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Toyen, l'écart absolu

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Toyen
© Galerie Kodl / Milan Havel © ADAGP, Paris, 2022
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Time Out dit

5 sur 5 étoiles

Le musée d’Art moderne propose un trip sous LSD. Disons-le : l’expo Toyen qui y est présentée jusqu’au 24 juillet prochain est quand même bien barrée.

Pour présenter l’icône de la peinture tchèque Toyen au public français, le MAM mise sur une giga-expo et saute sur l’occasion de redonner une place de choix à la grande pote de Breton et Eluard, dont la pratique artificialiste annoncera même, avec trente ans d’avance, la création de l’abstraction lyrique. Eh ouais, si Toyen a longtemps été zappée des expos, il est enfin temps de la célébrer comme il se doit ! 

D’abord, une petite présentation s’impose. De son vrai nom Marie Čermínová, Toyen choisit rapidement un nom d’emprunt non genré, issu du terme “citoyen” qui est si cher à son cœur. Une décision qui lui permet de se faire une place au sein du groupe très (trop ?) viril des surréalistes. Engagée, l’artiste défie le fascisme pendant la guerre et s’exile à Paris, sans jamais arrêter de se positionner contre le totalitarisme qui s’installe dans son pays. Une meuf bien badass en résumé.

A travers un parcours chronologique, l’exposition nous fait osciller entre rêve et cauchemar, nous attirant dans le monde fantasque d’une artiste radicalement avant-gardiste. Croquis, dessins, peintures, ce sont plus de 150 œuvres qui se succèdent dans une scénographie épurée qui laisse élégamment la place à l’artiste. Le corpus, extrêmement dense, alterne entre représentations d’animaux, conceptions de symboles mystiques, nombreuses allusions au sexe et tentatives (magnifiques) d’abstraction. L’ensemble, très coloré, saisit immédiatement, dès les premières œuvres, grâce à une intensité du traitement des sujets, de la lumière et même des cadrages, ultra-travaillés. 

Les influences surréalistes nous font tripper et confèrent au travail de Toyen un caractère étrange, onirique, presque un peu flippant, qui capte immédiatement l’attention du spectateur. Parce que découvrir le taf de cette peintre, c’est prendre le temps de se laisser troubler par la géniale bizarrerie d’une grande artiste. Pour nous, c’est un vrai coup de cœur !

Écrit par
Zoé Kennedy

Infos

Adresse
Prix
De 11 à 13 €
Heures d'ouverture
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Nocturne jusqu'à 21h30 le jeudi.
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