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Melancholia
Melancholia

La fin du monde en 15 films

De Bergman à Lars Von Trier, zappez donc l'actualité angoissante avec notre top 15 des films apocalyptiques sur grand écran.

Par Houssine Bouchama et La Rédaction
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En attendant de retrouver un semblant de vie normale, Time Out la joue BFM TV et vous plonge (un peu plus) dans l’angoisse. La thématique de ce giga dossier ? Très actuelle : la fin du monde… Pour l’occasion, exit le pyjama de confinement : on a enfilé notre tenue de survie pour vous plonger dans des univers remplis de zombies, de météores et de robots énervés. Bienvenue dans l’apocalypse sur grand écran !

Take Shelter
Take Shelter
Take Shelter

Take Shelter

5 sur 5 étoiles
Cinéma

Take Shelter de Jeff Nichols, avec Michael Shannon et Jessica Chastain (2011)

Il est difficile de trouver un film qui parvienne, autant que ce second long métrage de Jeff Nichols, à prendre le pouls de l'angoisse actuelle des classes moyennes face aux désastres annoncés. Michael Shannon y interprète Curtis LaForche, typique père de famille à la schizophrénie envahissante – avec son lot d'humeurs instables, de cauchemars et de visions hallucinées –, de plus en plus persuadé que le monde s'apprête à être dévasté par une tempête apocalyptique. Mais contrairement à ce qu'on pourrait attendre, Take Shelter n'est pas seulement l'histoire d'un type qui perd les pédales, mais surtout un état des lieux précis, détaillé, de ce vers quoi l'Amérique (et, par extension, le monde entier) se dirige si nous ne prêtons pas une attention lucide aux nuages de questions qui se profilent à notre propre horizon...

Le Septième Sceau
Le Septième Sceau
Le Septième Sceau

Le Septième Sceau

5 sur 5 étoiles
Cinéma Drame

Le Septième Sceau d'Ingmar Bergman, avec Max von Sydow, Gunnar Björnstrand et Bibi Andersson (1957)

Chef-d’œuvre de Bergman (dont la filmographie en comporte quand même un bon paquet), Le Septième Sceau est une tuerie métaphysique sans commune mesure. Certes, il y a, de prime abord, une tension exigeante pour le spectateur dans ce face-à-face de la Mort et d’un chevalier du XIVe siècle, jouant aux échecs dans une Suède ravagée par la peste. On n’est pas chez Judd Apatow, c'est certain. Réalisé la même année que le nostalgique Les Fraises sauvages, ce film peut être vu comme son pendant sombre, nihiliste, négatif, d’une richesse métaphorique littéralement mortelle. D'ailleurs, en termes de fin du monde, sa lente procession de pestiférés se flagellant parmi les vapeurs d'encensoirs reste nettement plus flippante et mémorable qu'une armée d'extra-terrestres !

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Melancholia
Melancholia
Melancholia

Melancholia

4 sur 5 étoiles
Cinéma Fantastique

Melancholia de Lars von Trier, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg et Kiefer Sutherland (2011)

Certes, on peut n’être pas totalement adepte de l’humour glissant de Lars von Trier, reste que Melancholia n’aura laissé personne indifférent. L'introduction est somptueuse, impeccable et implacable. Cinq minutes retentissantes, oniriques, durant lesquelles se succèdent au ralenti les plus belles images du film : une mariée qui court, les jambes empêtrées dans du fil de laine, un cheval qui tombe, une planète qui engloutit la Terre. Et un prélude de Wagner qui glace doucement chacun des tableaux. Deux heures plus tard, Melancholia s'achève, effrayant, sur une scène de fin du monde particulièrement réussie...

La Jetée

5 sur 5 étoiles
Cinéma Fantastique

La Jetée de Chris Marker, avec la voix de Jean Négroni (1962)

Entre philosophie et poésie, ce petit chef-d’œuvre de 29 minutes est impossible à résumer. Et si réaliser un film aussi novateur et profond à partir de simples diaporamas et d'un texte était un pari risqué, la forme de La Jetée apparaît pourtant comme une évidence, mieux adaptée à son récit que tous les effets spéciaux de L'Armée des douze singes (pour lequel Terry Gilliam s'inspira ouvertement du film de Marker, sans jamais vraiment pouvoir tenir la comparaison). Enfin, inutile d'en dire plus : La Jetée est un court métrage suffoquant de beauté et une leçon de cinéma incontournable. Qui, à 60 ans, n'a pas pris la moindre ride.

