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Au cartel ? Mary Cassatt, Ibrahim Mahama, Kerry James Marshall, Jean-Paul Belmondo mais aussi une rétrospective autour des figures maghrébines ayant changé la face du cinéma français.

Oui, on sait : les vacances sont presque terminées. C'est triste mais réjouissez-vous : les musées parisiens aussi font leur rentrée, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont bien bossé sur leurs nouveaux programmes. Mary Cassatt, Ibrahim Mahama, Kerry James Marshall, Jean-Paul Belmondo, la collection de Gustave Fayet mais aussi une rétrospective pour le Bicentenaire de la photo ou sur les figures maghrébines qui ont changé la face du cinéma français... Découvrez les expos incontournables de cette saison automne-hiver 2026-2027.
À l'été 2025, Wolfgang Tillmans refermait le Centre Pompidou d'avant-travaux avec « Rien ne nous y préparait − Tout nous y préparait », 6 000 m² d'expo déployés dans la Bibliothèque publique d'information, dont il avait fait à la fois son sujet et son écrin. Après le paquebot, la chaloupe ! Du 5 septembre au 10 octobre, la galerie Chantal Crousel, qui le représente à Paris, lui ouvre son modeste espace de la rue Charlot. Rappel pour les distraits du fond de la classe : Tillmans, premier non-Britannique à décrocher le Turner Prize en 2000, a passé trente-cinq ans à dynamiter la hiérarchie des images. Chez lui, un cliché de club berlinois vaut une nature morte de rebord de fenêtre, une abstraction née sans appareil côtoie un tirage d'astronomie, et le tout s'accroche au scotch et à l'épingle, du sol au plafond, sans cadre ni préséance. C'est aussi l'homme des affiches anti-Brexit open source de 2016, de la pochette de Blond de Frank Ocean, et d'une conviction martelée jusque sur le seuil de Beaubourg : « la culture est toujours la première chose que les autocrates cherchent à contrôler ». Que montrera-t-il chez Crousel ? Mystère complet et c'est logique puisque ses accrochages se composent sur place, à pied d'œuvre, en réaction à l'espace. Et l'Allemand frappe souvent plus juste dans les volumes resserrés. Pour le vérifier, l'entrée est libre mais la file d'attente promet d'être longue !
Quand ? Du 5 septembre au 10 octobre 2026
Où ? Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, Paris 3e.
Combien ? Entrée libre.
Oubliez Marilyn Monroe et les canettes de soupe. Cet automne, ce sont les dessins d’Andy Warhol qui auront l’honneur d’une exposition au musée du Luxembourg, La Ligne et l’image, qui se tiendra du 16 septembre au 10 janvier 2027. Car derrière les sérigraphies et la peinture, le pape du pop art a dessiné toute sa vie, à ses débuts dans les années 40 pour trouver son style, avant d’y revenir dans la dernière partie de sa carrière. Quelque 150 dessins – mais aussi photos, documents ou peintures – remontent le fil de cette passion, d’un Autoportrait daté de 1942 aux dessins à l’acrylique de La Dernière Cène en 1986 (l’année précédant son décès), entre portraits, caricatures, illustrations publicitaires… Une expo qui permettra de rentrer un peu dans l’esprit de Warhol, qui utilisait dans ses dessins des techniques comme le tampon, le pochoir ou le collage, anticipant la reproduction sérigraphique qui fera sa gloire.
Quand ? du 16 septembre au 10 janvier 2027.
Où ? musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e.
Combien ? 10-14 €.
Depuis le début des années 1980, Kerry James Marshall peint les personnes noires dans des toiles monumentales, lui qui est né en 1955 à Birmingham, Alabama, en pleine ségrégation. Pour sa première grande exposition française, « The Histories* », le Musée d'Art Moderne de Paris accroche du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027 quelque 70 œuvres, dont huit peintures inédites créées pour l'occasion, dans un parcours conçu par la Royal Academy de Londres avec le Kunsthaus de Zurich. Ses tableaux racontent l'esclavage, la ségrégation, le moment émancipateur des droits civiques, convoquent des figures de l'histoire africaine, revisitent les icônes de la peinture occidentale ou saisissent le quotidien, pique-nique et salon de coiffure, en piochant aussi bien chez les maîtres anciens que dans l'esthétique des cartes de vœux américaines. À voir absolument : « Wake » installation évolutive entamée en 2003 autour de la traite transatlantique, bateau de bois, chaînes en or et filets de pêche, que l'artiste enrichit à chaque présentation d'un médaillon au portrait d'une personne déportée.
