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Charles Ray

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Charles Ray
Courtesy Pinault Collection.  Photo Aurélien Mole
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Time Out dit

5 sur 5 étoiles

Pour la première fois à Paris, le sculpteur américain est mis à l’honneur à travers une monographie au magnétisme trouble et ultra-référencé.

Tadam ! Tout à coup, Charles Ray est partout. Méconnu en France, l’artiste originaire de Chicago fait à 69 ans l’objet de non pas une, mais deux expos : l’une au Centre Pompidou, l’autre à la Bourse de Commerce. Idéal pour découvrir l’univers un peu flippant et un peu chelou de celui qui s’est taillé un nom à l’international à coups de sculptures hyperréalistes.

Sur 123 œuvres créées en cinquante ans, 38 sont présentées à Paris. Côté Bourse de Commerce, on déploie le tapis rouge : la monographie s’étale sur deux tiers de la surface d’exposition ! Et ça commence dès le parvis, avec une reproduction de l’artiste nous accueillant placidement sur un cheval, à la manière d’un pied de nez dirigé contre la grandiloquence des sculptures équestres traditionnelles. Un avant-goût de ce qui nous attend à l’intérieur : beaucoup, mais alors beaucoup de détournements de l’histoire de l’art.

Dans l’auguste rotonde du bâtiment, il y a cette carcasse de pick-up compressé puis « décompressé » au marteau durant cinq ans pour un rendu ready-made si cher à Marcel Duchamp. Ambiance moins cabossée à l’étage avec la réinterprétation de sculptures religieuses : un Christ sans croix lévite en transe tandis que, à quelques mètres, les deux personnages de Doubting Thomas évoquent des postures chéries par Michel-Ange. De loin, les 17 œuvres présentées ont quelque chose de studieux. Mais à bien y regarder, qu’elles soient en marbre, papier fait main ou fibre de verre, ces pièces n’ont rien de sage – est-ce leur dimension incongrue ou leur blancheur sans aspérité qui leur confère cette aura d’étrangeté ?

Ajoutez à cela des sujets politiques (surconsommation, précarité) et sulfureux (Oh ! Charley, Charley, Charley…, cette déroutante orgie entre huit effigies grandeur nature de Charles Ray) et vous obtenez une esthétique de l’étrange pur jus, qui semble avoir trouvé au sein de la Bourse son terrain d’expression idéal. Disposées dans des espaces aussi immaculés que spacieux, les œuvres libèrent toute leur « glauquitude ». Elles respirent. Et on palpite avec elles.

Écrit par
Antonin Gratien

Infos

Adresse
Prix
De 10 à 14 €
Heures d'ouverture
Ouvert du lundi au dimanche, de 11h à 19h. Jusqu’à 21h le vendredi. Le premier samedi du mois, nocturne gratuite de 17h à 21h. Fermeture le mardi.
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