L'Art de crâner

Art, Technique mixte Libre
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L'art de crâner (© Beikmann Chistopher)
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Bone Paisley, Beikmann Chistopher
art de craner (© C.Gaillard)
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Une expo qui va vous retourner le cerveau

Si, après une virée shopping au BHV-Marais, vous passez par la rue du Bourg Tibourg, faites une halte obligée à la galerie Sakura. Là, les crânes se déclinent sans chair et en os, sous toutes leurs formes et de toutes matières. A l’entrée, deux madones maquillées comme des calaveras mexicains – très à la mode depuis le clip de Prayer in C –, icônes mêlant modernité et tradition, nous défient du regard. Oserons-nous entrer dans cet antre du bizarre (faussement) macabre ? Bien sûr qu’on ose, ne serait-ce que pour franchir la haie d’honneur que nous fait une rangée de crânes customisés par des artistes de renom : Lalasaïdko, Jo Di Bona, Mister Pee, Bebar ou encore Johanne8 (incrustant sur le sien quelques motifs de Keith Haring). On s’attarde d’ailleurs sur celui, tout rose, surmonté d’un oiseau déféquant des hashtags : plein de dérision et terriblement pertinent, on l’adore !

Des crânes qui ont du charme 

Car, contrairement aux idées reçues, crâne ne signifie pas forcément morbide et cette exposition le démontre à merveille. Certes, on y croise les dessins cartoonesques de Matt Gondek, reproduisant Bugs Bunny la tête éclatée, ainsi qu’une Vanité par Madame Moustache, soit un casque de Stormtrooper coiffé d’un pot pourri nous rappelant à notre condition de mortels périssables. Mais l’humour et la profusion chromatique qui se dégagent de la plupart des œuvres font mentir cette association d’idées glauques. En témoignent les portraits de personnages emblématiques de la pop-culture (Dracula, Alien, Terminator…) revus et corrigés par Travis Durden. Qui, par leur fantaisie et leur grain, nous font d’ailleurs penser aux clichés de Sacha Goldberger. La finesse des encres de chine d’Alex Konanhin, esquisses de tatouage si foisonnantes de détail qu’elles paraissent ciselées dans la dentelle, nous donnent à voir toute la beauté d’un crâne. De même que la paréidolie de Ali Gulec, faisant naître la forme d’une boîte crânienne d’un simple assemblage d’objets comme une fenêtre, un guéridon, deux fauteuils et deux chats : du grand art !

Et que dire du fauteuil « pimpé » par Mygalo ou des photographies de Siga, Vega et Coscia mettant en scène des squelettes en pleine action – après tout, Oscar du laboratoire a bien le droit de prendre lui aussi du bon temps ! Provocant clin d’œil au petit mannequin de bois servant aux artistes débutants pour apprendre à dessiner ? Lubricité post-mortem ? Toutes les interprétations sont possibles. Une seule chose est certaine : vous ressortirez de là des images plein la tête. 

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Téléphone de l'événement 01.73.77.45.69
Site Web de l'événement http://www.galerie-sakura.com
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