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Critique
Le « bar américain » représentait, au tout début du XXe siècle, ces lieux exotiques, importés d’outre Atlantique, disposant d’un comptoir où s’accoudaient ceux qui voulaient boire debout (alors qu’en France, jusque-là, on se mettait des timbales assis comme des personnes civilisées). Le « américain » a rapidement été éliminé pour ne garder que bar jusqu’à cet American Bar ouvert en 2025.
Reprenant l’ancien hôtel Sinner, le groupe Experimental (Grand Pigalle, Experimental Cocktail Club) en pleine veine nostalgique, a voulu un lieu ancré dans des États-Unis fantasmés entre Beat Generation et Mad Men. Le bar, décoré par Tristan Auer, surplombant la nef du restaurant, joue l’épure. De grands canapés en cuir chocolat, des rideaux grèges et un comptoir anguleux en pierre sombre. Le portrait fuligineux d’un faux Jack Kerouac nous surveille alors qu’on explore la carte.
Elle se divise en deux. D’un côté, les créations comme ce convaincant Mysterious Stranger au cognac, bénédictine et fino au cacao qui lui apporte sa souplesse ou un subtil et frais Fusion (pisco, umeshu, rhubarbe). De l’autre, on trouve des hommages à des cocktails new-yorkais du début des années 2000 comme le Benton’s Old Fashioned (servi au Please Don’t Tell en 2008), pionnier des expérimentations avec le fat wash avec un bourbon infusé au bacon. Rien à dire, les verres sont bons et les prix restent dans la moyenne des bars de 4 étoiles (autour de 18 €) mais la BO funkoïde un peu trop forte, déroulée par un DJ bien seul, ne colle pas avec l’idée du cocon d’un bar à l’américaine. Une visite en début de soirée conviendrait sans doute mieux.
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