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Les 9 expositions à voir (absolument) en septembre 2026 à Paris

À vos agendas ! Entre artistes cultes, première célébration française et thématique rarement creusée, septembre à Paris s’annonce chargé côté expos. Voici 9 rendez-vous artistiques à ne surtout pas manquer ce mois-ci.

Écrit par
Rémi Morvan
,
Smael Bouaici
,
Alix Leridon
et
Julien Lambea
"School of Beauty, School of Culture" de Kerry James Marshall
© Kerry James Marshall Courtesy de l'artiste et Jack Shainman Gallery, New York Photo : M. Sean Pathasema | "School of Beauty, School of Culture" de Kerry James Marshall
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Glade / Clairière, à la galerie Chantal Crousel

À l'été 2025, Wolfgang Tillmans refermait le Centre Pompidou d'avant-travaux avec « Rien ne nous y préparait − Tout nous y préparait », 6 000 m² d'expo déployés dans la Bibliothèque publique d'information, dont il avait fait à la fois son sujet et son écrin. Après le paquebot, la chaloupe ! Du 5 septembre au 10 octobre, la galerie Chantal Crousel, qui le représente à Paris, lui ouvre son modeste espace de la rue Charlot. Rappel pour les distraits du fond de la classe : Tillmans, premier non-Britannique à décrocher le Turner Prize en 2000, a passé trente-cinq ans à dynamiter la hiérarchie des images. Chez lui, un cliché de club berlinois vaut une nature morte de rebord de fenêtre, une abstraction née sans appareil côtoie un tirage d'astronomie, et le tout s'accroche au scotch et à l'épingle, du sol au plafond, sans cadre ni préséance. C'est aussi l'homme des affiches anti-Brexit open source de 2016, de la pochette de Blond de Frank Ocean, et d'une conviction martelée jusque sur le seuil de Beaubourg : « la culture est toujours la première chose que les autocrates cherchent à contrôler ». Que montrera-t-il chez Crousel ? Mystère complet et c'est logique puisque ses accrochages se composent sur place, à pied d'œuvre, en réaction à l'espace. Et l'Allemand frappe souvent plus juste dans les volumes resserrés. Pour le vérifier, l'entrée est libre mais la file d'attente promet d'être longue !

Quand ? Du 5 septembre au 10 octobre 2026
Où ? Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, Paris 3e.
Combien ? Entrée libre.
Wolfgang Tillmans
© Wolfgang Tillmans / galerie Chantal CrouselPower Station (Low Clouds), 2023

La Ligne et l’image, au musée du Luxembourg

Oubliez Marilyn Monroe et les canettes de soupe. Cet automne, ce sont les dessins d’Andy Warhol qui auront l’honneur d’une exposition au musée du Luxembourg, La Ligne et l’image, qui se tiendra du 16 septembre au 10 janvier 2027. Car derrière les sérigraphies et la peinture, le pape du pop art a dessiné toute sa vie, à ses débuts dans les années 40 pour trouver son style, avant d’y revenir dans la dernière partie de sa carrière. Quelque 150 dessins – mais aussi photos, documents ou peintures – remontent le fil de cette passion, d’un Autoportrait daté de 1942 aux dessins à l’acrylique de La Dernière Cène en 1986 (l’année précédant son décès), entre portraits, caricatures, illustrations publicitaires… Une expo qui permettra de rentrer un peu dans l’esprit de Warhol, qui utilisait dans ses dessins des techniques comme le tampon, le pochoir ou le collage, anticipant la reproduction sérigraphique qui fera sa gloire.

Quand ? du 16 septembre au 10 janvier 2027.
Où ? musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e.
Combien ? 10-14 €.

Andy Warhol, Self-Portrait, 1978
© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2026Andy Warhol, Self-Portrait, 1978

Kerry James Marshall. The Histories*, au musée d’Art moderne

Depuis le début des années 1980, Kerry James Marshall peint les personnes noires dans des toiles monumentales, lui qui est né en 1955 à Birmingham, Alabama, en pleine ségrégation. Pour sa première grande exposition française, « The Histories* », le Musée d'Art Moderne de Paris accroche du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027 quelque 70 œuvres, dont huit peintures inédites créées pour l'occasion, dans un parcours conçu par la Royal Academy de Londres avec le Kunsthaus de Zurich. Ses tableaux racontent l'esclavage, la ségrégation, le moment émancipateur des droits civiques, convoquent des figures de l'histoire africaine, revisitent les icônes de la peinture occidentale ou saisissent le quotidien, pique-nique et salon de coiffure, en piochant aussi bien chez les maîtres anciens que dans l'esthétique des cartes de vœux américaines. À voir absolument : « Wake » installation évolutive entamée en 2003 autour de la traite transatlantique, bateau de bois, chaînes en or et filets de pêche, que l'artiste enrichit à chaque présentation d'un médaillon au portrait d'une personne déportée.

