Massacre

Théâtre, Drame
3 sur 5 étoiles
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© Vincent Pontet
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© Vincent Pontet
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© Vincent Pontet

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Attention les amis ! Nous nous efforçons d'être précis, mais la situation particulière nous oblige à quelques ajustements. Alors vérifiez que les événements sont bien confirmés avant de vous y rendre.

Dans la salle du Studio de la Comédie Française, un thriller se joue dans un huis clos d’une inquiétante étrangeté

Pour qui ? Les amateurs de films crimiers
Voir quoi ? Un huis-clos aussi beau qu’inquiétant 

Dans le salon d’un hôtel isolé, perdu dans une montagne tempétueuse, D et H boivent un dernier café avant d’aller se coucher. Semblant tout droit sorties d’une pub Gérard Darel, les deux femmes se fondent dans les cinquante nuances de beige qui habillent la pièce au décor minimaliste et leur corps tirés à quatre épingles. C’est ainsi que s’ouvre Massacre, c’est-à-dire très loin de l’horreur que semble suggérer son titre. Pourtant, dès les premières minutes de la pièce, une forte tension va prendre possession du huis-clos et tous les éléments qui pouvaient paraître lisses vont se teinter d’étrangeté.

D, propriétaire de cet hôtel dépeuplé, souhaite mettre la clé sous la porte mais H, sa dernière cliente, refuse de partir : ici, elle se sent bien. De cette dissonance né le malaise, palpable, qui s’installe entre ces deux femmes en quête de domination. Au fil des dialogues, anodins en apparences, ce malaise se transforme en suspense, et dans la salle du Studio de la Comédie Française, tout le monde semble retenir son souffle, voyant déjà venir le pire.

L’écriture de Lluïsa Cunillé, dramaturge incontournable en Espagne pourtant méconnue en France, prend à partie le spectateur, l’invitant à lire entre les lignes et à mener sa propre enquête, tout en l’emmenant constamment sur des fausses pistes. Grâce à une excellente gestion des silences, brillamment tenue par les actrices, le moindre micro-événement comme la perte d’un étui à lunette ou un pneu crevé semblent être les signes annonciateurs d’un drame à venir. Quand un homme aux faux airs de Jack Nicholson fait intrusion dans le salon, le suspense est à son comble. Pourtant, on ressort avec une légère frustration et plein de questions en tête. Si la tension est parfaitement maîtrisée et condensée pendant les 1h15 que dure la pièce, la fin peut laisser le spectateur sur sa faim. On en dit pas plus.

Par Alix Leridon

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