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Vous avez raté l’exposition Alexander Calder à la Fondation Louis Vuitton ? Pas de panique, la Galerie Hauser & Wirth prévoit une séance de rattrapage à l’automne pour tous les retardataires.

Après les « rêves en équilibre » de Calder à la Fondation Louis Vuitton, le sculpteur américain reprend l’air chez Hauser & Wirth. Du 19 octobre au 19 décembre, la galerie remonte le fil de ses années françaises avec Calder, François Ier, une exposition consacrée à ce moment où, dans la France rurale d’après-guerre, l’artiste quitte peu à peu les murs de l’atelier pour voir plus grand. Son nouveau terrain de jeu ? Le paysage lui-même, où mobiles et sculptures se mettent à découper le ciel.
Et François Ier dans tout ça ? Pas grand-chose, si ce n’est un joli coup du hasard. En 1953, les Calder suivent en France leurs amis André Masson – électron libre du surréalisme – et sa femme Rose. Ils partagent alors leur temps entre Aix-en-Provence, dans une maison sans eau ni électricité, et la vallée de la Loire, où ils viennent d’acquérir une propriété baptisée, très simplement, « François Premier ». C’est là que Calder change d’échelle : fini les maquettes, place au corps-à-corps avec la matière et aux sculptures pensées pour le grand air. Soixante-treize ans plus tard, Hauser & Wirth rejoue la scène depuis son hôtel particulier du 8e arrondissement. Adresse du rendez-vous : rue François-Ier. Le hasard fait décidément bien les choses, et l’exposition ne se prive pas d’en jouer.
Présentée quelques semaines seulement après le clap de fin de la grande rétrospective de la Fondation Louis Vuitton, cette exposition plus confidentielle joue les prolongations avec une poignée d’œuvres spectaculaires, petits miracles d’équilibre, d’instabilité et de légèreté – et surtout rarement sorties de leur réserve. D’un côté, Les Granettes (1953), que l’on n’avait plus vues depuis plus de soixante-dix ans. Ce grand mobile sur pied, pensé pour vivre dehors, déploie ses polygones rouges, blancs et noirs sur cinq mètres de large et plus de trois mètres de haut. De l’autre, The Putney Mobile (1954), présenté pour la première fois en Europe : un réseau de fils délicatement entrelacés, suspendu à plusieurs mètres du sol, comme si Calder avait réussi à donner une ossature à l’air.
À ces chefs-d’œuvre de gravité s’ajoute un ensemble d’encres, de gouaches, de paysages abstraits et de figures monochromes hachurées, réalisés pendant les années « François Ier ». Des œuvres plus discrètes qui racontent pourtant le même basculement : celui d’un Calder qui commence à penser ses sculptures non plus seulement comme des objets, mais à l’échelle du paysage et de l’architecture. Une parenthèse gratuite et complémentaire pour prolonger la découverte d’un artiste qui n’aura décidément jamais tenu en place.
Quand ? Du 19 octobre au 19 décembre 2026
Où ? Galerie Hauser and Wirth, 26 bis rue François Ier, Paris 8e
Combien ? accès libre.
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