Promenade Art Déco
© Prunier
© Prunier

L’Art déco à Paris en 11 escales pour les 100 ans de sa naissance

Des villas du 16e aux brasseries de Montparnasse, découvrez les multiples facettes de ce style à l’élégance intemporelle

Antoine Besse
Publicité

Il y a un siècle, du 28 avril au 30 novembre 1925, l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes se déployait entre l’esplanade des Invalides, les quais attenants et le Grand Palais. Avec 21 pays invités et une cinquantaine de pavillons construits pour l’occasion, cet ambitieux événement attire plus de 16 millions de visiteurs et assoit le succès mondial du style architectural auquel il va donner son nom : l’Art déco.

Développé en réalité dès 1910, en opposition au foisonnement végétal de l’Art nouveau, l’Art déco, qui se veut épuré, efficace, profilé dans la lignée du cubisme, va connaître son apogée durant les années 20 et 30, porté par grands noms comme Auguste Perret, Le Corbusier ou Robert Mallet-Stevens. Paris en sera une des capitales. La preuve un siècle plus tard en 11 exemples à l'élégance intemporelle.

Promenade Art déco

La Fondation Le Corbusier

De façon assez logique, la fondation qui promeut l’héritage de Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier se situe dans deux villas construites par lui-même (et Pierre Jeanneret) entre 1923 et 1925. Nous sommes alors en plein dans la période Art déco de l’architecte – qui signa aussi un des pavillons de l’expo de 1925.

Où ? 8-10 square du Docteur-Blanche, Paris 16e.

La fontaine de la porte de Saint-Cloud

Quel est le point commun entre Rio et la porte de Saint-Cloud ? Le sculpteur Paul Landowski, qui a signé le Christ du Corcovado de Rio et les fontaines de la place parisienne ! Ces deux fontaines monumentales construites en 1937 sont les derniers vestiges d’un site annexe de l’exposition universelle (qui se tenait à Chaillot).

Où ? 5 place de la Porte-de-Saint-Cloud, Paris 16e.

Publicité

Immeuble le Paquebot

Sous-genre de l’Art déco, le style paquebot (ou streamline aux Etats-unis) rencontre un grand succès à la fin des années 30, porté par la mode et le design épuré des transatlantiques comme le Normandie ou L'Île-de-France. Le plus bel exemple parisien est sans conteste cet immeuble de 1935 étroit comme une étrave, dessiné par Pierre Patou, le même qui a aménagé les paquebots susnommés !

Où ? 3 boulevard Victor, Paris 15e.

La Coupole

Plus qu’une brasserie, cette institution indéboulonnable depuis le 20 décembre 1927 a écrit les plus belles pages de l’histoire du Montparnasse bohème. A l'initiative du décorateur Solvet, 32 artistes du quartier ont participé à la décoration du lieu et Jean Cocteau, Joséphine Baker, Brassaï ou Elsa Triolet y avaient leur rond de serviette.

Où ? 102 boulevard du Montparnasse, Paris 14e.

Publicité

La fondation Giacometti

Cet élégant immeuble qui accueille depuis 2018 la Fondation Giacometti fut construit en 1914 par Paul Follot pour devenir sa maison et atelier. Ce discret décorateur bien moins célèbre que Mallet-Stevens fut pourtant un des pionniers de l’Art déco. Il réalisa plusieurs pavillons de l'exposition de 1925 dont celui du Bon Marché. 

Où ? 5 rue Victor-Schoelcher, Paris 14e.

Le Grand Rex

Ouvert en 8 décembre 1932, ce cinéma mythique reste aujourd’hui une des plus grandes salles du monde avec ses 3 300 places (et la plus belle d’après Time Out !). Le style Art déco se retrouve dans la façade (dessinée par le sculpteur Henri-Édouard Navarre) mais aussi dans les “villas” que Maurice Dufrène, le décorateur, a placées dans la grande salle. 

Où ? 1 boulevard Poissonnière, Paris 2e.

Publicité

Le 37 rue du Louvre

Construit en 1932 par les architectes Fernand Leroy et Jacques Cury, ce vaste vaisseau immaculé haut de 13 étages fut un temple ultramoderne de la presse. Financé par le papetier Béghin pour accueillir Paris-Midi et Paris-Soir, on trouvait dans les étages les rédactions et au sous-sol des rotatives. Une organisation unique pour l’époque ! En 1975, et pour 30 ans, il a abrité le siège du Figaro.

Où ? 37 rue du Louvre, Paris 2e.

Le Vaudeville

Si le nom de cette brasserie remonte au XIXe siècle (et du voisinage d’alors avec le théâtre éponyme), le somptueux décor d’opaline, de marbre ocre et de mosaïque bleue date de 1926. On le doit aux frères Solvet qui ont déjà réalisé celui de la Closerie des Lilas et vont se lancer dans celui de la Coupole l'année suivante.

Où ? 29 rue Vivienne, Paris 2e.

Publicité

L’immeuble Dorel

Ce somptueux immeuble paré de mosaïques polychromes, édifié entre 1921 et 1923 selon les plans de Frédéric Bertrand, représente un bel exemple de bâtiment industriel rationaliste. Les machines se trouvaient sur cour, les bureaux sur rue, et le patron au dernier étage. Le Dorel inscrit en façade n’était pas porno mais graphique : il avait inventé l’ancêtre de la photocopieuse.

Où ? 45 rue de Tocqueville, Paris 17e.

La Salle Pleyel

Comme son nom ne l'indique pas, l’initiative de la construction de cet auditorium haut de gamme revient à Gustave Lyon, alors directeur de la manufacture de pianos Pleyel. Les architectes Jacques Marcel Auburtin puis André Granet et Jean-Baptiste Mathon sont chargés de dessiner la salle de 3 000 places. Inaugurée en octobre 1927, elle restera l’unique salle de concerts symphoniques de la capitale jusqu’en 2015 et l’ouverture de la Philharmonie.

Où ? 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris 8e.

Publicité

Prunier

Si le premier restaurant Prunier, pionnier des fruits de mer et du caviar à Paris sis rue Duphot, a aujourd’hui disparu, la deuxième adresse ouverte en 1924 par Emile Prunier apparaît en pleine forme. Elle sort tout juste de travaux de rénovation et Yannick Alléno a modernisé sa carte toujours tournée vers l'iode. Les mosaïques (classées) d’Auguste Labouret, les gravures sur verre de Paul Binet restent évidemment fidèles au rendez-vous !

Où ? 16 avenue Victor-Hugo, Paris 16e.

Recommandé
    À la une
      Publicité