Quand ?
 du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
Où ? musée d’Art moderne, 11 avenue du Président-Wilson, Paris 16e.
Combien ? 15-17 €.

Kerry James Marshall,
Kerry James Marshall/Harvard CollegeKerry James Marshall, “Untitled”

Hassan Hajjaj – My rock stars, à la Philharmonie

Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, le musée de la Musique présentera My Rock Stars, une grande célébration de quarante ans de création d’Hassan Hajjaj, ce photographe, designer, graphiste et créateur de mode marocain connu pour ses clichés colorés d’artistes (souvent iconiques) hybridant les cultures et leurs références. Bande-sonorisée par Acid Arab et scénographiée avec les cagettes de boissons utilisées dans ses œuvres, cette expo déroulera bien sûr nombre de photos issues de Rock Stars, son immédiatement reconnaissable série à la colorimétrie irisante. On y voit se côtoyer nombre de stars (Rachid Taha, Billie Eilish, Amadou et Mariam, Souad Massi ou Lee Scratch Perry), toutes shootées selon un rituel codifié : un décor mêlant références marocaines et pop art, des teintures colorées et des accessoires et vêtements façonnés par l’artiste. Pour comprendre l’origine de cette série et de l'œuvre d’Hajjaj, l’expo remontera jusqu’à ses jeunes et formatrices années londoniennes. Il y ouvre des boutiques, s'initie à la mode et à la photo, fraye dans les scènes reggae et hip-hop tout en se reconnectant à la culture gnawa d’Afrique du Nord, infusée de transe et de spiritualité. Une culture qui fera l’objet d’un focus avec des séries dédiées à ses artistes et instruments mais aussi aux couleurs, clés dans les rituels et œuvres de l’artiste.

Quand ? du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027.
Où ? Cité de la Musique, 221 avenue Jean Jaurès, Paris 19e.
Combien ? 6-12 €.

Billie Eilish par Hassan Hajjaj
© Hassan Hajjaj StudioBillie Eilish par Hassan Hajjaj

Marie-Antoinette de Sofia Coppola, au Château de Versailles

À l’occasion des 20 ans de la sortie du film Marie-Antoinette, tourné entre ses murs, le château de Versailles proposera du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027 une exposition retraçant son tournage, conçue en collaboration avec la réalisatrice. Dépliée au Petit Trianon, l’expo présentera les costumes originaux de Milena Canonero – primée aux Oscars 2007 –, les storyboards, les photos ainsi que des reconstitutions de décors et lieux de tournage in situAvec cette expo, le château de Versailles célèbre un biopic qui a marqué l’imaginaire populaire au mitan des années 2000. Le film raconte le parcours intime de la dernière reine de France, jouée par Kirsten Dunst, entre l’adaptation d’une enfant de 14 ans au huis clos versaillais et son émancipation du carcan. Davantage que son historicité très relative, c’est l’esthétique flamboyante du film qui a imprimé, avec ses couleurs pastel et cette BO très rock qui fait défiler Siouxsie And The Banshees, Gang Of Four, The Cure ou Aphex Twin. 

Quand ? du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
Où ? château de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles.
Combien ? 12-15 €.

Sofia Coppola fait revivre sa Marie-Antoinette à Versailles le temps d’une expo événement
© Andrew DurhamSofia Coppola et Kirsten Dunst pendant le tournage de Marie-Antoinette

Rafael Pavarotti, photographe, au musée des Arts Décoratifs

Le musée des Arts décoratifs ouvrira ses cimaises, du 23 septembre 2026 au 7 février 2027, à la première exposition française consacrée au photographe Rafael Pavarotti. Une entrée remarquée dans le champ muséal hexagonal pour une œuvre déjà largement diffusée, mais encore peu montrée sous cette forme. Réunissant plus de 200 tirages, l’exposition déroulera un corpus ample, mis en regard des collections photographiques du musée. On y croisera des couvertures de magazines internationaux, des portraits de figures de la pop culture – Rihanna, Harry Styles, Beyoncé – ainsi que des campagnes réalisées pour de grandes maisons, de Dior à Balmain, de Maison Margiela à Ferragamo, sans oublier L’Oréal. Un ensemble qui témoigne d’un regard désormais solidement installé dans le paysage visuel de la mode contemporaine.

