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5 moments musicaux qui ont marqué l’histoire de la Fashion Week à Paris

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
Journaliste, Time Out Paris
We Love Art
© We Love Art
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La Fashion Week est de retour à Paris avec ses sabots (à plateformes) et ses grandiloquents défilés aux budgets illimités. Pour accompagner des scénographies qui ressemblent de plus en plus à des installations artistiques éphémères, les maisons de couture tricotent au fil des années de plus en plus finement leurs atmosphères musicales. On a sélectionné cinq moments musicaux qui ont marqué la Fashion Week de Paris ces dernières années, que ce soient des morceaux créés pour l’occasion ou des performances passées à la postérité.

FKA Twigs, Défilé Valentino printemps-été 2024

Sous la verrière des Beaux-Arts, la comète FKA Twigs a éclipsé le défilé Valentino. Après une première collab en 2020, Pier Paolo Piccioli, le designer de la maison italienne, a de nouveau invité l’artiste anglaise pour s’occuper de la bande-son de sa collection printemps-été 2024. Le résultat ? Flanquée de quatre danseuses, perchée sur un podium de white cubes, FKA Twigs déballe une performance magnétique tout en souplesse entre le ballet et le concert tandis que les mannequins défilent autour. Les morceaux joués, de plus en plus électroniques, sont annoncés comme des extraits du prochain album de FKA, produit avec son compatriote Koreless. FKA wins. 

Kendrick Lamar, Défilé Louis Vuitton, printemps-été 2023

Après la grande fresque orchestrale de Tyler, The Creator en janvier, au tour de Kendrick Lamar de s’occuper de la bande-son du défilé Louis Vuitton. En juin 2022, dans un ultime hommage de la marque pour Virgil Abloh dans la cour Carrée du Louvre, le roi de Compton lâche quatre sons extraits de son album Mr. Morale & The Big Steppers, sorti un mois avant. Ce qui fait surtout la diff de la séquence, c’est le script : inséré entre deux défilés très cinématographiques d’une fanfare américaine, Kendrick Lamar, coiffé de sa couronne d’épines, est nonchalamment assis au milieu des invités – avec comme par hasard Naomi Campbell à sa droite – donnant l’impression de lâcher un petit freestyle sur les marches de son lycée. Trop facile, trop messie, trop Kendrick.

La Femme, Défilé Céline, printemps-été 2019 

Pour sa première collection pour Céline, en septembre 2018, Hedi Slimane a confié le bouton de l’autoradio à Marlon Magné et Sacha Got de La Femme, qui avaient déjà collaboré avec Yves Saint Laurent trois ans plus tôt. Les musiciens lui ont concocté un morceau sur mesure (20 minutes), une grande épopée moroderienne héritière de I Feel Love avec la mannequin américaine Grace Hartzel dans le rôle de Donna Summer, le morceau s’aventurant vers la fin dans des contrées hi-NRG syncopées de toute beauté.

 

Planningtorock, Défilé Kenzo, automne-hiver 2021

Mars 2021 : dans le marasme confiné de la maladie au nom houblonné, Kenzo s’échappe dans une rave des années 1990. Façonné par Planningtorock, un des alias de Jam Rostron, artiste anglaise chérie de l’indé dansant depuis le mitan des années 2000, ce son, construit autour d’un sifflement rubalisé d’un gimmick acid décliné pendant dix minutes, chope l’oreille et surtout le corps de l’auditeur, donnant envie de se mettre à l’aise (déso pour les fringues du défilé) et de danser jusqu’à épuisement. Kenzo Fureur.

Lady Gaga, Défilé Alexander McQueen, printemps-été 2010

Cette bande-son est un point de bascule dans le rapprochement entre l’industrie musicale et la mode. Le 6 octobre 2009, le couturier anglais Alexander McQueen présente sa nouvelle collection à Paris avec un défilé retransmis en streaming à l’ambiance futuriste rythmé par de froids kicks électroniques, pas bien loin de l’after berlinois. Jusqu’au clou final, quand les baffles se mettent à cracher pour la première fois le titre « Bad Romance » de Lady Gaga – amie et muse de McQueen –, prélude de son album The Fame Monster. Le dernier show d’Alexander McQueen, qui se suicide quelques mois plus tard.

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