Quand ? du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
Où ? musée d’Art moderne, 11 avenue du Président-Wilson, Paris 16e.
Combien ? 15-17 €.
Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, le musée de la Musique présentera My Rock Stars, une grande célébration de quarante ans de création d’Hassan Hajjaj, ce photographe, designer, graphiste et créateur de mode marocain connu pour ses clichés colorés d’artistes (souvent iconiques) hybridant les cultures et leurs références. Bande-sonorisée par Acid Arab et scénographiée avec les cagettes de boissons utilisées dans ses œuvres, cette expo déroulera bien sûr nombre de photos issues de Rock Stars, son immédiatement reconnaissable série à la colorimétrie irisante. On y voit se côtoyer nombre de stars (Rachid Taha, Billie Eilish, Amadou et Mariam, Souad Massi ou Lee Scratch Perry), toutes shootées selon un rituel codifié : un décor mêlant références marocaines et pop art, des teintures colorées et des accessoires et vêtements façonnés par l’artiste. Pour comprendre l’origine de cette série et de l'œuvre d’Hajjaj, l’expo remontera jusqu’à ses jeunes et formatrices années londoniennes. Il y ouvre des boutiques, s'initie à la mode et à la photo, fraye dans les scènes reggae et hip-hop tout en se reconnectant à la culture gnawa d’Afrique du Nord, infusée de transe et de spiritualité. Une culture qui fera l’objet d’un focus avec des séries dédiées à ses artistes et instruments mais aussi aux couleurs, clés dans les rituels et œuvres de l’artiste.
Quand ? du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027.
Où ? Cité de la Musique, 221 avenue Jean Jaurès, Paris 19e.
Combien ? 6-12 €.
À l’occasion des 20 ans de la sortie du film Marie-Antoinette, tourné entre ses murs, le château de Versailles proposera du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027 une exposition retraçant son tournage, conçue en collaboration avec la réalisatrice. Dépliée au Petit Trianon, l’expo présentera les costumes originaux de Milena Canonero – primée aux Oscars 2007 –, les storyboards, les photos ainsi que des reconstitutions de décors et lieux de tournage in situ. Avec cette expo, le château de Versailles célèbre un biopic qui a marqué l’imaginaire populaire au mitan des années 2000. Le film raconte le parcours intime de la dernière reine de France, jouée par Kirsten Dunst, entre l’adaptation d’une enfant de 14 ans au huis clos versaillais et son émancipation du carcan. Davantage que son historicité très relative, c’est l’esthétique flamboyante du film qui a imprimé, avec ses couleurs pastel et cette BO très rock qui fait défiler Siouxsie And The Banshees, Gang Of Four, The Cure ou Aphex Twin.
Quand ? du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
Où ? château de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles.
Combien ? 12-15 €.
Le musée des Arts décoratifs ouvrira ses cimaises, du 23 septembre 2026 au 7 février 2027, à la première exposition française consacrée au photographe Rafael Pavarotti. Une entrée remarquée dans le champ muséal hexagonal pour une œuvre déjà largement diffusée, mais encore peu montrée sous cette forme. Réunissant plus de 200 tirages, l’exposition déroulera un corpus ample, mis en regard des collections photographiques du musée. On y croisera des couvertures de magazines internationaux, des portraits de figures de la pop culture – Rihanna, Harry Styles, Beyoncé – ainsi que des campagnes réalisées pour de grandes maisons, de Dior à Balmain, de Maison Margiela à Ferragamo, sans oublier L’Oréal. Un ensemble qui témoigne d’un regard désormais solidement installé dans le paysage visuel de la mode contemporaine.
