Il y a de ces expos qui nous chamboulent, dont on ressort parfois fascinés, parfois mal à l’aise, mais toujours la tête encore pleine des images qui ont défilé sous nos yeux lors de la déambulation. “FURY”, de Marie Quéau, est de celles-là. Explorant les états-limites du corps humain, l’artiste met en scène des cascadeurs, plongeurs et autres participants de fury rooms pris sur le vif, au seuil de la douleur. Voire pire.
“Comment apprend-on à tomber, se jeter par une fenêtre, mourir, tout casser sur rendez-vous ?”. Inaugurant le parcours, cette phrase le résume tout aussi bien. Organisée autour d’un projet vidéo éponyme, “FURY” pose la question de la violence. Pas comme désir de tout foutre en l’air, non, mais comme frontière entre plaisir et souffrance, contrôle et liberté totale. Un point de départ qui instaure déjà le malaise, exacerbé par les grands formats presque immersifs, l’installation audiovisuelle centrale et sa bande-son d’un souffle haletant ainsi que par les éclairages, très faibles. Apnée, voltige, immolation et explosions de rage : à l’heure où l’on prône le dépassement de soi à tout va, doit-on flirter avec la mort pour se sentir vivant ?
Honnêtement, il est difficile de savoir si ce que l’on voit est vrai tant tout semble irréel. Les motivations de l’artiste elles-mêmes sont nébuleuses. S’agit-il d’un travail politique ? Esthétique ? Ou Marie Quéau a-t-elle simplement des fascinations morbides ? Si l’on doit avouer que l’on ne saisit pas tout, on s’en accommode peu. Car rarement une exposition nous avait autant travaillée une fois la sortie franchie (après un petit passage par la librairie, bien entendu). Attention : âmes sensibles, s’abstenir.


