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Trois questions à Mustapha Aouar

Chef de gare au long cours

Comment vous est venue l'idée de Nous n'irons pas à Avignon ?

Chaque été depuis notre installation à Vitry-sur-Seine, je me désolais de voir notre grande halle vide. Pourquoi tout le monde irait s'entasser à Avignon, alors que nous avions ici de la place pour accueillir des artistes dans de bonnes conditions ? J'ai proposé à des compagnies avec lesquelles je travaillais de venir jouer ici en juillet. L'idée a rencontré un vif succès. A l'époque, certains artistes allaient très loin dans leur refus du système avignonnais : ils l'exprimaient avec virulence, aussi bien sur scène qu'en coulisses. D'autres étaient plus dans la recherche sereine d'une alternative.

En dis-sept ans, comment avez-vous vu évoluer Vitry-sur-Seine ?

On parle beaucoup du Grand Paris, qui est censé désenclaver les territoires les plus marginalisés d'Ile-de-France. Si les transformations du paysage urbain sont notables, les habitudes, elles, n'ont pas changé. Réunir des professionnels du théâtre à Vitry-sur-Seine relève du défi : dans le milieu culturel comme ailleurs, le périphérique est encore une frontière. L'art doit nous aider à réfléchir à ce phénomène et à faire évoluer les mentalités.

Vous développez pour cela de nombreuses actions hors les murs, aussi bien dans le cadre de Nous n'irons pas à Avignon que le reste de l'année.

L'art en espace public permet de replacer le citoyen au cœur du débat sur l'aménagement du territoire. La plupart des habitants de territoires défavorisés comme Vitry-sur-Seine vivent dans une trop grande précarité pour penser la transformation de leur ville. Préoccupés par leur travail, la scolarité de leurs enfants, les transports et toutes sortes de choses pratiques et quotidiennes, ils n'ont pas la capacité d'anticiper. D'imaginer ce que sera leur cadre de vie dans cinquante ans. C'est pourquoi nous organisons depuis plusieurs années des balades urbaines. Tout au long de la saison 2015-2016, neuf compagnies proposeront des itinéraires singuliers.

 > Lire notre article sur Nous n'irons pas à Avignon

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