Quand ? Du 23 septembre 2026 au 7 février 2027
Où ? Au musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris
Pour porter un pantalon à Paris au XIXe siècle, il fallait une autorisation de la préfecture de police, renouvelable tous les six mois sur certificat d’un officier de santé. Rosa Bonheur, elle, l’avait. Le Palais Galliera consacre sa rentrée à ces femmes qui ont chipé au vestiaire masculin de quoi se tailler une liberté. Filant le titre de Virginia Woolf, « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle » réunit quelque 500 pièces : costumes d’amazone, pantalons, tailleurs, cravates, nœuds papillon et hauts-de-forme, mais aussi peintures et affiches de mode. L’accrochage fait dialoguer les anonymes, avec 150 photographies amateurs, et celles qui ont fait plier les normes de leur temps : la garde-robe de Rosa Bonheur y est montrée pour la première fois dans son intégralité.
Où ? Palais Galliera – Musée de la Mode, 10, Avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e
Combien ? de 12 à 14 €
En 2026, la saison des mariages joue les prolongations à l’IMA. Dès le 29 septembre, l’exposition « Vive la mariée ! » va mettre l’institut à la fête. Pour explorer cette célébration foisonnante et plurielle, parcourue de rituels, qu’est le mariage au Maghreb (parfois appelé farah, joie en arabe), plusieurs portes d’entrée ont été imaginées. D’un côté, des dizaines de costumes et parures rares datant des XIXe et XXe siècles, venus du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. De l’autre, les regards éclairés de 32 artistes contemporains sur les traditions, leur transmission et leurs métamorphoses. À travers ces deux approches, patrimoniale et contemporaine, ce sont les femmes qui tiennent le premier rôle. La mariée, bien sûr, et son entourage féminin, mais également les artistes invitées, majoritairement des femmes. « Vive la mariée ! » devrait ainsi dessiner une généalogie féminine du mariage maghrébin, de la transmission des savoir-faire au poids des injonctions, ou au contraire à la puissance, à la sororité et à la liberté que peut receler ce moment.
Quand ? Du 29 septembre 2026 au 28 février 2027.
Où ? Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés-Saint-bernard, Paris 5e.
Combien ? A partir de 11€.
Pour souffler les 40 bougies du musée de la Mode et du Textile, ouvert en ses murs en 1986, le MAD reviendra sur la vie des vêtements avant et après leur entrée au musée en dévoilant les coulisses de la conservation du patrimoine de la couture. Une exposition anniversaire qui évoquera aussi les grandes expositions de mode des décennies écoulées par le biais de 40 silhouettes exposées dans la nef du pavillon de Marsan.
Quand ? du 29 septembre 2026 au 4 avril 2027
Où ? musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er.
Mary Cassatt est une figure clé du groupe impressionniste, et pourtant, cent ans après sa mort, s’avance au musée d’Orsay la toute première rétrospective d’envergure de son œuvre. Du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027, le temple du genre tentera de rendre compte autant de l’apport et de la singularité de l’œuvre, indissociable de son parcours marqué, tant par sa recherche d’indépendance personnelle – elle acquiert un domaine dans l’Oise qui l’inspire – que de son militantisme pour les droits des femmes. Sur les cimaises ? Autant des tableaux de jeunesse représentant ses proches, ceux figurant de jeunes femmes en société, ses toiles de « mères à l’enfant » dont elle devient la spécialiste ou la reproduction numérique de sa démesurée (4 × 18 mètres) création Modern Woman, aujourd’hui disparue, réalisée pour orner le Pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago de 1893.
