Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Oscars 2017 : notre bilan des films récompensés
Oscars 2017

Oscars 2017 : notre bilan des films récompensés

Nos critiques et avis sur les longs métrages récompensés par la 89e cérémonie des Oscars : 'Moonlight', 'La La Land', 'Manchester by the sea'...

Par La Rédaction
Advertising

Alors que l'année écoulée semble avoir été marquée par un véritable renouveau du cinéma américain, petit retour en huit critiques sur les meilleurs films récompensés aux Oscars la nuit dernière.

1. 'Moonlight' : Meilleur film, Meilleur scénario adapté et Meilleur second rôle masculin pour Mahershala Ali

5 sur 5 étoiles
Cinéma Drame

Dans toute compétition - qu'il s'agisse de boxe, de politique, de télé-réalité ou d'un concours de miss - on trouve généralement un grand favori. Et, face à lui, un prétendant. La prochaine cérémonie des Oscars (qui se tiendra ce 26 février) ne déroge manifestement pas à la règle. Dans le rôle du chouchou, on le sait, le réjouissant 'La La Land' tient clairement le haut du pavé. Et il faut concéder que la pétillante comédie musicale de Damien Chazelle mériterait bien de rafler un bon paquet de récompenses ! Toutefois, dans la peau de l'outsider, 'Moonlight' de Barry Jenkins pourrait largement tirer son épingle du jeu. A juste titre et pour plusieurs raisons. D'abord parce que, d'un point de vue strictement formel, 'Moonlight' paraît tout aussi impeccable : les acteurs sonnent incroyablement justes, la réalisation est d'une maîtrise bluffante, le travail sur l'image, le son et le rythme du montage laissent pantois… Bref, avec ses plans-séquences fluides et hypnotiques, 'Moonlight' n'a décidement pas grand-chose à envier à son compétiteur !  Mais au-delà de ces qualités objectives, 'Moonlight' pourrait presque constituer une sorte de parfaite réponse au film de Damien Chazelle - que d'aucuns ont pu accuser (souvent avec une certaine mauvaise foi) d'être trop blanc (en particulier pour un film sur le jazz), trop naïf, trop hétéro-centré… Car c'est par son réalisme et sa brutalité crue que 'Moonlight' vous saute au visage et vous transperce le cœur. Lire la suite

라라랜드
라라랜드
Dale Robinette

2. 'La La Land' : Meilleur réalisateur, Meilleure actrice pour Emma Stone, Meilleures musique de film et chanson originale pour ‘City of Stars’, Meilleurs décors et Meilleure photographie

5 sur 5 étoiles
Cinéma Comédie

Déjà auréolé d'une avalanche de prix en 2016, 'La La Land' a triomphé le 8 janvier dernier aux Golden Globes, raflant toutes les statuettes qui l'attendaient : meilleure comédie, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur et meilleure actrice, meilleures musique de film et chanson originale. Surtout, le film de Damien Chazelle ne semble pas prêt à s'arrêter en si bon chemin : alors que les Oscars s'approchent à grands pas, les critique de la presse et du public semblent unanimes. « Meilleur film de l'année », « impossible à ne pas aimer »… La communication autour de la sortie de 'La La Land' nous promet tout simplement du rêve. A tel point qu'on partirait presque méfiant.Et pourtant, dès la première scène du film, difficile de résister à la légèreté et à l'impressionnante maîtrise de Damien Chazelle. Un travelling sur un embouteillage - qui fait vaguement penser à celui de 'Week-end' de Godard - où, d'un coup, les automobilistes qu'on attendait râleurs se mettent à chanter et à danser, au gré d'un plan-séquence incroyablement galvanisant. Seuls deux protagonistes, parmi les dizaines de joyeux danseurs, ont manifestement l'air à cran derrière leurs volants (et leurs klaxons). C'est alors leur histoire que va suivre 'La La Land'.Mia (Emma Stone) et Sebastian (Ryan Gosling) affichent des profils assez symétriques. Elle en tant qu'aspirante actrice dans le milieu aux dents longues du cinéma hollywoodien ; lui comme pianiste de jazz... Lire la suite

Advertising

3. 'Manchester by the sea' : Meilleur acteur pour Casey Affleck et Meilleur scénario original

