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Le Vol du Boli

  • Théâtre
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le Vol du Boli
© Thomas Amouroux
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Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Porté par un casting exceptionnel, cet opéra contemporain met un coup de projo sur l’histoire du continent africain et de ses relations avec l’Europe

L’affiche est partout dans Paris : une forme étrange et sombre, saupoudrée d’or, surplombée de trois noms de ténors de la création. Il y a d’abord Damon Albarn, chanteur et compositeur anglais incontournable (Blur, Gorillaz, The Good The Bad And The Queen) à qui le Théâtre du Châtelet a commandé le projet. A ses côtés, Abderrahmane Sissako, le réalisateur du chef-d’œuvre aux sept Césars Timbuktu. Au centre, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, bien connue du dramaturge et du compositeur (pour avoir chanté avec Gorillaz et joué dans Timbuktu)… Et forcément, sur scène, ça fait des étincelles. 

Cette forme au cœur de l’affiche, c’est le boli, objet sacré doté de nombreux pouvoirs que l’écrivain Michel Leiris dérobait en 1931 lors d’une mission ethnographique au Mali. Point de départ et fil rouge de cet opéra contemporain, le vol du fétiche vient faire éclater toute l’histoire du continent africain et de ses relations avec l’Europe. En une succession de tableaux, l’Afrique se chante, se danse et se raconte dans un élan vital loin de tout misérabilisme, dénonçant l’oppression sans jamais devenir larmoyant. Le tout porté par l’entraînante partition de Damon Albarn, qui, depuis son album Mali Music (2002), n’a jamais cessé d’enrichir sa fructueuse relation avec la musique africaine.

Il faut aller voir Le Vol du boli pour découvrir le véritable joyau que cache sa mystérieuse affiche. Ce joyau, ce sont les danseurs, force vive du projet assurant sa cohérence et son intensité. Dans ce melting-pot alliant danse contemporaine, danses traditionnelles et danses urbaines, le duo que forme Thierno Thioune et Fatou Diarra se distingue particulièrement, et on le ressent au moment des applaudissements. On regrette toutefois que certains éléments de la mise en scène, comme la vidéo (parfois de trop), le chœur des hommes (inégal) ou les couleurs criardes des jeux de lumière (un rien kitsch) viennent parfois affaiblir le propos. 

Écrit par
Alix Leridon

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De 10 à 89 €
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