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L'Orangerie signe l'expo la plus obsessionnelle du centenaire Monet

Meules, Peupliers, Nymphéa…quarante Monet comme autant de tranches de temps sont réunis à l'Orangerie pour le centenaire de sa mort

Houssine Bouchama
Écrit par
Houssine Bouchama
Directeur de la rédaction, Time Out Paris
Cathédrale monet
© DR/Claude Monet | Série des Cathédrale de Rouen par Claude Monet, (1892 - 1894).
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Il y a des obsessions qui ressemblent à des maladies. Entre 1892 et 1893, Claude Monet loue des chambres en face de la cathédrale de Rouen, s'y enferme et peint le même portail plus de trente fois, sautant d'une toile à l'autre à mesure que la lumière tourne. Grise le matin, blanche à midi, bleue le soir. « Chaque jour, je découvre quelque chose que je n'avais pas vu la veille », note-t-il. Quand vingt de ces tableaux débarquent chez le marchand Durand-Ruel en 1895, Georges Clemenceau, futur ministre et journaliste à ses heures, en fait l’éloge dans un article : « Révolution de cathédrales » paru dans son journal La Justice. Le sujet de la peinture n'est plus le bâtiment mais l’heure qui passe.

Figer un moment sur la toile

C'est ce fil que l'Orangerie déroule à partir du 30 septembre avec « Monet, peindre le temps », pour les cent ans de la mort du peintre. Une quarantaine de toiles arrachées à Orsay, à Marmottan et à des prêteurs internationaux, rangées en trois séries : l'instant attrapé au vol (les Matinées sur la Seine), la suite temporelle (les Meules, les Peupliers, repris à toutes les lumières avec une obstination de laborantin), la durée dans laquelle on finit par se noyer, avec les dernières vues de Giverny.

Musée de l'Orangerie
© Musée de l’OrangerieLes Nymphéas au musée de l'Orangerie

Reste le boss de fin, celui que vous croisez depuis toujours sur mug ou en fond d'écran : les Nymphéas. Plus de 200 toiles au total, dont les panneaux monumentaux offerts à l'État au sortir de la Grande Guerre, Clemenceau encore à la manœuvre, installés dans les salles ovales en 1927. Monet, mort en décembre 1926, ne les aura jamais vus en place.

Où ? Musée de l'Orangerie, jardin des Tuileries, Paris 1er.
Quand ? Du 30 septembre au 25 janvier, tous les jours sauf le mardi.
De 10 à 12,50 €, réservation sur musee-orangerie.fr.

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