5 sur 5 étoiles
Actualités Cinéma

Un mélo pudique et inattendu, où Casey Affleck rayonne d’une tristesse incroyable. Comme quelques-uns des meilleurs longs métrages de l’année 2016 (‘Toni Erdmann’ et ‘Aquarius’ en tête), ‘Manchester by the sea’ se compose essentiellement autour de ses personnages. Pas de grande intrigue, peu de suspense donc ; mais des portraits psychologiques fins, souvent puissants, qui conduisent des récits multidirectionnels. Ici, c’est autour de Lee (Casey Affleck) que le film tourne : loser solitaire, cafardeux et mélancolique, gardien d’immeuble et homme à tout faire dans le froid hivernal d’un Boston où l’on n’aurait pas franchement envie de passer ses vacances. Souvent irascible et asocial – voire carrément castagneur, pour peu qu’il ait un petit coup dans le nez –, Lee va bientôt devoir affronter une situation complexe et (peut-être ?) sortir de sa léthargie.       Après le décès prématuré de son frère aîné, Lee se retrouve en effet, à sa grande surprise, tuteur légal du fils de celui-ci, Patrick (Lucas Hedges), ado taciturne dont la principale préoccupation semble être de courir les filles. S’occupant donc désormais de son neveu à Manchester (New Hampshire), Lee se retrouve confronté aux démons de son propre passé, dans cette ville où il a vécu jusqu’à ce qu’un drame terrifiant l’en éloigne. Si ‘Manchester by the sea’ se déroule au quotidien, au fil de scènes apparemment simples, presque banales, de nombreux flashbacks viennent interrompre le récit pour... Lire la suite

4. 'Zootopie' : Meilleur film d’animation

4 sur 5 étoiles
Cinéma Film d'animation

Disons-le dès le départ, ‘Zootopie’ est un Disney. Et comme tous les Disney (surtout ceux sortis dernièrement), il se doit d’avoir une morale bien mielleuse piochée parmi les dix commandements de Mickey : « crois en tes rêves », « ne rejette pas les personnes différentes de toi », « sois bon et généreux, un jour tu en seras récompensé », etc. Ainsi, le scénario demeure-t-il fidèle aux classiques que des générations de jeunes spectateurs ont pu voir par le passé : une lapine perspicace et déterminée, limite effrontée, intègre la police de Zootopie, métropole à mi-chemin entre le zoo de ‘Madagascar’ et ‘L’Utopie’ de Thomas More. Un Jardin d’Eden animalier où Judy Hopps (c’est son nom), ne parvient pas à conquérir le respect de sa hiérarchie. Afin de gagner en crédibilité, elle décide donc de retrouver des mammifères récemment disparus dans d’étranges circonstances. C’est alors qu’elle croise Nick Wilde, un renard (espèce unanimement considérée comme infréquentable) futé mais escroc invétéré avec qui elle va devoir faire équipe pour résoudre cette enquête. Bref, l’association heureuse et amusante de deux opposés, un prédateur et sa proie, qui finira par changer le monde. La routine, quoi. Mais heureusement, pas tant que ça, car ce sont Byron Howard (‘Volt’, ‘Raiponce’) et Rich Moore (‘Les Mondes de Ralph’) qui sont aux commandes.   Alors comment parviennent-ils à séduire les petits mais aussi les grands, les premiers étant tout aussi exigeants que les seconds ? Lire la suite

Advertising
Tu ne tueras point : Mel Gibson filme la non violence en temps de guerre
Tu ne tueras point : Mel Gibson filme la non violence en temps de guerre
© Mark Rogers photographer

5. 'Tu ne tueras point' : Meilleur son (mixage)

5 sur 5 étoiles
Actualités Cinéma

Peut-on faire la guerre en restant fidèle à ses convictions morales, philosophiques ou religieuses ? C'est tout le paradoxe de Desmond Doss, objecteur de conscience qui se porte volontaire lors de la Seconde Guerre mondiale et personnage principal du nouveau film de Mel Gibson. Inspiré par des faits réels, 'Tu ne tueras point' raconte donc l'histoire d'un chrétien adventiste du 7e jour qui refuse de porter une arme, mais souhaite à tout prix être infirmier sur le champ de bataille. Pas de gun pour Desmond, pourrait-on résumer en référence au titre d'un film pacifiste culte, 'Johnny Got His Gun' réalisé par Dalton Trumbo en 1971.Il faut dire que l'aventure incroyable de Desmond Doss avait tout pour plaire à Mel Gibson, lui-même catholique fervent, pourtant tiraillé par de nombreux démons et agité par d'épiques accès de folie. C'est toujours avec un soin infini que le comédien choisit d'ailleurs ses sujets de films, tous centrés autour d'un personnage luttant jusqu'au bout pour ses convictions, que ce soit la liberté ou la foi, dans un cadre véridique, sinon vraisemblable. A cet égard, chacun de ses films peut quasiment se concevoir comme un biopic, de 'Braveheart' à 'La Passion du Christ', en passant par 'Apocalypto'. Pour Mel Gibson, le monde tel que nous le connaissons est suffisamment terrifiant pour servir d'enfer, et les hommes qui l'habitent n'ont qu'un seul super pouvoir pour le rendre meilleur : leur force morale. Lire la suite

premier contact amy adams sf
premier contact amy adams sf
© DR

6. ‘Premier contact’ : Meilleur son (montage)