Quand ? du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027
Où ? Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur, Paris 7e
Combien ? de 12 à 16 €
Il y a des obsessions qui ressemblent à des maladies. Entre 1892 et 1893, Claude Monet loue des chambres en face de la cathédrale de Rouen, s'y enferme et peint le même portail plus de trente fois, sautant d'une toile à l'autre à mesure que la lumière tourne. Grise le matin, blanche à midi, bleue le soir. « Chaque jour, je découvre quelque chose que je n'avais pas vu la veille », note-t-il. Quand vingt de ces tableaux débarquent chez le marchand Durand-Ruel en 1895, Georges Clemenceau, futur ministre et journaliste à ses heures, en fait l’éloge dans un article : « Révolution de cathédrales » paru dans son journal La Justice. Le sujet de la peinture n'est plus le bâtiment mais l’heure qui passe. C'est ce fil que l'Orangerie déroule à partir du 30 septembre avec « Monet, peindre le temps », pour les cent ans de la mort du peintre. Une quarantaine de toiles arrachées à Orsay, à Marmottan et à des prêteurs internationaux, rangées en trois séries : l'instant attrapé au vol (les Matinées sur la Seine), la suite temporelle (les Meules, les Peupliers, repris à toutes les lumières avec une obstination de laborantin), la durée dans laquelle on finit par se noyer, avec les dernières vues de Giverny. Reste le boss de fin, celui que vous croisez depuis toujours sur mug ou en fond d'écran : les Nymphéas. Plus de 200 toiles au total, dont les panneaux monumentaux offerts à l'État au sortir de la Grande Guerre, Clemenceau encore à la manœuvre, installés dans les salles ovales en 1927. Monet, mort en décembre 1926, ne les aura jamais vus en place.
Quand ? Du 30 septembre au 25 janvier, tous les jours sauf le mardi.
Où ? Musée de l'Orangerie, jardin des Tuileries, Paris 1er.
Combien ? De 10 à 12,50 €, réservation sur musee-orangerie.fr.
Après un passage remarqué au Grand Palais en 2017, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) accueillera, du 7 octobre 2026 au 17 janvier 2027, PENN & FASHION, une exposition consacrée à la manière dont Irving Penn (1917-2009) a déplacé les lignes de la photographie de mode. Des silhouettes de l’après-guerre aux expérimentations tardives, le parcours dessine l’itinéraire d’un regard affranchi des conventions, où le vêtement devient prétexte à une écriture visuelle rigoureuse et intemporelle.
Quand ? du 7 octobre 2026 au 17 janvier 2027
Où ? 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris
Au cours de l’année 1826 – ou 1827 selon les sources –, l’ingénieur Nicéphore Niépce réalise depuis la fenêtre de sa maison bourguignonne Point de vue du Gras, la toute première photographie connue. Le point de départ d’une révolution technique, culturelle, artistique et mémorielle que la Bourse de Commerce célébrera à partir du 7 octobre avec l’exposition Remember Me, dont les œuvres seront directement puisées dans la collection Pinault. Forcément, la brochure de l’exposition fait rêver avec 700 chefs-d’œuvres de plus de 70 artistes sillonnant les époques, les courants et les avancées technologiques. Sur la photo de classe, on repère le surréaliste modeux Man Ray, l’expérimental Wolfgang Tillmans, la photographe de la Grande Dépression américaine (entre autres) Dorothea Lange, le prodige figurant les cultures afro-américaines Tyler Mitchell, Gustave Le Gray, le premier à shooter un chef d’Etat français avec Napoléon III, ou l’adepte de l’autoportrait et du brouillage des identités Cindy Sherman. Parmi les focus de cette rétrospective : une carte blanche à l’artiste américaine Barbara Kruger, dont l’œuvre Remember Me donne son titre à l’expo, sous la Coupole ; une salle entièrement confiée à Raymond Depardon pour qu’il expose des photos prises à travers la France ; ou une pièce hommage à la pratique d’Irving Penn.
Quand ? du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027.
Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er.
Quand ? 10-15 €.
On ne connaît pas encore tous les détails du programme de cette exposition mais ce sera forcément magnifique. Cinq ans après son ultime cascade vers l’au-delà, la Cinémathèque française va rendre hommage à l’œuvre de Jean-Paul Belmondo avec une grande expo et rétrospective du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027. On parle d’une carrière commencée au milieu des années 1950, de plus de 90 films, qui l’aura emmené du statut de héraut de la Nouvelle Vague à vedette de films grand public, collaborant avec tout le gratin des réals et comédien(ne)s du circuit, de Jean-Luc Godard à François Truffaut en passant par Claudia Cardinale, Jean Gabin, Claude Lelouch, Jean Becker, Jean Seberg, Alain Delon, Louis Malle ou Agnès Varda. Bebel quoi ! Une carrière que la Cinémathèque française résumera en une rétrospective de 35 films, avec des rencontres et conférences.
