1. « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera
    « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera
  2. « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera
    « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera
  3. « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera
    « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera

Critique

« La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera

3 sur 5 étoiles
Ce printemps 2026, le XVIIIe siècle est partout — et le Palais Galliera explique pourquoi il fascine toujours autant.
  • Art
  • Palais Galliera, Chaillot
  • Recommandé
Julien Lambea
Publicité

Time Out dit

Ce printemps 2026, trois expositions consacrées au XVIIIe siècle se tiennent simultanément : « Une journée au XVIIIe siècle, chronique d'un hôtel particulier » au Musée des Arts Décoratifs (depuis le 18 février), « La mode du 18e siècle : Un héritage fantasmé » au Palais Galliera et « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle » au musée Cognacq-Jay — cette dernière présentée en collaboration avec le Palais Galliera. Coïncidence partielle, donc, mais cela n'empêche pas de se dire qu'il y a du XVIIIe dans l'air, à en croire l'exposition sur Marie-Antoinette au V&A de Londres (jusqu'au 22 mars), une énième adaptation des Liaisons dangereuses ou encore les premières collections de Jonathan Anderson chez Dior.

En d'autres termes, le XVIIIe siècle et son esthétique font toujours rêver, et c'est justement ce sur quoi se penche l'exposition du Palais Galliera (14 mars – 12 juillet). Si celle-ci débute, comme on peut s'y attendre du musée de la Mode de Paris, par une présentation de la façon dont on s'habillait au siècle des Lumières — et plus particulièrement de l'évolution de la silhouette féminine —, elle s'attache ensuite à mettre en lumière la persistance de ses codes dans les siècles suivants. Un canon stylistique vers lequel la mode revient sans cesse, mais qu'elle ne se contente pas de citer tel quel. À l'instar du traitement de la figure de Marie-Antoinette, qui sert de fil rouge à l'exposition — où l'on peut contempler son corset et ce qui serait, selon la légende, un soulier perdu sur le chemin de l'échafaud —, la fascination exercée conduit parfois à prendre des libertés avec l'original. Peut-être pour mieux magnifier les choses, comme en témoigne l'avant-dernière salle, dédiée aux robes contemporaines d'inspiration XVIIIe, qui méritent à elles seules la visite.

Les amateurs apprécieront les nombreuses silhouettes d'époque, accessoires, textiles, documents et tableaux — à condition d'être bien reposés. Car la pénombre, indispensable à la conservation des pièces, combinée à des cartels pourtant riches en explications mais systématiquement placés au ras du sol, rend la lecture franchement pénible et gâche un peu l'expérience. L'observation des vêtements et motifs suffira néanmoins à saisir le propos : en filigrane de la leçon d'histoire de la mode — en sortant, vous devriez savoir reconnaître une robe à la française — se lit un habile décorticage des mécanismes d'inspiration et de réappropriation pratiqués par la mode depuis (au moins) le XVIIIe siècle, comment elle passe une référence au tamis de l'époque mais aussi de la subjectivité pour obtenir un « héritage fantasmé ». Une part de rêve plus que jamais nécessaire, comme en témoigne la dernière salle, qui voit dans les codes dix-huitiémistes un vecteur de fantaisie et de liberté d'expression — rimant aussi avec kitsch et camp — : de quoi expliquer pourquoi on se réfère autant au XVIIIe siècle ces derniers temps…

Infos

Adresse
Palais Galliera
10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie
Paris
75016
Transport
Métro : Iéna ou Alma - Marceau
Prix
14-12€
Heures d'ouverture
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturnes les vendredis jusqu’à 21h

Dates et heures

Publicité
À la une