.  

Par Elsa Pereira

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