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Mad Max : Fury Road
Mad Max : Fury Road
Mad Max : Fury Road

Mad Max : Fury Road

5 sur 5 étoiles

Par George Miller avec Tom Hardy, Charlize Theron, Zoë Kravitz (2015)

Ce quatrième épisode de la remuante saga post-apocalyptique de George Miller arrive sur nos écrans comme une tornade s’invitant dans un salon de thé. Alors que les premiers épisodes prenaient place dans les décombres d’un monde perdu, Fury Road nous regarde encore un peu plus dans le rétroviseur, ses paysages aux couleurs hypersaturées plaçant l’action tout près de l’avènement d’une nouvelle civilisation, plutôt que juste après le déclin de la nôtre.

Mis à part un bref interlude, Fury Road se résume à du métal broyé et de la violence épique. Une fresque minimaliste, jouissive, sèche et rêche comme on n’en avait pas vu depuis longtemps dans un film d’action. Celui-ci en a sous le capot, autant dans ses cascades réalisées « à l’ancienne » (avec des scènes claires et lisibles), son rythme sans temps mort, que son design visuel à couper le souffle. Aussi intéressant thématiquement, malgré son scénario des plus classiques, qu’époustouflant visuellement avec des scènes qui vous accrochent littéralement la rétine, ce volet de Mad Max se paie même le luxe de l’humour : d’un running gag musical tordant à la foi déjantée des warboys, Miller réalise une œuvre heavy metal unique, sublime, aux crocs bien acérés. Comme un Burning Man qui aurait mal tourné.

La Planète des singes

4 sur 5 étoiles
Cinéma Science-fiction

La Planète des singes de Franklin J. Schaffner, avec Charlton Heston, Roddy McDowall et Kim Hunter (1968)

Tiré de l’œuvre de l’écrivain et résistant français Pierre BoulleLa Planète des singes est définitivement entré au panthéon de la mémoire collective au fil de ses nombreuses – et plus ou moins heureuses – adaptations cinématographiques. Celle-ci, la première, sans doute la meilleure, est due à l’américain Franklin J. Schaffner.  Inspiré de Darwin et gratifié d’un Oscar d’honneur pour l’exceptionnel travail de maquillage réalisé par John Chambers, le film conserve un charme d’époque et une ambiance prenante – nettement supérieur au remake réalisé par Tim Burton en 2001. A noter qu’il s’agit également d’un des rares films où l’Apocalypse se trouve traitée par le biais d’univers parallèles, et devant lequel le spectateur découvre, stupéfait, l’extinction de l’humanité dans le silence d’une plage déserte, d’où l’observe, vestige d’une civilisation disparue, une statue de la Liberté en ruine.

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Zombie
Zombie
Zombie

Zombie

4 sur 5 étoiles
Cinéma Epouvante-horreur

Zombie de George A. Romero, avec Ken Foree, Gaylen Ross et David Emge (1978)

Alors qu'il est reconnu comme l'une des plus célèbres usines de zombies du cinéma mondial (bien qu'en perte de vitesse), il est étonnant de se dire que, dans un premier temps, George Romero se disait dubitatif quant à l'idée de donner une suite à sa Nuit des morts-vivants de 1969. Mais après que son projet le plus personnel, Martin (1977), se soit pris une tôle au box-office, le réalisateur empoigna le mort-vivant par les cornes - et en profita pour donner un sérieux coup de fouet à sa carrière. Ainsi, bien que La Nuit des morts vivants ait été un véritable pavé dans la mare de l'horreur, c'est sans doute avec ce Zombie late-seventies qu'il entra de plain-pied dans la mémoire collective : son film le plus sauvage, le plus délirant, et qui redéfinit l'horreur comme genre cinématographique socialement conscient, et politiquement malin.

