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Critique
Avec sa devanture tout bois, entre relais de trappeur et cabane à sucre, le Castor Club détonne toujours en plein quartier Saint-Michel. Depuis son ouverture en 2012, le cadre n’a pas changé – ou si peu (seul le sous-sol, jadis réservé aux soirées du week-end, est désormais fermé). Tout en longueur, avec son comptoir bordé de velours et ses murs boisés, l’établissement cultive une ambiance cosy plus Twin Peaks que Jeremiah Johnson. Quant au fidèle castor empaillé, celui-ci, flegmatique, trône toujours à l’entrée du bar.
Côté cocktail, Thomas Codsi – le taulier – et Louis Bonnevie délivrent une carte partagée entre signatures intemporelles et créations du moment aux influences classiques. La soirée débute avec un Humo-Ja, aux saveurs de tequila bien présentes. La recette propose un bon équilibre entre l’acidulé du citron vert, le doux-amer de l’aperitivo et le fumé légèrement pimenté du chipotle. L’effervescence du champagne apporte une touche rafraîchissante, tout en renforçant la dimension apéritive du drink. Dans un registre radicalement différent, le Corazon de Alcachofa, convainc lui aussi. Mezcal et Cynar confèrent une note végétale, la Chartreuse jaune, un peu de rondeur et le sherry, une discrète complexité oxydative. Le passage en fût vient apporter un certain « fondu » à l’ensemble. En résumé, le Castor Club reste une valeur sûre de cette Rive gauche, finalement assez peu prodigue en authentiques bars à cocktails surtout ouverts après 2h.
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