4 sur 5 étoiles
Actualités Cinéma

Le fan de science-fiction est un peu le parent pauvre du cinéma de genre. Et pour cause : quand on compare les dizaines d’excellents livres de SF qui sortent chaque année, au peu de films valables en salles, il y a de quoi vouloir réécrire l’avenir. Heureusement, ‘Premier contact’ ne vient pas grossir le rang des bouses interstellaires, mais bien celui des longs métrages qui peuvent durer dans le temps (comme ceux de notre sélection de films de SF préférés). On n’en attendait pas moins du réalisateur canadien Denis Villeneuve, pourtant plus habitué à un cinéma nerveux, très ancré dans l’urbain, qu’à une exploration d’une hypothétique rencontre du troisième type. Exit donc les angoisses familiales de ‘Prisoners’, où un père voit rouge après le rapt de ses filles ; oubliées aussi les préoccupations identitaires d’‘Enemy’, dans lequel Jake Gyllenhaal rencontre son double. Envolées également les manipulations militaro-politiques de ‘Sicario’, dans un Mexique plus tendu que jamais. Le scénario de ‘Premier contact’ vole au-dessus de tout ça, alors que dès le début du film débarquent aux quatre coins de la planète d’étranges monolithes noirs en suspension. Mais qui sont-ils ? Que veulent-ils ?   © DR   Terrence Malick chez les extraterrestres C’est là qu’intervient le personnage de Louise Banks, linguiste superbement interprétée par Amy Adams. Puisqu’il faut comprendre leurs intentions, il faut entrer en communication avec eux. Lire la suite

Advertising

7. 'Le Livre de la jungle' : Meilleurs effets visuels

4 sur 5 étoiles
Cinéma En famille

Près de cinquante ans après sa sortie en 1967, ‘Le Livre de la jungle’ est devenu culte à de nombreux égards. Mais, malgré son statut d’œuvre intemporelle, le classique d’animation de Disney a quelque peu vieilli. Une raison suffisante, pour la firme de Mickey, de lui faire subir une petite cure de jouvence sous la houlette de Jon Favreau, réalisateur d’’Iron Man’ et du sympathique ‘Chef’. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bougre réussit avec brio à remettre l’histoire écrite par Rudyard Kipling – à la fin du XIXe siècle – au goût du jour. Ainsi, la première chose qui saute aux yeux dans cette mouture 2016, c’est l’exploit technique qu’elle représente. La quasi-totalité des décors et tous les personnages, à l’exception de Mowgli, ont été réalisés par ordinateur. Loin de paraître artificiel, le résultat est impressionnant et fera sûrement date dans l’histoire des effets spéciaux. Une performance d’autant plus intéressante qu’elle souligne le côté fantastique de cette histoire, tout en servant à merveille le principal atout du long métrage, à savoir sa galerie de personnages. Le voyage initiatique de Mowgli, « petit d’homme » recueilli par la panthère Bagheera et élevé par des loups, contraint de quitter les siens à cause de l’infâme tigre Shere Khan, permet en effet d’enchaîner les scènes savoureuses de même que les rencontres avec des animaux étranges qui peuplent une jungle à l’ambiance quasi-mystique. Lire la suite

8. 'Les Animaux fantastiques' : Meilleurs costumes

4 sur 5 étoiles
Cinéma Action & aventure

J. K. Rowling aurait-elle pris des cours de divination à Poudlard ? Avec une effrayante clairvoyance, le premier film de sa nouvelle franchise de sorcellerie (cinq films en ligne de mire) s'ouvre en Amérique, avec deux factions antagonistes qui se prennent à la gorge l’une de l'autre. Non, il ne s’agit pas des républicains et des démocrates… Car nous voilà en 1926, alors que sorciers et moldus (seulement en Amérique, on les appelle alors des « no-maj », pour « non-magiciens ») se trouvent au bord de la guerre civile. Oh... et dans ce monde non magique, l’héritier d’une grande fortune use de son pouvoir d’intimidation pour courtiser les électeurs. Tellement bien vu, J. K. ! Avouons-le, ‘Les Animaux fantastiques' ressemble terriblement à un prequel de la saga ‘Harry Potter’ (même si vous risquez sans doute un procès en disant cela). J. K. Rowling, qui livre ici son premier scénario original, et David Yates, le réalisateur de la moitié des ‘Harry Potter’, ont manifestement réussi à créer un tout nouveau coin de monde magique. Ils parviennent à trouver un bon équilibre entre éléments nouveaux et inévitables clins d’œil destinés aux « Potterheads ». Et on ne sait ce qui est le plus adorable, d’Eddie Redmayne en nouveau magicien excentrique ou des créatures qu'il passe en contrebande aux Etats-Unis dans sa mallette de cuir sans fond. Redmayne rayonne ici de ses yeux chauds, et se révèle parfait dans la peau de Newt Scamander, jeune magicien anglais à New York. Lire la suite

Recommandé

    Vous aimerez aussi

      Advertising