Quand ? Du 23 septembre 2026 au 7 février 2027
Où ? Au musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris

Le photographe de mode brésilien Rafael Pavarotti exposé pour la première fois en France au musée des Arts décoratifs
© Vogue, Septembre 2022Rafael Pavarotti — Nyaueth Riam et Mamuor Awak dans des tenues Bottega Veneta par Matthieu Blazy (2022)

Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXᵉ siècle, au Palais Galliera

Pour porter un pantalon à Paris au XIXe siècle, il fallait une autorisation de la préfecture de police, renouvelable tous les six mois sur certificat d’un officier de santé. Rosa Bonheur, elle, l’avait. Le Palais Galliera consacre sa rentrée à ces femmes qui ont chipé au vestiaire masculin de quoi se tailler une liberté. Filant le titre de Virginia Woolf, « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle » réunit quelque 500 pièces : costumes d’amazone, pantalons, tailleurs, cravates, nœuds papillon et hauts-de-forme, mais aussi peintures et affiches de mode. L’accrochage fait dialoguer les anonymes, avec 150 photographies amateurs, et celles qui ont fait plier les normes de leur temps : la garde-robe de Rosa Bonheur y est montrée pour la première fois dans son intégralité.

Où ? Palais Galliera – Musée de la Mode, 10, Avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e
Combien ? de 12 à 14 €

Le musée de la Mode va rendre hommage aux féminités dissidentes du XIXᵉ siècle
© Lesbian Herstory ArchivesCouple de femmes près d'un arbre, vers 1910

Vive la mariée !, à l'Institut du Monde Arabe

En 2026, la saison des mariages joue les prolongations à l’IMA. Dès le 29 septembre, l’exposition « Vive la mariée ! » va mettre l’institut à la fête. Pour explorer cette célébration foisonnante et plurielle, parcourue de rituels, qu’est le mariage au Maghreb (parfois appelé farah, joie en arabe), plusieurs portes d’entrée ont été imaginées. D’un côté, des dizaines de costumes et parures rares datant des XIXe et XXe siècles, venus du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. De l’autre, les regards éclairés de 32 artistes contemporains sur les traditions, leur transmission et leurs métamorphoses. À travers ces deux approches, patrimoniale et contemporaine, ce sont les femmes qui tiennent le premier rôle. La mariée, bien sûr, et son entourage féminin, mais également les artistes invitées, majoritairement des femmes. « Vive la mariée ! » devrait ainsi dessiner une généalogie féminine du mariage maghrébin, de la transmission des savoir-faire au poids des injonctions, ou au contraire à la puissance, à la sororité et à la liberté que peut receler ce moment.

Quand ? Du 29 septembre 2026 au 28 février 2027.
Où ? Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés-Saint-bernard, Paris 5e.
Combien ? A partir de 11€.

Exposition « Vive la mariée ! »
© IMAExposition « Vive la mariée ! »

Look, 40 ans de mode au musée, au musée des Arts décoratifs 

Pour souffler les 40 bougies du musée de la Mode et du Textile, ouvert en ses murs en 1986, le MAD reviendra sur la vie des vêtements avant et après leur entrée au musée en dévoilant les coulisses de la conservation du patrimoine de la couture. Une exposition anniversaire qui évoquera aussi les grandes expositions de mode des décennies écoulées par le biais de 40 silhouettes exposées dans la nef du pavillon de Marsan.

Quand ? du 29 septembre 2026 au 4 avril 2027
Où ? musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er.

Exposition Looks
© Les Arts Décoratifs / Jean TholanceMadeleine Vionnet, 1938 — Présentée à l’exposition « Madeleine Vionnet » (2009)

Pour découvrir notre sélection des 20 expositions les plus attendues de la rentrée, c'est par ici que ça se passe.

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