Wright Morris - L’essence du visible

Art, Photographie
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© Wright Morris
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Time Out dit

3 sur 5 étoiles

L’occasion de (re)découvrir le travail d’un visionnaire qui n’a jamais hésité à sortir du rang.

Pour qui ? Les amateurs de photo en quête d’un trip américain.
Voir quoi ? Des photos, du texte et des photo-textes

Jusqu’au 28 septembre, le photographe/écrivain américain Wright Morris fait l’objet d’une grande rétrospective organisée par la Fondation Henri Cartier-Bresson. Incapable de choisir entre littérature et prises de vues, l’artiste embrasse les deux disciplines et imagine des « livres photo-textes », concept hybride, poétique et avant-gardiste.

Lorsqu’il expérimente la photo dans les années 40, Morris est l’un des espoirs de la littérature américaine et n’a a priori pas d’autre vocation. Sauf que, très rapidement, l’écrivain comprend qu’au même titre que la plume, l’appareil permet de capturer « l’essence du visible ». Dès lors, pourquoi ne pas associer ses deux amours en une seule et même pratique ? En 1946, il publie son premier photo-texte, The Inhabitants, dans lequel les captures de son Nebraska natal alimentent des essais fictifs. Le rapport entre image et écrit est aussi central dans son œuvre que dans la scénographie de la Fondation Cartier-Bresson, où les différents formats sont agrémentés de courts textes placés à même le mur.

A croire que c’est une des thématiques de l’année, mais l’expo nous plonge dans une campagne américaine en noir et blanc dont l’âme reste authentique, même jaunie par le temps. Après la Virginie chez Sally Mann et la Californie chez Erwin Olaf, on découvre un Nebraska presque désert aux ruines traduisant des souvenirs de l’artiste. Silos à grain et tiroirs de commode portent alors la même trace d’intimité, que l’on pénètre avec une distance touchante. L’occasion de (re)découvrir le travail d’un visionnaire qui n’a jamais hésité à sortir du rang.

Par Zoé Kennedy

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