Interstellar
Interstellar
Interstellar

Interstellar

4 sur 5 étoiles

De Christopher Nolan, avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain et Michael Caine (2014)

Inutile de tourner autour du pot, Interstellar est bien ce qu’il paraît être : un film qui vous en met plein la gueule – mais avec une certaine classe – pendant près de trois heures. D’ailleurs, si vous vous souvenez du délire visuel intergalactico-psychédélique à la fin de 2001, l’Odyssée de l’espace, sachez que Christopher Nolan s’en souvient fort bien lui aussi. Bref, Interstellar a le mérite de rester un film de SF assez old school d’un point de vue formel (refus de la 3D et des fonds verts, abondance de décors naturels…) : du grand spectacle à l’ancienne, comme on n’en voit finalement qu’assez rarement. Niveau scénario, c’est plus compliqué. Plusieurs arcs narratifs et niveaux d’écriture se mêlent dans Interstellar, dont le traitement se révèle, au fur et à mesure, assez inégal. Parfois obscurément brillant, parfois clairement je-m’en-foutiste. Dans un futur proche, la Terre est sur le point d’être définitivement ruinée pour (et par) les hommes. Entre famine et asphyxie à venir, la fin du monde est proche. Heureusement, Matthew McConaughey (ta-da !) va traverser l’espace, aidé par Anne Hathaway et ce qui reste de la NASA, pour trouver un écosystème viable pour la survie de l’humanité. Oui, c’est assez gros, mais ça passe comme dans du beurre.

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Akira
Akira
Akira

Akira

4 sur 5 étoiles
Cinéma Film d'animation

Akira de Katsuhiro Ôtomo (1988)

Difficile de retranscrire l'énorme claque que fut Akira en France, à sa sortie en 1991, pour les gamins alors âgés d'une douzaine d'années. Loin des versions censurées des mangas alors présentés à la télé, le chef-d'œuvre post-apocalyptique de Katsuhiro Ōtomo semblait évoquer pour le première fois sans détour la violence des mégapoles, la délinquance, la drogue, le sexe, la corruption, le pourrissement du pouvoir... En outre, l'animation d'Akira reste, aujourd'hui encore, d'une impressionnante fluidité, notamment à travers ses inoubliables courses-poursuites en moto.

Je suis une légende
Je suis une légende
Je suis une légende

Je suis une légende

4 sur 5 étoiles
Cinéma Epouvante-horreur

Je suis une légende de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona, avec Vincent Price (1964)

Adaptation italo-américaine du roman homonyme de Richard Matheson, Je suis une légende met en scène l’inquiétant et moustachu Vincent Price, célèbre à l’époque pour son apparition dans le célèbre Laura (1944) d’Otto Preminger. Ici, Price incarne un scientifique, Robert Morgan, ultime rescapé d’une épidémie virale transformant les êtres humains en monstres vampiriques. Sombre et oppressant, le film de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona (non crédité au générique) inspira manifestement, par son thème, son atmosphère et son esthétique, la célèbre Nuit des morts-vivants de George A. Romero quatre ans plus tard. A noter que le roman de Matheson connut par la suite deux autres adaptations : Le Survivant de Boris Sagal avec Charlton Heston en 1971, et le plus récent (et dispensable) Je suis une légende de 2007 avec Will Smith.

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Last Night
Last Night
Last Night

Last Night

4 sur 5 étoiles
Cinéma

Last Night de Don McKellar, avec Don McKellar et Sandra Oh (1998)

Que font vraiment les gens, un soir de fin du monde ? C’est la question que pose ce premier film, sobre et intelligent, signé Don McKellar. L’acteur-réalisateur canadien y interprète le personnage de Patrick, trentenaire caustique et dépressif qui n’a qu’une envie : qu’on lui foute la paix pour qu’il puisse rentrer chez lui, ouvrir une bouteille de pinard et songer à ses amours déchues, en attendant la fin. Mais la soirée va être longue. Avec un budget restreint, un sens du cynisme parfois hilarant et une immense sensibilité, McKellar construit une fable à la fois intimiste et sociale. Drame à l'atmosphère singulière, épicé d’interrogations existentielles et d’une subtile intrigue amoureuse (featuring Sandra Oh de Grey’s Anatomy), Last Night ressemble sans doute pas mal à la vraie fin des haricots.

