Persona, étrangement humain

Art, Centres d'art et instituts
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Persona (©E.Boutié)
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Persona Branly (© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde)
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© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde
Musée du quai Branly. Vue de l'exposition " Persona, étrangement humain".
Persona (©E.Boutié)
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Persona Branly (© MNHN, J.-C.Domenech)
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Crâne séché Mundurucu
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Choisissez votre dieu
Persona (©E.Boutié)
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Photographies d'Aura

Une exposition incantatoire aux résonances magiques et surréelles.

Après avoir traversé les méandres légendaires de la spirale qu’est le musée du quai Branly - Jacques Chirac, on est accueilli par la voix envoûtante de l’acteur protéiforme Denis Lavant, nous invitant à le rejoindre dans « la Vallée de l’Etrange ». Quoi de plus mystérieux que cette pénombre à peine transpercée par la vidéo de Mathias Théry, mettant en scène une « présence-limite » (interprétée par Denis Lavant donc) qui efface elle-même son corps à l’écran ?

Ainsi, l’exposition 'Persona, étrangement humain' nous plonge tout de suite dans le monde qu’elle désire nous faire rencontrer, un monde fait d'entités singulières (humaines, animales, végétales, astrales, invisibles…) et d’énergies magnétiques. Entre arts premiers, art contemporain et robotique, on navigue à travers différents effets d'être et leurs innombrables figurations. En mettant en parallèle aussi bien des objets de culture animiste que des pièces d’art moderne, des installations, des automates, des momies ou des vidéos, la scénographie nous fait même expérimenter la sensation surprenante que quelque chose se passe avec ces formes inanimées. Entouré d’objets à l’énergie communicable, on est ici au cœur de cette dérangeante mais fascinante perception, celle qu’on éprouve fixe et qui fait frissonner notre échine.

Esprit, es-tu là ?

L’exposition rassemble plus de 230 objets « vivants » dans un parcours où leur « persona », c’est-à-dire « le potentiel de toute chose à s’affirmer comme présence singulière », est apprivoisée au fur et à mesure de la visite. On est d’abord amené à appréhender un autre rapport au monde et aux choses qui nous entourent : on expérimente l’obscurité, on découvre l’infiniment petit… Ainsi, on apprend que les puces ne sont pas que de la vermine dérangeante : au Mexique, elles dansent dans des cirques, vêtues d’habits de fête. 

On entre ensuite dans « Le Musée des Arts Surnaturels » où l’on découvre les techniques mises au point pour capter ces énergies circulantes et insaisissables. Valises de chasseurs de fantômes, instruments divinatoires, invention d’Edison pour communiquer avec les morts, photographies d’auras ou bien encore programme d’intelligence artificielle : les outils se développent entre science, fantaisie et spiritisme. A la fois drôles et enchanteurs, ils fouillent les recoins de l’insondable dans un plaisir mystique et surréel.

Puis, vient « La Vallée de l’Etrange », ensorcelante, qui balaie le spectre des troubles que nous procurent ces « présences-limites ». On se love dans ses flancs, basculant plus vite que ce à quoi l’on s’attendait dans une inquiétante étrangeté, familière et déconcertante. On se retrouve enfin dans un appartement ordinaire peuplé de robots plus ou moins utiles ou envahissants, qui interrogent notre rapport quotidien à l’utilisation et l’incarnation mécanisée d’objets anthropomorphes.

Déclencher le malaise pour susciter la réflexion

Expérimental et immersif, le trajet finement pensé procure désordre intérieur et palpitations dans un contexte où les débats sur le transhumanisme et l’intelligence artificielle sont on ne peut plus d’actualité. Plongé dans les sinuosités de la perception tout au long du chemin, on prend néanmoins plaisir à ressentir le moindre objet que l’on regarde. Les visages momifiés nous parlent, les pantins ont l’air de danser pour nous et les amulettes rayonnent de leur force intérieure.

Claire et clairvoyante dans sa proposition 'Persona, étrangement humain' interroge le rapport que nous avons avec une altérité qui n’est, a priori, pas humaine. Extrêmement riche et documentée, l’exposition crée à la fois une ambiance propice à la réception de son contenu sensoriel et une atmosphère dédiée à la connaissance et au dialogue des cultures. Ce qui l'a rend accessible à tous, que l’on soit scientifique, curieux, amateur de spiritisme ou simple visiteur ouvert au monde.

 

>>> A noter que l’exposition 'Persona, Etrangement humain' sera gratuite et ouverte jusqu’à minuit, à partir de 18h, lors de la Nuit Blanche le samedi 1er octobre 2016.

Par Elise Boutié

Publié :

Téléphone de l'événement 01.56.61.70.00
Site Web de l'événement http://www.quaibranly.fr/fr/

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Bishouille
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Comment l’inanimé devient-il animé ? Comment l’homme instaure-t-il une relation insolite ou intime avec des objets ? Un groupe d’anthropologues s’est penché sur ces questions, à l’heure où notre conception de l’humain change et s'oriente autour de débats sur l'intelligence artificielle. 
(+) On peut y voir  des installations animées, dont certaines dérangent, comme celles sur l'occultisme avec des vidéos de spectres... Ou amusent avec la roue des dieux à la manière du jeu "dessinons la mode" pour les connaisseurs des 90's ;)
(+) Une version contemporaine et revisitée du Jardin des délices de Jérôme Bosch, des objets à caractère sexuel (attention si vous y allez avec des enfants).. 

Et beaucoup d'autres surprises dans cette expo originale qui interpelle...


Clotilde G
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Etrange exposition que voilà. Et pourtant, étrangement, je suis extrêmement tentée de l'expérimenter... 

Et comme je ne l'ai pas encore vue mais que je me fis à votre évaluation, je mets 4 étoiles d'avance  ;)