Quand ? du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027
Où ? Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, Paris 12e.
Combien ? 11-14 €.
L’album Panini de l’expo consacrée au collectionneur-créateur français Gustave Fayet a de quoi faire cligner les yeux avec ses 78 tableaux de Paul Gauguin, 88 d’Odilon Redon, 10 de Vincent van Gogh, 9 d’Henri Matisse, 5 de Paul Cézanne, 1 de Berthe Morisot et 375 œuvres façonnées par Gustave Fayet. Prévue du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027 à la Fondation Louis Vuitton, cette rétrospective ne propose rien de moins que de parcourir l’une des collections d’art moderne les plus garnies (et méconnues) du circuit. Au hasard, parmi les toiles cultes présentées : Autoportrait à l’oreille bandée de Vincent van Gogh, pas vu sous nos latitudes depuis 1937 ; le triptyque de Gauguin : Le Christ jaune, Portrait de l’artiste au Christ jaune et Le Calvaire breton ; ou La Place des Lices – Saint-Tropez de Matisse. Et parce que Fayet n’était pas qu’un simple collectionneur, 375 de ses œuvres, des céramiques, des tableaux, des tapis, seront également montrées dans les espaces de la Fondation.
Quand ? du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027
Où ? Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris
Combien ? de 5 à 18 €
Le célèbre designer Stefan Sagmeister, qui a dessiné des pochettes d’albums pour les Rolling Stones, Lou Reed ou David Byrne (raflant deux Grammy au passage), fait son retour à la Gaité Lyrique avec Finally, Something Good. Une expo qui succède à The Happy Show (présentée en 2014 au même endroit, dans laquelle il explorait la notion de bonheur), et qui pose une question un peu contre-intuitive : “Et s'il était temps d'être optimiste ?” Encore une fois, l’Autrichien en mettra partout sur les murs. Sagmeister a pioché dans la banque de statistiques de l’Organisation des Nations unies et de la Banque mondiale pour en ressortir des dessins/datas résolument optimistes, qu’il pose sur des peintures du XVIIIe siècle (un siècle à la mode en ce moment). Des visuels qui permettent de prendre du recul et de voir l’évolution des choses sur un temps long, que ce soit en matière de conflits, d’alimentation ou de santé, rappelant que le progrès prend du temps et que, même si elle fait parfois des détours, l’humanité est sur le bon chemin.
Quand ? du 15 octobre 2026 au 27 avril 2027.
Où ? la Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin Paris 3e.
Seulement quatre sculptrices sont présentes au Petit Palais. Alors Prune Nourry a décidé d’y buriner une expo manifeste. Pendant trois mois (du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027), l’artiste investit tous les espaces de l’institution (les jardins, les différentes galeries ou l’esplanade) avec Visionnaires, une rétrospective pour visibiliser et rendre hommage à dix-huit artistes femmes aux parcours et œuvres l’ayant inspirée, parmi lesquelles Hélène Bertaux, Jane Poupelet, Consuelo de Saint-Exupéry ou Sarah Bernhardt. Après avoir missionné trois historiennes de l’art pour réunir le maximum d’archives (photos, écrits), Prune Nourry a ensuite sculpté le buste de ces femmes en plâtre et avec des yeux en marbre noir et blanc, et selon des dimensions allant de 70 centimètres à 3,50 m. Ou comment en une expo – gratuite en plus – faire exploser la représentation des femmes au Petit Palais.
Quand ? du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027
Où ? Petit Palais, Avenue Winston-Churchill, Paris 8e
Combien ? Accès gratuit
Fertile rétrospective en vue. Du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, la Fondation Cartier offre son nouvel espace du Louvre à l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama. Celui-ci présentera Le Temps des récoltes, une première expo parisienne pensée dans un cadre collectif avec neuf artistes associés*. Comme depuis ses débuts il y a une quinzaine d’années, l’artiste questionnera – en réactivant les utopies des indépendances – l’héritage colonial et post-colonial du Ghana à l’aide d’installations façonnées à l’aide d’archives et de matériaux récupérés. Des réflexions qui prennent notamment corps dans les centres d’art créés par Ibrahim Mahama au Ghana, lesquels promeuvent la création et la transmission locale par la pédagogie. Parmi les œuvres présentées : Things Fall Apart, cette reconstitution d’une usine de bouteilles en verre parmi les derniers projets du premier président ghanéen Kwame Nkrumah ; ou une installation textile directement réalisée sur les arcades de la façade de la Fondation. La récolte s’annonce très bonne.