Dernier Train pour Busan
Dernier Train pour Busan
Dernier Train pour Busan

Dernier Train pour Busan

4 sur 5 étoiles

Par Sang-Ho Yeon avec Gong Yoo, Yu-mi Jung, Dong-seok Ma, Woo-sik Choi (2016)

En plein essor depuis le début des années 2000, la production cinématographique sud-coréenne ne cesse d’étonner en se réappropriant les codes du film de genre. Pour son premier long métrage en prises de vue réelles, le réalisateur Yeon Sang-Ho décide de s’attaquer au genre fatigué du film de morts-vivants. Alors qu’une épidémie mystérieuse se déclare en Corée du Sud, les passagers d’un train KTX à destination de Busan vont devoir survivre jusqu’à leur arrivée dans la dernière ville sûre du pays. Ce pitch à la fois simple et plein de promesses donne l’occasion au cinéaste de redynamiser une formule qui avait tendance à tourner en rond ces dernières années...

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28 jours plus tard
28 jours plus tard
28 jours plus tard

28 Jours plus tard

3 sur 5 étoiles
Cinéma Fantastique

28 jours plus tard de Danny Boyle, avec Cillian Murphy et Naomie Harris (2002)

Au sein de l’inégale filmographie de Danny Boyle, après les grinçants Petits meurtres entre amis et Trainspotting (dont on n’a pas oublié le bébé mort rampant au plafond), et juste après le complètement fumeux La Plage (Ledoyen, Canet et DiCaprio gambadant dans les champs de beuh d’un scénario à la limite de l’inepte), on retrouve cette étrange variation zombiesque, 28 jours plus tardTourné en numérique – qui n’était pas encore un standard à l’époque – avec un budget relativement maigre et des comédiens inconnus, ce film reste indéniablement dans les mémoires pour son ouverture glaçante et sa vision des rues de Londres totalement désertes. Sans être génial de bout en bout, 28 jours plus tard reste un trip apocalyptique assez représentatif du genre, accompagné d’une BO habile et raffinée

La Route

3 sur 5 étoiles
Cinéma Fantastique

La Route de John Hillcoat, avec Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee (2009)

Evidemment, adapter à l’écran l’écriture rugueuse, sèche, presque squelettique de l’impressionnant récit de Cormac McCarthy, écrit en 2007, avait tout d’une gageure. Mais tout de même, grâce à l’interprétation convaincante d’un Viggo Mortensen en pleine période Cronenberg, le film du réalisateur John Hillcoat s’en tire plutôt bien. Traversant un monde ravagé par une mystérieuse apocalypse pour atteindre un océan lointain, un père et son fils doivent survivre en échappant à des bandes de rescapés cannibales.,La grande force du film – comme du roman de McCarthy – est son implacable réalisme, son refus de l’artifice et, au final, sa proximité. A la fois fable sur la fin de la civilisation et questionnement de la transmission des valeurs dans un univers en ruine, La Route est sans doute, aujourd’hui, le film d’apocalypse le plus, heu… crédible ?!

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4h44 Dernier jour sur terre (2011)
4h44 Dernier jour sur terre (2011)
4h44 Dernier jour sur terre (2011)

4h44 Dernier jour sur terre

3 sur 5 étoiles
Cinéma Drame

4h44 Dernier jour sur terre d'Abel Ferrara, avec Willem Dafoe et Shanyn Leigh (2012)

Il ne se passera rien, il ne s’est rien passé, ce vendredi 21 décembre 2012. C’est peut-être ça le pire : passés le fantasme, la pulsion de mort, l’hystérie collective, certains s(er)ont bien désemparés. Il leur faudra pourtant continuer à vivre dans « ce monde fini qui n’en finit pas », comme l’écrit Pacôme Thiellement ou le dit l’un des personnages du long métrage d’Abel Ferrara. Si la précédente fiction du réalisateur new-yorkais, Go Go Tales, nous avait plutôt laissés de marbre, ce 4h44 s’en tire honorablement. D’abord parce que l’idée de nous faire vivre la « fin du monde » à travers les dernières heures d’un couple dans son loft de Manhattan se révèle plutôt séduisante...

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