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Que voir au Nouveau festival ?

Des spectacles vivants jusqu'au lundi 10 mars

Heavens what I have done / © Ian Gouglas

On n'entend peu parler de lui et pourtant, le Nouveau festival, créé il y a cinq ans par Alain Seban (président du Centre national d'art et de culture Georges Pompidou) continue de promouvoir avec talent et flair des expos, des spectacles, des films, etc. Des artistes détonants, des performances exigeantes et des expériences tout aussi inoubliables. Pour cette nouvelle édition, la direction artistique du Centre Pompidou a choisi d'élaborer sa programmation autour de plusieurs thématiques – l'oubli, le souvenir et la réminiscence – découpées côté spectacles vivants en trois focus. Place donc à Xavier Le Roy, Miguel Gutierrez et Ivo Dimchev, au théâtre, à la danse et à la musique.

Notre sélection

Giszelle

Pour ceux qui n’auraient pas l’habitude de traîner leurs guêtres du côté d’Opéra, sachez que la ‘Giselle’ d’Adolphe Adam représente dans l’histoire de la danse, la quintessence du ballet romantique. Un archétype déconstruit méthodiquement par les chorégraphes Xavier Le Roy et Eszter Salamon. Point de tutus dans cette version séquencée à laquelle on a ajouté un Z. Interprétée par Salka Ardal Rosengren, ‘Giszelle’ se découpe en deux parties. Une première qui décompose les mouvements à la manière du cinématographe et une seconde qui retrace les différentes étapes de création en jouant les propositions coupées au montage.

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Du jeudi 20 au vendredi 21 février

Heavens what I have done

Si vous cherchez un spectacle tranquille et sans encombre à voir sagement attentif dans son fauteuil, passez votre chemin. L’exubérant ‘Heavens what I have done’ n’a rien du show qui laisse le spectateur peinard dans son écrin carmin. Après avoir demandé à l’assistance d’enlever son manteau et déroulé son écharpe, Miguel Gutierrez invite généralement le public à venir s’installer près de lui, sur scène. Au plus près du performer new-yorkais. S’ensuivent alors cinquante minutes de digressions, de souvenirs divers, d’objets qui tombent, de faux cils et de mouvements de danse déséquilibrés et improbables. Improbable, oui c’est le mot.

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Du jeudi 27 au vendredi 28 février

Fest

‘Fest’ dérange, et ce n’est rien de le dire. Amateur d’un théâtre performatif radical et sans retenue, le Bulgare Ivo Dimchev signe avec ‘Fest’ un spectacle acerbe, tour à tour drôle et cru, froid et transgressif, description sans appel du monde du spectacle. Sur un plateau immaculé pourvu de chaises et d’une table, les rapports de domination vont se faire face et les « personnages » se donner la réplique. Intonation réduite à zéro, nudité redondante, texte ciselé : ‘Fest’ exige, décortique et balaye les normes. Mais suffit-il de plaquer sur scène une séquence de masturbation à trois doigts et une fellation au premier plan pour crisper une audience ? Faut voir.

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Du jeudi 6 au vendredi 7 mars
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L'art au Nouveau festival

Amnésie d'art contemporain au Nouveau Festival 2014

Beaubourg propose une exposition articulée autour de l'oubli, jusqu'au 10 mars L'oubli. C'est lui qui se doit de cimenter les œuvres réunies à l'occasion de ce cinquième (pas si) Nouveau Festival du Centre Pompidou. Une promesse difficile à tenir, même si dans l'ensemble, les propositions (photos, installations, vidéos, peinture, dessin...) que l'on côtoie dans l'étroit dédale de la Galerie Sud et de l'Espace 315 souffrent bien d'une forme d'amnésie, évoquant l'absence, le vide, l'effacement. Gommés, les visages des présidents du mont Rushmore tel que l'a imaginé Matthew Buckingham : lissé par la corrosion en l'an 502 002. Eclipsé, le soleil, dans une série de dessins réalisés par des astronomes au fil des siècles, et minutieusement retravaillés par Dario Robleto. Disparus, les biens spoliés par les nazis dans les inventaires de familles juives autrichiennes, repensés par Arno Gisinger. Envolé, le tableau de Vermeer dérobé au musée Gardner de Boston en 1990, laissant derrière lui un cadre vacant, que Sophie Calle a demandé à des observateurs de décrire. Pas de doute, l'oubli est bien là, palpable. Et ses trous de mémoire traversent bon nombre d'œuvres captivantes, au fil d'un parcours qui attire les foules (c'est le prix à payer pour la gratuité) et accueille des danseurs qui courent, sautillent et se désapent au beau milieu de tout ça. Mais la thématique, solennelle, ostentatoire, présage une unité et une harmonie qu'elle peine à consolider. Le sujet s'avère vaste, malléable

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