*Dorothy Akpene Amenuke, Gideon Appah, James Barnor, Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC), Courage Dzidula Kpodo, Zohra Opoku, Postbox Ghana, Tjaša Rener, Feda Wardak.
Quand ? du 22 octobre 2026 au 28 février 2027
Où ? Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2, place du Palais-Royal, Paris 1er
C'est un travelling de côté sur l'histoire du cinéma français que nous propose le musée national de l'histoire de l'immigration. Du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, l'institution du Palais de la Porte Dorée célèbre les figures maghrébines qui ont changé la face de notre cinéma depuis soixante ans, sous un titre qui annonce la couleur : « Une nouvelle histoire du cinéma français, héritages maghrébins ». La nuance est essentielle : il ne s'agit pas d'inventorier une fois de plus la façon dont les écrans français ont représenté l'immigration, mais de regarder les artistes eux-mêmes, ceux qui tiennent la caméra et occupent le cadre depuis les années 1960. On y croise donc le pionnier Ali Ghanem, dont plus personne ne parle, Mehdi Charef, passé de l'usine au roman puis à la caméra avec « Le Thé au harem d'Archi Ahmed », à qui l'exposition est dédiée, ou Rachid Bouchareb, dont « Indigènes » valut en 2006 un prix d'interprétation collectif à Cannes, une nomination aux Oscars et, accessoirement, la décristallisation des pensions des anciens combattants des colonies. Suivent Hafsia Herzi, dont « La Petite Dernière » a valu en 2025 le prix d'interprétation féminine de Cannes à Nadia Melliti, footballeuse et étudiante en STAPS repérée dans la rue sans avoir jamais tourné, et Lina Soualem côté réalisation, tandis que Jamel Debbouze, Rachida Brakni, Roschdy Zem et Sami Bouajila tiennent le versant plateau. Pour raconter tout ça, le commissariat réuni autour de Clémentine Deroudille, autrice et réalisatrice, a rassemblé des extraits de films, des affiches, des photos de tournage, des storyboards, des archives de presse et quelques Césars sortis de leur vitrine. Le tout examine autant les formes inventées que les thèmes travaillés, de l'exil à la quête d'identité, et la place qu'y ont pris les personnages féminins.
Quand ? du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027
Où ? Musée national de l'histoire de l'immigration, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e
Combien ? de 9 à 12 €
C’est une expo qui risque de faire un carton : du 18 novembre 2026 au 6 juin 2027, le musée de l’Homme présentera Drogues. L’idée ? Non pas promouvoir ni condamner, mais plutôt comprendre comment celles-ci, au fil des époques, ont infusé dans les sociétés, leurs cultures et leurs imaginaires. Pour ce faire, l’institution a constitué un commissariat scientifique ultra solide et éclectique, composé d’historiens, d’anthropologues, de médecins, d’économistes ou de psychologues, avec « l'idée de déconstruire les préjugés médiatiques ». Le parcours est une montée en quatre étapes. Sera d’abord établi un panorama de différentes substances usitées à travers le monde et l’histoire, sur leurs effets, avec un questionnement sur la définition des drogues et leurs législations. L’expo se penchera ensuite sur le pourquoi de la consommation de drogues, avant de détailler les causes et les conséquences sur le monde, les hommes et l’environnement de la production, de la circulation et de la consommation des différentes substances. La fin interrogera les politiques publiques et la notion de « risques » nimbant la consommation des drogues. Le communiqué mentionne enfin une installation de fin avec des témoignages d’usagers de profils variés, symbole d’une expo à « la vision humaniste » à prescrire au plus grand nombre.
Quand ? du 18 novembre 2026 au 6 juin 2027.
Où ? musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro, Paris 16e.
Combien ? 12-15 €
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