Actualités

5 questions à Michael Grosman, qui veut racheter un restaurant après l’incendie des Enfants-Rouges

Figure populaire de cette scène gastronomique, Michael Grosman, patron des Enfants du Marché et meilleur taulier 2023 aux Time Out Food & Drink Awards, nous parle de ses projets après les cendres.

Antoine Besse
Écrit par
Antoine Besse
Responsable des rubriques restaurants et bars
On a posé 5 questions au restaurateur Michael Grosman après l'incendie du marché des Enfants Rouges
© Les Enfants Du Marché | On a posé 5 questions au restaurateur Michael Grosman après l'incendie du marché des Enfants Rouges
Publicité

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, un incendie a ravagé le marché des Enfants-Rouges. Du plus ancien marché couvert de la capitale (ouvert au XVIIᵉ siècle !), il ne reste rien. Si les dégâts ne sont – heureusement – que matériels, Paris a perdu en trois heures son food court le plus connu et apprécié aux quatre coins du monde. Figure populaire de cette scène gastronomique, Michael Grossman, patron des Enfants du Marché et meilleur taulier 2023 aux Time Out Food & Drink Awards, nous parle de ses projets après les cendres.

Trois jours après le sinistre, quel est ton état d’esprit ?

Je me sens un peu bipolaire, là. Il y a d’un côté l’émotion vive avec la multitude de messages de soutien que je reçois tous les jours, mais aussi l’incompréhension face à la situation et à l’accompagnement relatif des services dédiés à la prise en charge des commerçants. On a eu une réunion de crise à la mairie de Paris Centre avec le maire Ariel Weil, qui nous a promis un interlocuteur direct pour mettre en place le processus administratif des assurances. Mais pour l’instant, on n’a même pas d’attestation de sinistre, donc on ne peut rien déclarer… On est au début de la politisation du sinistre, car notre bailleur, c’est la mairie de Paris.

Quelles sont les perspectives ?

Pour l’instant, on ne sait pas ce qui va se passer, si on va être relogés ou non. C’est un peu le flou. Il y a des commerçants qui sont là depuis des années et qui n’ont jamais renouvelé leur contrat d’assurance. Sur les 17 enseignes, seules 3 sont assurées contre la perte d’exploitation. On nous annonce au minimum cinq ans de fermeture du marché. Le but du jeu est de se redresser, délocaliser…

Est-ce que la catastrophe vous a rapprochés ?

On a toujours été très proches, mais ça a encore resserré les rangs. On cherche des solutions pour faire des collabs avec les autres restaurateurs du marché, car on a envie de rester ensemble. J’envisage des trucs comme cet ancien marché de terroir d’Avenir dans l’immeuble Morland. Toutes les opportunités sont bonnes à prendre ! J’étudie tout !

As-tu des nouvelles sur l’avenir des Enfants du Marché ?

J’ai visité une dizaine d’établissements de collègues qui proposent des pop-ups, mais ça ne représente pas une solution pérenne et surtout, ça pourrait être dommageable pour un dossier de perte d’exploitation ! Le mieux pour moi va être de racheter un restaurant, en mode phénix qui renaît de ses cendres, avec l’objectif de décrocher l’étoile. On a visité des tables dans les beaux quartiers, sur des rooftops… Bruno Verjus disait « Fine dining is dead » il y a quelques semaines. Je pense au contraire qu’on peut faire de la gastronomie décomplexée et s’amuser avec de jolis produits et toujours fédérer autour de belles assiettes. J’ai même une adresse en tête, ça pourrait se faire dans les deux prochains mois !

Comment vois-tu l’avenir du marché ?

Le lieu est classé, donc il va être reconstruit à l’identique. On avait réussi à toucher une faune internationale qui n’a qu’une envie : retrouver le marché. Ce lieu appartient aux Parisiens surtout ! On est tous un peu orphelins d’un ancien orphelinat. C’est presque poétique. Tous les commerçants du marché pourraient s’appeler les orphelins du marché et s’habiller en rouge ! Les Enfants du Marché revivront dans le marché des Enfants-Rouges, j’en fais une affaire personnelle. Je veux de nouveau accueillir au comptoir ami·e·s, touristes chinois ou américains, gastronomes et pourquoi pas rechoper un prix de meilleur taulier par Time Out !

À la une
    Publicité