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A la Fondation Louis Vuitton, l’œuvre hallucinante de Yayoi Kusama !

Houssine Bouchama
Rédacteur en chef, Time Out Paris
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C’est définitivement l’une des installations de l’année. Celle qui faut avoir vu pour impressionner les collègues le lundi matin près de la machine à café. Et qui vous fera exploser votre foutu quota de likes sur Instagram (on ne vous juge pas, on vit l’époque qu’on vit hein). Bon, pour s’y rendre, il faut choper sa navette jusqu’à la Fondation Louis Vuitton, monter au dernier étage, et affronter une queue de trente mètres de long digne d’un vendredi soir devant un restaurant Big Mamma. Mais que la récompense est belle ! 

Car habitués à nous servir du cultissime et des expos blockbuster, la fondation Louis Vuitton a cette fois-ci invité la grande, que dis-je, l’immense Yayoi Kusama dans le cadre du cycle La collection de la Fondation. Le parti de la peinture (jusqu’au 26 août). Si vous ne la connaissez pas (on ne sait jamais, vous avez peut-être grandi dans une grotte dans le fin fond du Lot-et-Garonne), l’artiste aux cheveux orange est ni plus ni moins que l’une des plus célèbres artistes d’art contemporain au monde. Mais aussi l’une des plus talentueuses.

Des petits pois, des petits pois, encore des petits pois

Son œuvre ? Elle prend des formes légères, fantaisistes, presque ludiques. Mais ses installations oniriques, ses monochromes, ses autoportraits photo et ses vidéos sont tous nourris d’un même fatalisme déguisé en rêve carrollien. Et autant le dire : peu d’artistes nous invitent à pénétrer au plus profond de leur esprit comme le fait la Japonaise. 

A cette fantaisie névrosée s’ajoute un héritage hippie qui ne fait pas non plus dans la dentelle. Les performances de Kusama sentent la sueur, le sexe et le body paint. Pas de doute, nous sommes en plein dans l'Amérique pop et féministe d'Andy Warhol, de Donald Judd ou de Yoko Ono, dans laquelle la jeune artiste nippone, débarquée en 1958, cherche sa place.

© Yayoi Kusama / Courtesy Yayoi Kusama Studio, Ota Fine Arts, Tokyo / Singapore and Victoria Miro, London

Mais c’est surtout dans la répétition monomaniaque de formes que Kusama trouve la force de son expression. Elle qui vit depuis tout petite d’hallucinations répétées. Des sinuosités, des ronds, des pois, surtout des pois, qu’elle voudrait se voir répéter à l’infini. Au point qu’elle déclarera elle-même : "Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois".

En parlant de pois, revenons donc à la Fondation Louis Vuitton. La femme y a installé dans l’établissement l’une de ses œuvres les plus iconiques : la toute première Infinity Mirror Room. Imaginée et conçue en 1965 alors qu’elle crèche à New York, elle représente à elle seule tout l’ADN de l’œuvre de Kusama : des champignons hallucinogènes à pois rouges et des miroirs qui drapent toute la pièce. La suite ? Par un savant jeu de miroirs, notre reflet et celui des champi créent la sensation d’un infini. Le résultat est hallucinant, psychédélique et déjanté. 

Alors certes, il faut avoir la foi pour faire ladite queue. Surtout quand on sait que chaque personne n’a le droit qu’à une minute pour profiter du spectacle. Mais franchement, désolé pour l'expression : putain, putain... quelle claque !

Quoi ? La collection de la Fondation. Le parti de la peinture
Où ? La Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma-Gandhi, 16e
Quand ? Jusqu’au 26 août 2019

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